‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 201 sur 315 · LIVRE V. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAPITRE IV

Dans une paroisse de la même ville, un ancien jésuite, M. BacofTe, excellait surtout dans la direction des âmes. Son nom se rattache intimement à la fondation d'une oeuvre qui a produit et qui continue à produire de grands fruits, celle des Sœurs de la Sainte-Famille. M°" Jacoulel, qui a donné à la Compagnie de Jésus renaissante en France le premier scolastique mort dans son sein, ayant perdu son directeur, ae plaça dès l'année 1801, sous la conduite du P. Bacoffe. Elle était alors à la tête d'un modeste pensionnat ou ouvroir fondé par ses soins pour les jeunes filles ; le P. Bacoffe se chargea de diriger le pensionnat naissant, et conçut bientôt l'idée d'une espèce d'école normale où se formeraient des institutrices pour porter l'éducation chrétienne au fond des campagnes. Il était sans ressources pour l'établir; mais il mettait sa confiance en Dieu. Il choisit sa fille spirituelle pour être la première mère et la véritable fondatrice de ta Sainte-Famille. Les plans n'étaient pas encore entièrement rédigés lorsqu'une mort subite l'enleva au commencement de l'année 1813. Mais le P. Varin poursuivit le travail interrompu; de concert avec M°' Jacoulet, il arrêta la dernière forme de la règle qui devait régir le nouvel Institut. C'est sous sa direction qu'il fut constitué en communauté religieuse; aussi l'a-t-il toujours considéré comme son premier père'.

1. La congrégation de la Sainle-Fa mille s'est répandue rapidenicnl dans le diocèEe de Besancon. En 1817, elle fut appelée duns ciilui d'Aniiena, sur la proposition qu'en fit le P. Varin au P. Sellier. Kilo J possède une maison-raère nombreuse et florissante. — Cf. Vie tlu P. Varin, par le P. Guidée, ch. xyiii.

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C'est une dès bénédictions de la ^4e religieuse de répandre la paix et une douce confiance sur les derniers moments; le P. de CloriWére aime à le constater dans sa famille religieuse : a Je n'eu ai point vu jusqu'à présent, ilil-il. dont la mort n'ait été précieuse devant Dieu... » et il cite un e.vempktout récent, celui d'un simple laïc, décédé dans un hôpital 8 où, avec la permission de l'obéissance, il s'était consacré au service des pauvres. Pendant une -partie du jour que son corps demeura exposé dans la chapelle, ce fut une alllneuco élonnaiite de monde, tant de la ville que des environs, qui s'empressait de lui marquer un religieux respect, lui baisant les pieds et le proclamant déjà bienheureux, o

Ces morts admirables étaient à la fois un encouragement et une leçon. Le P. de Clorivière avait grand soin de faire recueillir tout ce qui pouvait y servir à l'édification et provoquer une sainte émulation. Mais en louant les défunts, il n'oubliait pas de leur payer le tribut de la prière. Il avait établi parmi les siens ce pieux usage, qui nous parait une partie du centuple promis par Notre -Seigneur à ceux qui laissent tout pour le suivre. Cette espérance des suffrages console et embellit les dernières heures; l'Ame brise plus tranquille ses liens, fortifiée par les promesses du Sauveur et par la douce attente des secours qui lui viendront de la multitude des sœurs ou des frères.

C'est alors surtout que le I*. de Clorivière regrettait de ne pouvoir monter ù l'autel, a J'ai déjà offert deux communions pour l'Ame do notre cher confrère, écrivait-il un jourj j'aurais bien mieux aimé dire

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