‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 65 sur 104 · I. — D'Andelot visite les fortifications d'Auxerre · texte numérisé non relu

I. — D'Andelot visite les fortifications d'Auxerre

Les huguenots se préparaient encore une fois à la guerre, et dressaient les plans d'une nouvelle invasion étrangère. Il entrait dans leurs desseins de s'assurer des places qui commandaient les passages sur les fleuves et sur les rivières jusqu'au centre de la France. Auxerre était du nombre des villes qu'ils convoitaient en Bourgogne. D'Andelot vint lui même pour en étudier la position et combiner ses moyens d'attaque, s'il ne pouvait s'en emparer par d'autres voies. Selon Edme Panier, les Auxerrois pressentant ses intentions, lui avaient déjà plusieurs fois refusé l'entrée de la ville ; mais le lieutenant du bailliage, Jacques Chalmeaux lui fit ouvrir les portes, le 29 septembre 1566. Le premier acte de d'Anclelot, à son arrivée, fut de pénétrer clans l'église des Jacobins, près de laquelle il était logé, au moment où l'on célébrait le salut de la fête de Saint-Michel. A sa vue, les religieux effrayés, cessèrent l'office et prirent la fuite. L'un d'eux, le célèbre prédicateur Divolé, clans sa course précipitée, fît une chute et en fut grièvement blessé. D'Andelot accompagné du capitaine La Borde, de Chalmeaux, de Couroy, lieutenant criminel, et clés avocats Jambe et Fernier, parcourut ensuite la

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ville clans tous les sens, visita avec soin les remparts, puis monta au clocher Notre-Dame-là-Dehors qui dominait en partie la cité, pour considérer l'ensemble et se rendre compte des accès. Cette visite causa un émoi général parmi les habitants qui ne se dissimulèrent pas le but de l'inspection faite par l'un des plus ardents généraux de Condé. La participation qu'y avaient prise des officiers de la ville et du roi, excitait surtout leur défiance. Le père Divolé ne cessa, du haut de la chaire, d'avertir ses compatriotes du péril où étaient et l'Église et la cité, s'ils n'obtenaient du roi le changement des magistrats compromis et même engagés dans le parti de la révolte. (1)

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