‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 37 sur 104 · IV. — Tumulte à Auxerre · texte numérisé non relu

IV. — Tumulte à Auxerre

L'une des premières infractions à l'édit, donna lieu à « la sédition d'Auxerre, où il y eut plusieurs huguenots tués. » (4). Cet événement raconté sur la foi de Théodore de Bèze, par les historiens du pays depuis l'abbé I^ebeuf, jusqu'à M. Challe, n'a pu encore être contrôlé dans ses détails, sur aucun document d'archives : aussi nous borneronsnous à la version laissée par l'historien calviniste. Les huguenots s'étaient réunis, le jeudi 9 octobre, « entre sept et huit heures du matin, pour faire les

« prières clans un pressoir eslongné des grandes

« rues. »

(i) Panthéon littéraire. — Mémoire de Castelnau. p. 332.

(2) Th. de Bèze. — Profession de foi, V" point.

(3) Calvin. — Lettre au ministre de Poët, 14 septembre 1561.

(4) Mémoire de Gaspard de Saulx.

200 chapitre iv. — (1561—1562)

Au lieu de s'y livrer, comme le dit de Bèze, à des œuvres de piété, les protestants, par des actes extérieurs ou par leurs paroles, n'auraient-ils pas provoqué l'irritation des catholiques? nul ne le dit : mais nul ne croira que ce put être sans de sérieuses raisons que Ton appela contre eux les habitants, en sonnant le tocsin à la « guette de la « ville. ». Le peuple se souleva en foule et les enfants eux-mêmes poursuivirent les huguenots à coups de pierres. « Deux à trois mille personnes, » accourues à l'appel de la cloche d'alarme, assaillirent leurs maisons, « au nombre de vingtsept, » et les pillèrent. Le tumulte dura jusqu'à la nuit, malgré tous les efforts clés magistrats pour le calmer. Cependant trois des plus turbulents furent arrêtés avec quelques enfants « qu'il fallut incontinent rendre aux pères, « pour éviter plus grande esmeute. »

Tavannes informé de cet événement, se rendit sur les lieux pour instruire l'affaire.

Huit personnes furent convaincues d'avoir été provocatrices des troubles, soit en ameutant le peuple, soit en usant de paroles injurieuses contre l'un ou l'autre des partis. Aux termes de l'édit, trois catholiques et cinq calvinistes furent condamnés au gibet. La peine de bannissement fut en outre prononcée contre cinq autres hérétiques coupables d'avoir formé une assemblée réformiste, contrairement aux prescriptions du même édit. (1).

Ces rigueurs ne découragèrent pas les huguenots

(1) Théodore de Bèze, Histoire ecclésiastique. — Lebeuf, prise d'Auxerre. — L°bsuf, Mémoires d'Auxerre. — M. Challe.

et bientôt de nouvelles réunions s'organisèrent à Chevannes, situé à environ deux lieues de la ville et où les sectaires se rendirent chaque dimanche. Un jour qu'ils revenaient du prêche, ils trouvèrent les portes fermées et défendues par les catholiques qui ne voulaient point les laisser rentrer en ville. Une collision s'engagea : quinze cavaliers protestants, vinrent au secours de leurs coreligionnaires : trois catholiques furent tués, plusieurs autres

blessés et les portes forcées.

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