‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 187 sur 315 · LIVRE V. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAPITRE

quelques courtes lignes pour résumer son appréciation générale. « Je vous remercie mille et mille fois, lui disait-il après la révision du second volume, de m'avoir accordé de lini un si bel ouvrage. Je vousfélicîte surtout de ce quo, dans un travail de si longue haleine, vous ne vous soyez pas, nnîme un moment, laissé surprendre au sommeil, cliose qui s'accorde, si l'absence est courte et peu fréquente, même aux plus grands auteurs. Partout éclate la même puissance et la même pénétration d'esprit, la même vigueur et solidité de jugenu-nt, la mâme piété dans les pensées et la même élévation, enfin la même onction puisée et fortifiée aux sources de ia méditation et dans le commerce assidu des divines Ecritures. »

Il lit plus que de donner dos éloges à cet ouvrage; « il persuada à quelques dames pieuses, écrit le P. de Clorivière au Général de la Compagnie de Jésus, de le faire copier à leurs frais pour empêcher sa perte totale, au cas où il surviendrait quelque accident à l'unique exemplaire écrit de ma main. assurant qu'en faisant ainsi, elles mériteraient bien de l'Eglise. »

H ne restait plus qu'à imprimer. L'œuvre était achevée et revêtue d'une approbation qui n'en consacrait certainement pas toutes les assertions, mais qui suffisait à lui perm'Htre de prendre rang, à un titre sérieux, parmi les travaux du même genre. Le projet d'abord arrêté sous l'Kmpire, fut repris dans les premiers temps de la Restauration. Le P. Générai consulté donna son assentiment, mais les circonstances furent encore une fois contraires, et le Cont-

mentaire siivrApocalypseest demeuré manuscrite Pour achever la liste des ouvrages exégétiques du P. de Clorivière, il reste à citer un Commentaire sur le Cantique des cantiques dans lequel il crut voir rhistoire anticipée de l'Eglise, et dont le P. Fontana fit également faire une copie en témoignage de son approbation ; un autre Commentaire sur les Lamentations de Jérémie, des notes étendues sur le prophète Isaîe et sur les douze petits prophètes, enfin une dissertation théologique sur la célèbre vision des quatre animaux d'Ezéchiel.

Un ouvrage d'un genre différent avait été terminé peu de temps avant son arrestation. C'était la traduction en vers français du Paradis perdu de Milton. Il y avait mis la première main en 1775, à Jarcy, après son expulsion de Bruxelles. C'était le travail de ses heures de loisir; il ne l'acheva que lorsqu'il était curé de Paramé. Des soins plus importants, et qui se succédaient sans cesse, ne lui permirent pas alors de le retoucher, et il le laissa dormir dans ses cartons, jusqu'au temps où l'attentat du 3 nivôse et les soupçons dont il fut l'objet, l'ayant obligé à une retraite plus sévère, il put le reprendre de nouveau et le préparer pour l'impression. Mais ce projet n'eut pas de suite. Le voyage en Provence, le travail des missions, et peut-être aussi quelques traductions du même poème qui parurent dans ce temps-là, et surtout celle de Delille dont tout le monde connaissait le nom et la brillante facilité, lui persuadèrent de ne point publier son manuscrit, et il revint à ses études sur

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