LIVRE V. CHAPITRE
croire un moment que, grâce à leur intervention, sa cause était gagnée : il ne partagea pas la niômc^ confiance : « Je vois encore, écrivit-il. qu'il Faut attendre avec patience le moment de ma délivrance... Le Seigneur sait mieux que nous le moment le plua convenable... Je puis vous assurer que je n'ai nulle peine à conformer en tout ma volonté à la sienne', n
Mgr d'Aviau revint à la charge. Il proposa au P. de Clorivière de l'emmener avec lui dans son diocèse, espérant par cet éloignement réussir plus facilement. Celui-ci ne voulut point prendre d'engagement : « J'ai témoigné que je n'étais pas si empressé d'avoir ma liberté, que des raisons concernant la gloire de Dieu me faisaient désirer de rester à Paris ; maïs que, si on m'ordonnait de quitter Paris, je verrais en cela l'ordre de Dieu... s
Une de ses nièces, M™* de Virel', essaya des démarches k peu près dans le même temps. Le P. do Clorivière en eut connaissance par M"' de Cîcé. 11 se hâta de répondre : a Ce que vous me dites de ma nièce me la rend plus chère. Je ne vois rien que do
qai pouvait avoir été imprudent et brouillon, mais n'étail nullement conspirateur au sens de l'accusation. «Je ne sache pas, dit le cni-dinal Consalvj, qu'il y ait eu une plus désolante afTaire que celle de ce Vernègues... > On peut en voir tout le détail dans les Mémoîrca du célèbre Secrétaire d'Etat, T. II , p. 317. — Quand le Souverain Pontife vint en France, il demanda la liberté de Vernègues à l'Empereur. On ne se souvint plus alors de l'accusation de complot contre lui. La Russie avait été humiliée; le but était atteint. M. de Vernègues fut remis en liberté.
i. 12 janvier 1805.
2. H" de Virel était fille de M. Dcsilles de Cambernon. (|tii avait épousé M'i* Picot de Qorivière, sœur du P. de Clorivière.
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convenable dans les démarches qu'elle se propose de faire près du Ministre, et dans les moyens qu'elle veut prendre. Tout ce qu'elle compte dire est fort bon et très vrai. Pour peu qu'on veuille consulter la justice, cela doit suffire. Ce ne sont pas les hommes, c'est Oieu qui me retient ici. Il me délivrera quand il lui plaira... » M"' de Virel se présenta, quelques jours après, à la prison du Temple ; elle apportait de mauvaises nouvelles. « Ma nièce est venue avant-hier (8 mai) me voir avec son fds... Ce qu'elle m'a dit m'a fait voir de plus en plus combien ma sortie est humainement diOicile. Ce sera l'affaire de Dieu, et la prière me paraît le seul moyen elficace pour cela'. »
Les amis du P. de Clorivière n'avaient pas attendu ces échecs multipliés pour chercher au ciel des intercesseurs plus puissants. C'était partout, dans la Société du Cœur de Jésus, au Carmel de la rue de Vaugirard et à la Visitation de la rue des Postes, un concert continuel de prières. « J'approuve fort, écrivait-il, toutes les prières qui se font à moa sujet; mais il faut qu'elles aient pour principal objet d'obtenir que tout s'accomplisse de la manière la plus agréable à Dieu, et que nous usions de toute chose, du bien et du mal, saintement et selon sou bon plaisir. Il n'y a point de plus grand bonheur que la croix, les souffrances et les humiliations quand on en fait un saint usage... A tout -. fiât, jiaP. »