VII. — Édit de tolérmiee du mois de janvier
Le chancelier de l'Hospital persistant dans ses idées de conciliation et espérant toujours aboutir à un accord entre les catholiques ( t les protestants, convoqua à Saint-Germain-en-Laye, une assemblée extraordinaire de députés des parlements.
Les débats y furent des plus vifs. Il faut disait un grand nombre « abolir les hérétiques : c'est c< mal faire de les endurer. » (2).
Otons simplement, répondait l'Hospital, « les « mots de papiste et de huguenot ; ne laissons que celui de chrétien. » Après ces discussions
(1) Cette situation était loia d'être particulière à la Bourgogne. De la part des huguenots c'étaient partout les mêmes provocations, et. les marnes démonstrations de haine et de fureur contre le dogme eucharistique.
A Lyon, dès le mois de juin, le jour de la Fête-Dieu, au moment où la procession sortait de l'église S'int-Nizier , un jeune étranger, nommé Denis de Vallois, se précipita sur le prêtre qui portait le saint sacrement et fit touâ ses efforts pour lui arracher la sainte ho-tie : mai* il fût arrêté par le capitaine des arquebusiers qui accompagnaient la procession. On lui fit son procès et on le condamna à être pendu et étranglé.
Le même jour, à la procession de l'Église Saint-Pierre, dans la même ville comme îa procession débouchait sur la place du
animées, le système de tolérance finit par l'emporter : l'édit de janvier accorda aux protestants l'exercice public de leur culte, si ce n'est dans l'enceinte des villes ; il leur interdisait toute démonstration contre la religion catholique ou contre ses ministres et réservait aux oiïiciers ordinaires de la police, le droit d'assister à leurs réunions, afin cle prévenir et d'empêcher tout désordre.
C'était une reconnaissance légale du protestantisme.
VIII. — E*e parlement de f$ijon refuse avec persistance, d'entériner l'édit de janvier, qui devient une lettre morte pour Sa B£ourgogiic.
Mais sans la sanction des parlements, un éclit royal était lettre morte. L'enregistrement par ces cours était indispensable pour rendre l'édit obligatoire. C'était l'un des fondements les plus pré-
Collége, une pierre rudement lance'e d'une maison voisine, a'ia frapper le prêtre qui était sous le dais. La foule furieuse de cet attentat, se porta au collège, d'où était parti le projectile : le principal, ardent hérétique, s'étant présenté devant elle, tomba percé de coups de piques et d'épées, et son cadavre fut traîné dans les rues. Une enquête fut ordonnée sur ce meurtre, mais personne ne voulut déposer. (M. l'abbé Cattet, — Les guerres des protestants à Lyon),
A Paris, vers le même temps, un hérétique ayant arraché la sainte hostie des mains d'un prêtre qui célébrait le saint sacrifice, à Sainte-Geneviève, fut, le jour même, exécuté et brûlé sur la place Maubert. (Castelnau).
(2) Marquis de S iint-Au':aire. — Les derniers Valois.
206 chapitre iv.— (1561 —1562)
cieux de nos anciennes libertés : il sauvegardait celles-ci contre des tendances despotiques ou arbitraires.
Le parlement de Paris, d'où ressortissait le comté d'Auxerre résista quelque temps, et refusa d'enregistrer Pédit de janvier : il ne se détermina à l'entériner que le 6 mars, après avoir reçu trois lettres de jussion.
Les Auxerrois semblent néanmoins avoir fait encore des démarches, le 23 du même mois, « pour la conservation de la religion. » (1).
Le parlement de Dijon, auquel était soumis le reste de la Bourgogne, opposa le même refus et députa son président, Jean-Baptiste Bégat, pour porter ses remontrances au roi. Comment y fut-il répondu ? Je l'ignore ; mais il est présumable que le gouvernement essaya sur le parlement de Bourgogne, d'une pression semblable à celle exercée sur celui de Paris.
En effet; le jour même où la cour de Paris cédait à la troisième lettre royale, les élus des Etats de Bourgogne et la cour des comptes intervenaient pour joindre leur résistance à celle des magistrats judiciaires. Le 6 mars, ils inscrivaient la délibération suivante sur le registre des États, dans une séance où se trouvaient réunis Claude Loysel, doyen de Beaune, élu de l'église; George de la Guiche, élu de la noblesse ; Bénigne Martin, maire de Dijon, élu du Tiers-État; Etienne Noblet, Denis de Pontoux, Vincent Le Grand et Legoux, membres de la chambre des comptes; enfin
(1) Lebeuf. — Prise d'Auxerre, 92.
Bénigne des Barres, élu du roi. « Sur ce que le dict sieur de La Guiche a dict avoir heu certaine remontrance d'aucungs principaux de Testât de la noblesse, touchant l'éédit concernant la religion ; par lequel les assemblées sont permises es faubourgs des villes : ce qui ne pouvoit avoir lieu en ce païs, ains devoit estre empesché, ont conclud et délibéré que, par eulx sera formé opposition à la publication dudit ééclit ; et, pour cest effect, qu'ils se retireront devers la cour de parlement, pour former ladite opposition, et y estre receus à donner leurs moïens d'empescher ladite publication. » (1).