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lesquelles la Providence le laissa au diocèse de Saint-Brieuc. C'est le i" février IRii/ qu'il fut appelé à recevoir la récompense de ses travaux et de ses vertus. Comme le do yen de Daruétal, dout ireas esquissions tout à l'heure la vie, il eut la consolation de mourir dans l'exercice de son vœu de pauvreté, et sans laisser même assez d'argent pour fournir aux frais de sa sépulture : les pauvres, les œuvres de zèle et de charité emportaient chaque année ses modestes revenus. En attendant la résurrection bienheureuse, son corps repose dans un humble et pieux sanctuaire, à l'ombre de l'autel et sous la garde reconnaissante des âmes qu'il avait singulièrement aidées pendant sa vie.
M. de La Mennais n'avait pas tardé à suivre son collaborateur et son ami, .V la mort de Mgr Caffarelli, i! fut chargé de gouverner le diocèse pendant la vacance du siège; mais quand M. Vielle se fut relire de la direction du grand séminaire, il demanda luimême à quitter Saint-Brieuc. Il y laissait le premier berceau de deux grandes œuvres fondées par son zèle pour l'éducation des enfants : l'Institut des Filles de la Providence, et celui des Frères de l'Instruction chrétienne. Ce dernier franchit bientôt les étroites limites du diocèse, et vint établir son centre àPIoérmel, d'où il envoie chaque année, non seulement en France, mais dans les plus lointaines régions de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Océanie, des instituteurs et des apôtres qui gagnent des fîmes et étendent le règne de Jésu><-Christ. M . de La Menuais s'éteignit comme un patriarche, au milieu des larmes de sa famille agrandie, le 26 décembre 1860.
A une autre extrémité de la France, les mémos
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œuvres s^épanouissàient, grâce au zèle des membres de la Société du Cœur de Jésus. M. Tabbé Brésard, prêtre du diocèse de Besançon, consacra aussi sa vie à l'éducation de la jeunesse. Après avoir porté son activité sur différents théâtres, il fut chargé par la confiance de ses supérieurs ecclésiastiques de la belle mission de relever les ruines de Tillustre abbaye de Luxeuil et d'y jeter les fondements d'un petit séminaire, a II n'y a qu'une voix, proclame son panégyriste, Mgr Besson, pour dire et pour répéter d'un bout du diocèse à l'autre, que l'école de Luxeuil lui doit sa renaissance et sa gloire ^ »
La Compagnie de Jésus est redevable au zèle de M. Brésard de plus d'une recrue de choix. Qu'il suflise de citer le nom d'nn homme, mort il y a peu d'années et dont le souvenir est resté précieux parmi nous, le P. Sébastien Fouillot, chargé pendant trente-cinq années de l'importante et délicate mission de former les religieux dans cette troisième probation, que saint Ignace a placée à la fin des études et au seuil de la carrière apostolique. Le P. Fouillot aimait à renvoyer, après Dieu, l'honneur de sa vocation, à la sage conduite de M. Brésard; et de là venait sans doute cette estime profonde et cette sorte de vénération qu'il avait conçues pour la Société du Cœur de Jésus ^.
i. Discours pour la translation des restes des supérieurs et professeurs du séminaire de Luxeuil, prononcé lei^f avril 1873... Cf, Panégyriques, Oraisons funèbres.,. 4874.
2. Mgr Besson dans ses Panégyriques, p. 231... fait Téloge d'un autre disciple du fondateur de Luxeuil, entré longtemps après dans la Compagnie de Jésus, le P. Ducreux, de la Province de Lyon, mort •le 3 novembre 1869, après 19 ans de vie religieuse.
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Un autre prêtre du Sacré-Cœur, M. d'Aubonne, s'occupait également de l'éducation; mais il était engagé dans les écoles de l'Etat. Nous le trouvons successivement à Ddle, à Dijon où il était Censeur, à Besançon où il exerçait la charge de Proviseur. Il se servait de son autorité et de son influence pour assurer à la religion le rang qui lui appartient dans la formation de la jeunesse. Mais le monopole universitaire, si odieux en lui-même, ne pouvait guère convenir à l'ancien oiTicier de l'armée des princes, et il fit des efforts pour se retirer. Aux Centr Jours, il donna sa démission, et ne reprit sa place qu'au second avènement de Louis XVIII. Le délabrement de sa santé lui fit alors échanger Temploi de Proviseur contre celui d'Inspecteur d'académie. Une maladie de poitrine l'enleva le 8 mai 1826. dans la cinquante-troisième année de son âge^
M. Vieille, son collègue d'ordination et son ami, avait joint pendant un temps aux fonctions du vicaire de la paroisse Saint-François-Xavier celle d'aumdnier du collège de Besançon. Mais il n>nonça bientôt à cette dernière charge pour se consacrer uniquement au ministère paroissial. 11 venait en elfet d'être choisi pour prendre le gouvernement de a la paroisse la plus populeuse, la plus importante et la plus diiTicile du diocèse, n celle de Sainte-Miiddt'liie; il succédait à un prêtre qui avait été évoque constitutionnel du Uoubs, et qui était mort peu auparavant sans avoir consenti à faire de rétractation publique,
i. Eloge de M. t'iAbé d'Atdionne, par H. l'abbé Calïjkls. Cf. Académie de» ictencea, belteg^etlrea et art» de Besançon ; séance du 28 janvier 1828. — M. d'Aubonne faisait partie de celte Académie. ■
laissant les esprits divisés et les cœurs aigris, au point que de graves désordres éclatèrent au milieu même de ses funérailles, et qu'il fallut l'intervention de la force armée pour empocher les partis d'en venir aux mains. Tel était le champ confié à M. Vieille. Les espérances qu'on avait mises en lui ne furent pas trompées. Il créa des écoles, fonda pour les petites filles abandonnées une maison de refuge, qui reçut le nom de la Sainte Jeunesse, termina, aux prix d'efforts inouïs, sa magnifique église qui demeurait inachevée depuis près d'un siècle, effaça les dernières traces du schisme si tristement entretenu par son prédécesseur, et ramena son troupeau à la parfaite unité de la foi. Il s'endormit doucement dans la paix du Seigneur, le 12 janvier 1850. On trouva dans son testament ces réflexions, qui rappellent le vœu de pauvreté tel que le prescrivent les règles de la Société du Cœur de Jésus.
« Un vrai chrétien, et surtout un bon prêtre, doit se contenter de Thonnéte nécessaire suivant sa condition et son état pour sa nourriture, son vêtement et son ameublement. Tout son superflu doit être employé à des œuvres de piété et de miséricorde. Avec la grâce de Dieu (qu'à lui seul par conséquent en soient rapportés tout l'honneur et toute la gloire), je me suis conformé à cette règle de conduite sacerdotale... Je n'ai donc point fait d'acquisition, ni d'épargnes, ni de prêt d'argent. On ne trouvera après ma mort que les fonds nécessaires pour la dépense courante de ma maison ^ »
1. Sotice historique sur Af. Vabbé Vieille, curé de Satnie- A/ci</deine... par un de ses Vicaires. Besançoiii 1850.