‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 132 sur 315 · LIVRE III, CHAriTIlK V · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAriTIlK V

Cependant il fallait un chef à ia jeuuu rnmillc. associés de Montmartre se réunirent le lendemain de leur consécration, et à l'unaiiiiniti' des voix, moins celle de l'élu, ils nommèrent celui qui avait été l'instrument de la Providence à leur égard. Le P. de Clorivière ne crut pas devnii- se dérober à cet honneur; mais ily mit deux conditiotiâ; la première, qu'il se retirerait dès que les évéquea et surtout le Souverain Pontife auraient fixé le sort de l'Association; la seconde, que la volonté de Dieu bien déclarée le retiendrait en France et lui formerait l'entrée du Maryland.

Après bien des incertitudes et des résolutions contraires, il avait enfin renoncé au voyage de Rome, où a les Français, lui écrivait-on dès le mois de septembre, étaient vus d'un mauvais œil; » mais il étaittoujours fermement résolu à passer en Amérique. M. Emery, Supérieur général di- Sainl-Sulpice, avait offert à Mgr CarroU quelques-uns des membres de sa Compagnie pour établir et diriger un séminaire à Baltimore. L'offre avait été accueillie avec empressement, et M. Emery avait aussitôt désigné un certain nombre des siens pour cetti- importante mission'. A leur tête fut placé M. Nagot, celui-ht même qui avait été chargé de porter à Mgr CarroU les propositions du Supérieur général, lul'orin-'- de ce projet, le P. de Clorivière entra en relation avec .M. Nagot, et il fut aussitôt question de fréter à frais communs

1. C'étaient MM. Nagot, supérieur, Tc^ssier, prafiss^ur de morale an aéminaii'a de Viviers, Garnier, proft^ssuur de dogme au séminaire deLjon, et Levadoux, directeur au Hëiitinaji'e de Langres. — Vie de K. Emery. T. I, part. 2, p. 232.

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un navire pour le Maryland. Le départ fut fixé aux premiers jours du printemps.

Rien, ce semble, ne pouvait donc plus retenir le P. de Clorivière. Mais Dieu le voulait en France; c'est là qu'il lui avait préparé sa mission. L'état des affaires religieuses s y aggravait tous les jours. Les décrets de l'Assemblée nationale portant révocation et remplacement de tous les évéques et ecclésiastiques en fonction qui avaient refusé le serment à la Constitution civile du clergé, commençaient à recevoir leur exécution. Le 25 février, avait lieu à Paris le sacre des premiers évoques constitutionnels. Dans beaucoup de paroisses du royaume les pasteurs légitimes étaient chassés et remplacés par des prêtres intrus et schismatiques, et si dans quelquesunes on les tolérait encore, c'est que les directoires des départements n'avaient personne à mettre à leur place. La loi ne se contentait pas de les déposer; elle les déclarait encore perturbateurs de l'ordre public, et les poursuivait comme tels, s'ils persistaient à exercer leur ministère ouvertement ou en secret. Un grand nombre d'évéques avaient quitté leurs diocèses et s'étaient réfugiés en pays étranger, en sorte que les fidèles allaient demeurer sans défense livrés au schisme et à l'hérésie, ou condamnés, s'ils ne voulaient pas trahir leur foi, à la privation de tous les secours religieux.

Pour une âme généreuse et qui avait longtemps soupiré après les souffrances de l'apostolat et les gloires du martyre, il y avait dans ce douloureux abandon et dans ces périls un attrait puissant, et comme l'indication d'un devoir à remplir. Pourquoi

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