‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 174 sur 315 · avril · texte numérisé non relu

avril

LIVRB V. CHAPITRE I

Cette expressioa de sa soumission complMe est une de ses oraisons jaculatoires les plus habituelles; il termine encore assez souvent ses lettres pur celte autre aspiration, qu'il ne prend pas même la peine de traduire, parce que le sens en est suffisamment connu de ses correspondants, et qu'il écrit en gros caractères : Fiat, laudetur atque in seternum superexaltelur justissima, altissima et amnbi- Usëima voluntas Dei in omnibus. Amen. En entrant dans sa prison, il avait composé cette courte oraison qu'il récitait tous les jours : a Je vous rends, Seigneur, de très humbles actions de grâces pour cette croix précieuse que vous m'avez envoyée dans votre grande miséricorde, et je vous demande une grâce abondante pour la porter avec joie, par Jésus- Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il. »

L'année 1806 s'ouvrit avec de belles espérances. M. Desmarets, chef du bureau de la division de police, chargée de veiller à la sûreté générale de l'Etat, lui avait fait annoncer qu'il serait le premier à sortir de la Tour. Mais ces assurances le laissaient froid et assez incrédule. En effet, quelques jours après, tout était changé : a Grâce à Dieu, cela ne m'affecte nullement. Il n'en sera ni plus nt moins. Que la volonté de Dieu s'accomplisse; c'est tout ce que je souhaite. »

On reprit donc les démarches : lés intercesseurs dévoués ne manquaient pas. Outre les membres de sa famille, c'étaient la princesse Sophie de Hohenlohe, M. l'abbé d'Astros, M. Emery, supérieur général de Saint-Sulpice, Mgr Enoch, le nouvel évoque de Rennes. Le prisonnier est reconnaissant de ces

efforts; mais il ne se fie qu'avec réserve à leur efficacité : ce Ce n'est pas là ce qui fonde mes espérances. J'attends tout de celui qui commande et est obéi, Jésus, le Roi des rois, et de son auguste Mère, la grande Impératrice dont nous faisons la fête aujourd'hui. »

Cependant ses prévisions pessimistes faillirent être trompées. 11 écrit le 29 septembre suivant : « On m'a assuré, dimanche dernier, qu'on avait vu à la police ma mise en liberté, signée de la main du Ministre. On me Ta dit en secret et non pas officiellement. Reste à savoir si l'Empereur donnera son consentement, et à quelle condition. » Napoléon venait de partir, à la tête de son armée, et de commencer la campagne qui s'ouvrit par la bataille d'iéna. Au milieu du bruit des armes et des préoccupations du conquérant, le décret de mise en liberté fut-il même placé sous ses yeux? Les semaines s'écoulèrent sans apporter aucune nouvelle.

Le 3 janvier 1807, M. Desmarets vint au Temple. Au thème ordinaire de ses interrogatoires sur l'attentat du 3 nivôse, il ajouta un élément nouveau. 11 demanda au P. de Clorivière s'il n'était pas vrai qu'il eût confessé Saint-Régent, celui des conjurés qui avait été blessé par l'explosion de la machine infernale, et qu'il eût recommandé Carbon aux bons soins de M"' de Cicé. « Sans avouer positivement ces choses, écrit celui-ci, je ne les ai point niées; mais j'ai dit que si j'avais confessé Saint-Régent, c'était sans le connaître ; qu'il eût été impossible à un prêtre de se refuser dans un cas où on vient lui dire qu'un homme est en danger de mort. 11 a paru en convenir. . .

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