VII. — Élections et rédaction tics cahiers pour
les États.
Pendant ce temps on discutait dans les provinces les articles des remontrances à produire aux Etatsgénéraux, et Ton faisait élection des députés chargés de les présenter et de les soutenir.
Le siège des États avait été transféré de Meaux à Orléans ; cependant les électeurs n'eurent qu'assez tard connaissance de ce changement. Le 4 novembre, en effet, les Avallonnais désignent encore la ville de Meaux, clans le procès-verbal d'élection des notables qui devaient les représenter à Semur pour le choix des mandataires et la discussion des articles à présenter aux États-généraux. Le rendezvous des notables de la Montagne, était fixé au 10 novembre, clans la salle des Carmes de Semur. Les Avallonnais y déléguèrent Jean Bouchu et Pierre Picard, échevins, et Guillaume Gaffey, contrôleur royal.
Dans le Chalonnais, selon le P. Perry, quatre échevins, quatre hommes cle lettres et quatre marchands eurent mission cle résumer les vœux et les opinions des électeurs, et d'élire les représentants du bailliage. (1).
(1) La mission de délégué n'était pas gratuite, La Ier décembre un mandat de 20 francs est délivré au profit de maître Jean Bouchu et Pierre Picard, échevins d'A vallon, pour les rembourser de leurs frais pendant les cinq jours qu'ils passèrent à Semur avec le cheval chargé de leurs malles.
Les élus des assemblées de bailliages furent ensuite convoqués au 23 novembre, clans le couvent des Cordeliers de Dijon. Nous voyons y figurer, au nom des ecclésiastiques, le prévôt de Sussey, Gabriel de Grigny, les archidiacres de Beaune et d'Avallon, Hurault et Dublé, les chanoines de Langres, Bouton, Alleboust et Humbelot. (1).
Nous ne connaissons pas les propositions particulières des bailliages : les cahiers de ceux-ci furent revus et fondus en un seul pour toute la province de Bourgogne. Les cahiers particuliers, parvenus à notre connaissance, ont été rédigés six mois plus tard pour les États cle Pontoise, (1501). Nous en parlerons en leur temps. L'opinion publique éclairée peut-être par les discussions, travaillée par les partis, pendant les six mois d'intervalle entre les Etats d'Orléans et ceux de Pontoise, s'y manifeste ostensiblement.
VIII. — Mort de François II. — Avènement de Charles IX et vote d'une adresse à la reine régente, par le clergé de Bourgogne.
François II qui avait convoqué les États-géné raux ne les vit pas réunis ; il mourut le 5 décembre 1500, laissant le trône à Charles IX, son frère, âgé de dix ans et demi.
Cet événement changea la face des affaires ; la Bourgogne s'en ressentit comme le reste du royaume. Catherine cle Médicis, dominée par les
(1) M. Abord.
134 chapitrk il. — (1525-1560)
Guises qu'elle avait appelés au pouvoir, n'avait pris jusqu'ici qu'une part restreinte au gouvernement du pays. A l'avènement de Charles IX, elle se fit déclarer régente par les États, s'entoura de ministres qui partageaient sa modération ou son indifférence religieuse, comme Michel l'Hospital et de Thou, et s'efforça de faire de la conciliation entre les partis opposés.
Distinguant les mouvements politiques de ceux purement religieux, sans éloigner précisément les Guises, qui, en fait de religion, représentaient le parti catholique, elle appela au gouvernement les chefs de l'opposition politique. Antoine de Bourbon fut nommé lieutenant-général du royaume ; le connétable de Montmorency, rappelé à la Cour ; et le prince de Condé, au lieu de monter sur l'échafaud, fut mis en liberté.
Le changement de système dans la politique de la reine-mère, paraît avoir inspiré quelque inquiétude aux Bourguignons. Le choix, sous le règne précédent, de ministres hostiles aux hérétiques avait excité leur confiance. Les termes de l'adresse suivante qu'on trouve sur le registre des États provinciaux, à l'avènement du nouveau souverain, expriment l'espérance que le gouvernement n'abandonnera pas la protection qu'il doit "à l'Église catholique, et que l'attente du pays ne sera pas trompée.
« Sera faict très- humbles supplications à la « royne, pour la part du clergé de Bourgogne, de « vouloir continuer auclict gouvernement du roy, « du royaulme et affaires cludit seigneur; avec « remontrance, qu'en ce faisant, elle oblige tout le
« clergé cle ce royaulme à prier Dieu pour sa gran- « deur et accroissement d'icelle.
« En suppliant icelle, le roy de Navarre et tous « aultres les esleuz cle son conseil, cle maintenir « l'Église galicane en ses libertez et franchises, et « en sa protection et sauve-garde. » (1).
L'énergie avec laquelle Catherine de Méclicis poursuivait en même temps les conjurés cle Lyon, donnait un motif cle plus à cette adresse du clergé cle Bourgogne, que les sentiments cle la reine fussent sincères ou non.