‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 234 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE III

Mgr de Beausset goûta fortement ce projet; étant allé à Paris, au retour de Louis XVIII, il en traita directement avec le P. de Clorivière. Ses ouvertures furent agréées et, vers la fin de septembre, le P. Thomas fut envoyé à Sainte-Anne avec un Frère coadjuteur, pour tout concerter avec M. Deshayes et présider aux nombreux travaux de réparation et d'aménagement qu'il y avait nécessairement à faire dans la vieille abbaye. Pour cette première année, il fut convenu qu'on ne recevrait que les élèves des classes supérieures, depuis la quatrième jusqu'à la philosophie : la rentrée fut fixée à la Toussaint. Au jour indiqué, bien que la maison fût encore encombrée d'ouvriers et que les professeurs ne fussent pas arrivés, les familles s'empressèrent d'envoyer leurs enfants, et pendant plusieurs jours, le P. Thomas, avec les PP. Chapelle et Rouby venus à son aide, eurent à occuper, comme ils purent, au milieu des mille embarras d'une installation, ce peuple d'écoliers très heureux de continuer les vacances. Enfin les classes commencèrent le 14 novembre*.

Le supérieur provisoire de cette petite famille était le P. Thomas ; au mois de janvier suivant, il céda la place au P. Cuënet, pour se livrer uniquement au ministère de la prédication. Le P. Cuënet accepta cette tftche en fils d'obéissance. « Elle est au-dessus

i. Voici les noms des professeurs : Rhétorique, P. Caillât : Hufnanités, P. Bazire ; Troisième, P. Martin ; QuahHèmey P. OuDET. Le P. Louis Valentin, était préfet des classes. — Les éléfes qui devaient former la classe de philosophie, voyant l'arrivée des professeurs indéfiniment retardée, avaient perdu patience et étaient retournés à Vannes. — Notes pour sei*vir à Vhiatoire de la maison Sainte-Anne, par le P. Guenet.

de mes forces, écrivait-il, mais non au-dessus de ma confiance. » Il y apporta toutes ces vertus de bonté, de douceur, d'affabilité, d*aimable simplicité, qui faisaient son caractère propre; armes toutes puissantes, au moyen desquelles il avait autrefois réduit et pleinement ramené à Dieu une paroisse qui était la terreur des prêtres de la Franche-Comté*.

Les débuts du petit séminaire furent pauvres et modestes. M. Deshayes s'était chargé de recevoir les élèves : beaucoup avaient été reçus gratuitement ; d'autres ne payaient qu'une pension restreinte. Le vénérable prêtre avait compté que les oblations des pèlerins suffiraient à combler le déficit et à rétablir l'équilibre, ce Calcul fait par moi des ressources d'alors, écrivait le P. Cuênet, nous n'avions que 24 francs environ à dépenser par jour pour la nourriture de' près de 80 personnes, et pour l'entretien des Nôtres^ »

. Aussi les privations ne faisaient pas défaut. Le travail ne manquait pas davantage. Aux fatigues de la classe se joignaient le service du pèlerinage, et quelquefois des prédications au dehors : ce Nous sommes écrasés de besogne, » disait encore le P. Supérieur. Mais comme il aimait Sainte-Anne ! ce Oh ! si vous voyiez cette maison, comme elle devient belle I si vous voyiez ses magnifiques dépendances! Si vous voyiez surtout la foi et la dévotion des pèlerins, les processions qui commencent et qui vont continuer tout l'été!... Notre pensionnat va

1. Vie du P. Varin, par le P. Guidée, 2® édit., ch. vi, p. 43, note.

2. Notes pour servir à l'histoire de la maison de Sainte-Anne,

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