Invasion de l'Hérésie en Bourgogne
Le crédit dont jouissaient à la cour de France, les partisans des doctrines luthériennes, y avait mis en vogue la religion du moine apostat, si favorable aux entraînements déréglés. Des courtisans d'un honneur douteux, de grandes dames aux mœurs légères l'avaient prise sous leur patronage et firent des opinions nouvelles une affaire de mode. Sous cette influence si puissante en France y l'hérésie croissait et s'enhardissait
autour du roi ; mais il arriva des scandales qui firent comprendre à François Ier que la conséquence de ces innovations dangereuses serait de faire passer la révolte contre l'Église, du domaine de la religion clans le domaine de la politique.
Le roi eut recours alors à la sévérité des lois. Pour échapper aux poursuites, les plus compromis des grands seigneurs s'exilèrent volontairement ou par contrainte, les uns à l'étranger, les autres dans leurs terres, avec leur bagage de rêveries impies, de désirs de vengeance, et d'esprit de révolte.
Ainsi, de la cour qui avait été son berceau, l'hérésie passa dans des châteaux, nouveaux centres de propagation et d'action ; des châteaux elle s'abattit dans les petits manoirs, et des manoirs dans des fermes et dans des hameaux. Dans les villes elle fut accueillie par quelques bourgeois avides d'honneurs, ou qui tiraient vanité de faire cause commune d'opposition au pouvoir royal avec les grands de leur voisinage.
Les convictions religieuses sont étrangères au mouvement et cependant, pour entretenir une agitation favorable à leurs desseins et se créer des auxiliaires, des prêches où l'on enseigne les nouveautés dogmatiques sont établis sur les terres de la plupart des mécontents.