LIVRE VI. CHAPITRE III
crut devoir donner la préférence à Folcalquier, petite cité sans grande importance et d'un abord difficile. Outre que la demande lui avait été faite conjointement par Tévêque du diocèse et par Tautorité locale, la situation était avantageuse à d'autres égards. La population était bonne, fermement attachée à sa foi; dans toute cette région, la Compagnie ne possédait aucun établissement; ce serait un centre pour les vocations; jusqu'alors les jeunes gens qui se sentaient appelés à vivre sous la règle de saint Ignace se dirigeaient vers les maisons voisines du Piémont, plutôt que d'entreprendre le long et dispendieux voyage de Paris. En face des exigences toujours croissantes des collèges, il n'était pas permis de négliger cette considération.
Le P. Poissard, procureur-général des maisons de la Compagnie en France, fut donc envoyé à Forcalquier pour discuter et arrêter les conditions de l'acceptation définitive. Les classes s'ouvrirent à la Toussaint. Le nombre des élèves ne dépassa pas d'abord soixante; mais, disait le P. Gury dans une lettre au P. Général, ce l'estime et la confiance qu'on nous témoigne dans le pays sont telles que nous espérons, Tannée prochaine, tripler et même quadrupler ce nombre ^ » Le P. Boissard fut nommé supérieur; dans les absences forcées que lui imposait sa charge de Procureur, il était remplacé par le P. J.-B. Gury, qui était en même temps Père spirituel et maître des novices. Le P. Vrindts occupait la chaire de philosophie. Quinze Jésuites, dont cinq Frères