‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 38 sur 104 · V. — B*reehc à Màeo · texte numérisé non relu

V. — B*reehc à Màeo

À Mâcon, situé à l'extrémité opposée de la Bourgogne, quatre frères portant le nom de Dagonneau, l'un receveur des tailles et les trois autres fermiers des abbés de Cluny et de Tournus et des péages de la Saône, avaient embrassé le parti de la réforme, et fomentaient déjà la révolte dans la ville.

Riches et influents, ils avaient entraîné avec eux une partie des plus notables habitants qu'ils disposèrent à recevoir un ministre protestant pour foncier la nouvelle Eglise. Dans le mois d'octobre 1561, on leur envoya de Genève, Jean Raymond, l'un des membres du colloque de Poissy.

Raymond exerça d'abord clandestinement son ministère dans des maisons particulières ; mais le bailli de Chalon qui, parait-il, se trouvait en ce moment à la tête du bailliage de Mâcon, eut connaissance des conférences qui s'y faisaient. En vertu de l'édit de juillet, il les fit interdire, et

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expulsa le ministre. Cependant, peu de temps après Raymond fut remplacé par un religieux apostat de l'ordre des Jacobins, nommé Pasquier. (1).

Malgré les édits et les arrêts des cours de parlement, Pasquier enseignait publiquement les doctrines impies, attaquait et calomniait l'Eglise et le clergé catholique, tant par la parole, qu'au moyen d'une diffusion inouie de livres protestants sortis des presses de Genève et de Lyon. C'étaient pour la plupart des libelles diffamatoires dirigés, nonseulement contre le clergé, mais aussi contre toute autorité humaine, et où les pamphlétaires s'adressant aux passions, poussaient les peuples à secouer le joug des princes et des prêtres. Aussi, lorsqu'au mois de décembre vinrent les élections annuelles pour le renouvellement de la municipalité, les suffrages furent en majorité favorables aux réformateurs. Les noms des Touillon, des Brunet, des Brosseste, des Bernard, des Chenoux, pouvaient faire pressentir les événements qui affligèrent le Maçonnais cinq mois plus tard, comme nous le verrons ailleurs.

(1) Es moys d'octobre, novembre et décembre, en Tan 1561, ceulx que Ton dict de la religion nouvellement réformée, firent venir un ministre de Genesve, nommé Raymond, le firent prescher en leur maison.

De quoi advisé, monsieur le bailly de Chalon, estant lors en ceste ville, et ayant la garde du bailliage de Mascon, leur fit inhibition de l'exercice de ladite religion, suyvant l'édict du roy du mois de juillet an que dessus... nonobstant, firent venir un aultre ministre qui avoit esté Jaccopin, nommé Pasquier. — (Arehives de Mâcon. EE 46).

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