‹ Histoire du quartier de Saint-Loup: banlieue de MarseilleChapitre 3 sur 13 · TOPOGRAPHIE ANCIENNE ET MODERNE OU QUARTIER · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE ANCIENNE ET MODERNE OU QUARTIER

Le quartier de Sainl-Loup , silué à trois kilomètres au Sud-Est de Marseille, est borné au Nord par celui de Saint-Pierre et de la Pomme, à lEst par celui de Saint-Marcel, au Sud par les collines de Sainte-Marguerile, à l'Ouest par le quartier de Sainte-Marguerite et celui de la Gapelctle.

11 a environ trois kilomètres de l'Est à TOuest et deux kilomètres du Nord au Sud. ]ji petite rivière de l'Huveaune le sépare de la Pomme au

Nord-Est, et le traverse ensuite en coulant vers le Sud- Ouest.

Une branché du canal de Marseille le traverse aussi en suivant la même direction , mais en se rapprochant des collines, tandis que l'Huveaune coule à l'endroit le plus bas du terroir.

Ces deux cours d'eau sont suffisants pour arroser tout le quartier, et lui donner un aspect verdoyant pendant toute l'année. Les bords de l'Huveaune surtout sont très-agréables ; ils sont plantés de peupliers , de chênes blancs et verts , de frênes, d'ormeaux , et d'autres arbres dont plusieurs s'élèvent très haut, et forment des promenades délicieuses. Les divers biez qui conduisent les eaux aux moulins sont aussi bordés d'arbres , et arrosent des prairies et des jardins qui s'étendent quelques fois jusqu'à un demi-kilomètre.

Il y a dans le quartier sept moulins à farine et plusieurs scieries de bois, mus par les eaux de ces biez. Les eaux du canal arrosent aussi un grand nombre de prairies et de jardins, et une foule d'arbres de pur agrément, qui embellissent les campagnes.

Les collines offrent aussi tin coup-d'œil IrèspiKoresque et sont généralement mieux boisées que dans le reste de la banlieue de Marseille. Il n^'y a pas seulement des pins en abondance , mais on trouve, dans le bas surtout, des touffes de chênes blancs et verts , et quelques autres arbres.

Le vallon dit de Piscatoris (l) sépare à l'Est, les collines de Saint-Loup de celles de Saint-Marcel. Il y a au Nord-Ouest de ce vallon , à l'endroit appelé les Fabresses, une gorge qui le fait communiquer avec celui de Valbarelle (2), dont nous

(i) Piscatoris est le nom du propriétaire qui le posséda jusque vers Tan 1771. A cette époque, il fut acheté par M. de Porbin. Ce Piscatoris était probablement le descendant du notaire de ce nom , secrétaire de la communauté des notaires à Marseille , en 1690, d'après Tliistoire des actes et des délibérations du corps et du conseil de la municipalité de Marseille , par Méry et Guindon, (t. 2, p. 236). La rue de Piscatoris , qui lui appartenait presque en entier, prouvé que cette famille possédait beaucoup de bestiaux et expliique Texistence de la vaste bergerie dont nous allons parler.

(2) C'est-a-dire vaUon de Barelle, nom d'un ancien

allons parler. Au milieu de celte gorge , on trouve les restes d'une ancienne bergerie , avec une liabitation pour le berger et un four à pain. Le tout a environ cinquante mètres de long sur quinze de large.

Le vallon de Valbarelle , qui appartient à Sainl-Loup , se dirige vers l'Ouest et se fait remarquer par de jolies campagnes, qui sont dans le fond , au milieu de terres cultivées et de plusieurs espèces d'arbres. La partie Nord-Ouest, ainsi que la gorge de la Rolanne , qui est du même côté , est extrêmement boisée.

Il y avait au siècle dernier un chemin, qui partant de la traverse qui est à l'Est du village de Saint-Loup, longeait ce vallon , passait à quelques pas de la bergerie Piscaloris , et se dirigeait ensuite vers le Sud-Est en suivant la crête de la montagne, jusqu'à la chapelle de Saint-Cyr , dont nous parlerons plus lard. On trouve à vingt mètres environ , au Sud-Est de la bergerie, la base d'un oratoire qui était en bon état à la fm du siècle dernier.

Le dessin de cet oratoire existe encore sur un

M P O co

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plan qui nous a élé communiqué. Nous avons vu nous-mêmes, autrefois un pilier semblable, au coin Nonl-Ouest de la campagne Boet, et tout porte à croire qu'il y en avait plusieurs, dans le trajet de Saint-Loup àSaint-Cyr, et qu'on allait en pèlerinage et peut-ê:rc en procession dans cette dernière chapelle, appartenant au quartier de Saint- Loup. Quant à l'existence de cet ancien chemin , elle est iucontesUble (l).

Au Sud du vallun de Valbarelle se trouve celui qu'on appelle vallon de Vesqiie et non pas de rÉvêqac, comme disent quelques-uns.

Le nom de Vcsque est celui d'un ancien propriétaire qui l'achcla dans le XVIIP siècle. Il Tenait de la basse Egypte , et voulait introduire dans ce vallon la culture du riz , florissante dans le pays arrosé par le Nil. Il est inutile de dire que

(I) Plan du vallon de Valbarelle dressé en 1784. Rapport des experts Léonard Conte et Paul Julien, fait le 24 novembre 1772.

Extrait d'un contrat de Yent3 du 2 août 1719, notaire Ponfii

Tessai ne fut pas heureux , parce que la terre du vallon dont nous parlons n'est ni assez grasse , ni assez humide pour celle plante.

En 1764 , celte propriété appartenait au si^r Honoré d'Ovilly , dit Vesque , du nom de son prédécesseur, et en 1799, ses fils se partagèrent son héritage (l).

En 1793 , les collines qui sont au Sud-Est de ce vallon appartenaient aux Prud'hommes de Marseille qui avaient hérité des droits de V Église ou luminaire (2) de Saint-Jean de Garguier (3).

A droite de l'entrée de ce vallon , on aperçoit un sommet escarpé appelé Pain de sucre , parce qu'il en a la forme.

A gauche , on voit la Gorge noire , aux pins

(1) Acte de partage des frères d^Ovilly du 3 avril 1799, notaire Fabron.

(2) Il parait que les revenus de ces collines étaient destinés à entretenir le luminaire de la chapelle de Saint-Jean de Garguier, près de Gémenos.

(3) Acte d'achat du sieur Ejdoux, du 24 juillet 1793, notaire Décormis.

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