‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 19 sur 104 · II. — Assemblée de Fontainebleau · texte numérisé non relu

II. — Assemblée de Fontainebleau

C'est dans cette situation d'esprit que François II convoqua à Fontainebleau, pour le 21 août 1560, une assemblée « des premiers princes du sang, des officiers de son conseil privé, clés maréchaux de France, des gouverneurs et des chevaliers de ses ordres/» dans le but d'aviser aux moyens de mettre un terme aux discordes civiles et d'extirper l'hérésie du royaume.

Le roi de Navarre et le prince de Condé, crurent voir dans la convocation un piège qui leur était

tendu par les princes de Lorraine, et s'abstinrent d'y répondre.

L'assemblée de Fontainebleau s'ouvrit le 21 août, sous la présidence du roi, ayant à ses côtés les deux reines et ses frères. On y parla du relâchement de la discipline ecclésiastique, des abus introduits dans l'Eglise par « la négligence des prélats... et corruption de temps ; » on s'occupa des moyens propres à les faire disparaître, « comme choses répugnantes à la doctrine de Dieu et des saints conciles et Église. » (1).

On discourut sur les discordes civiles, et parmi les propositions pour les faire cesser, Coligny présenta, au nom de la Normandie dont il était gouverneur, une requête tendant à l'expulsion de la maison de Lorraine du maniement des affaires. Enfin les débats aboutirent, en ce qui concerne la question religieuse, à solliciter du souverain-pontife un concile général ; et, en attendant la réponse du Saint-Père, à convoquer une assemblée des évoques, prélats et autres dignitaires de l'Eglise pour y discuter la réformation des abus et de la discipline ecclésiastique : En ce qui concerne la question civile et politique, à réunir les Etats-généraux, « pour ouyr et examiner les plaintes de tous les affligés et, sans faire exception de personne, y donner tel remède que le mal requiert. (2).»

(1) Archives d'Avallon. — Circulaire pour la convocation des Etats généraux.

(2) Arch. d'Avallon loco citato.

chapiirl: ii. — (1560-1561) 121

III. — Convocation des États généraux et d'une assemblée dtf i*réial>.

Conformément à cette conclusion, des circulaires sont aussitôt adressées aux baillis des provinces, convoquant les États au 10 décembre 1560, dans la ville de Meaux, et l'assemblée des évêques et prélats, au 20 janvier suivant, clans le lieu qui leur serait ultérieurement indiqué. Cette dernière non pas pour rien arrêter de ce qui est en dehors du pouvoir des évêques ; mais, pour discuter les articles à présenter au concile général sollicité du Saint-Père, et que l'on espérait devoir bientôt s'ouvrir. (1).

En attendant, les prélats étaient invités à faire observer les statuts donnés par les conciles précédents et que le « temps » ou la « négligence » avait pu faire oublier.

La circulaire se terminait par une recommandation aux lieutenants des bailliages, de veiller sur les suspects, et notamment sur les personnes qui avaient pris part à la conjuration d'Amboise. « Cependant, y est-il dit, vous ne fauldrez tenir « l'œil ouvert et donner ordre que les espritz « malins, qui pourroyent estre composés des « relicques de la rébellion et tumulte d'Amboise,

()) « Affin que estans là assemblés, et ouy tous ceulx qui « auront à remonstrer toutes choses concernant l'honneur de « Dieu et réformation de son Eglise, adviseront par ensemble ce qu'il sera digne remonstrer audict consille général, où et y « auroit apparence qui se tint bien toust. »

x ou aultres gens, curieulx de nouveautez et d'alté- « ration d'estatz, si aulcung en y a, tellement « descouvert, et selon la sévérité de nous édictz, « retenuz, que parleurs machinations, sous quelque « prétexte qu'ils les couvrent, ils ne puissent « corrompre ceulx qui les peuvent escoutter, atti- « rant les simples à leur faction, par exemple de « leur impugnité, et soubz la faveur de la clémence « dont cy-devant avons usé, ou aultrement, par « leur artifice, altèrent la tranquillité de nous bons « et loyaulx subjectz. »

Cette circulaire est datée du 31 août 1560.

En même temps que les provinces étaient invitées à envoyer leurs députés aux Etats-généraux, les lieutenants et gouverneurs de ces pays recevaient l'ordre de visiter « respectivement leurs villes et « autres lieux de leurs charges, pour entendre par « le menu et après rapporter (au conseil du roi) les « doléances du peuple. » (1).

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