LIVRE V. CHAPITRE II
choses que jusque-là je n'y avais point aperçues, et des lumières me furent données, en si grand nombrn et d'une maaière.si pénétrante, que jo n'eus pas de peine à me persuader que, pour entrer dans les vues du Seigneur, je devais mettre par écrit ce que j'avais compris, et ce que je pourrais comprendre par la suite, du sens de l'Apocalypse. j>
Les Commentaires de l'Apocali/pse sont dinsés eu trois parties principales : la première renferme co qui regarde les cinq premiers Ages de l'Eglise, c'est-à-dire tout le temps qui s'est écoulé depuis la naissance de l'Ëglise jusqu'à répor|ne de la Uévolution française environ. Ou au funiniencement du XIX' siècle; ia seconde partiecontinitcequi regarde le sixième et le septième fige de TEglise, c'est-à-dire tout le temps qui doit s'écouler depuis la lin du cinquième fige jusqu'à la consommation des siècles. C'est à cette seconde partie que lo commentateur s'est principalement attaché; c'est jmr elle aussi qu'il avait commencé son travail. La troisième partie comprend l'explication littérale don deux derniers chapitres du livre sacré; elle fut écrite après la révision des deux autres, en 1807 e! 1808.
La première rédaction était tenninée, lor.sqnc h.; P. de Cloriviére fut arrêté, au mois de mai 1SU4, et enfermé au Temple. Dans l'examen minutieux qui se fit de ses papiers à la Préfecture de police, il ne vît point paraître le Com,mentaire sur r.l/iocalj/psc, et M. Bertrand, qui présidait à l'exanieu. ne lui en dit pas un mot; il put même croirr qu'on ne l'avait pas saisi. Mais il apprit bientôt qu'il se trompait, et chose plus étrange! qu'on y cherchait des rappro-
chements avec Je complot de la machine infernale. « Qu'on me les montre, dit-il, j y répondrai sans peine, d Mais les recherches n'aboutirent pas, et après quelque temps le manuscrit lui fut rendu.
Dès qu'il eut mis la dernière main à V Explication des Epîtres de saint Pierre, il reprit le Commœn^ taire de V Apocalypse pour le revoir et le compléter. 11 s'en occupa avec son activité ordinaire, et, au bout d'un an environ, il en avait terminé la révision. Il eut alors la pensée de le publier.
Il y avait à Paris un savant religieux barnabite qui avait eu la gloire de partager toutes les épreuves du Pape Pie VII, et qui fut plus tard honoré de la pourpre romaine. C'était le P. Fontana. Le P. de Clorivière, sur l'avis d'un Cardinal auquel il avait demandé conseil, le choisit comme censeur. Le P. Fontana fit le travail la plume à la main; nous avons encore les notes nombreuses qu'il rédigea à cette occasion. Il y éclaircit quelques points demeurés obscurs, redresse certaines inexactitudes, combat même plusieurs interprétations dé détail ; mais pour ce qui constitue le fonds môme et l'idée principale de l'ouvrage, il est en parfait accord de vues avec le commentateur. Ses remarques portent surtout sur la seconde partie, la plus difficile et la plus importante, celle qui regarde le sixième et le septième âge du monde. C'était aussi la plus considérable pour l'étendue des développements. En renvoyant à l'auteur, au fur et à mesure qu'il les avait parcourus, chacun des trois volumes dont elle se compose, le P. Fontana lui adressait en même temps un petit fascicule contenant ses observations, et en tête du fascicule,