‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 242 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE IV

Celui qui parlait avec tant de confiance était M. Tabbé de Sambucy de Saint-Estève. Chargé en 1802 de la direction des Dames du Sacré-Cœur, à Amiens, M. de Sambucy avait profité de son influence pour introduire de nouveaux règlements, et il avait réussi à se faire un parti dans chacune des maisons de la Société naissante. Car il n'aspirait pas à moins qu'au rôle de supérieur-général. Quand Mgr Cortois de Pressigny fut envoyé à Rome en qualité d'ambassadeur, il l'accompagna, bien que sans aucun titre officiel, et il se prévalut du rang qu'il prétendait avoir auprès du prélat, pour pousser ses desseins et intimider ceux qui lui faisaient opposition. Il n'entre pas dans notre sujet de raconter plus au long ses menées. Sa lettre au P. de Clorivière ne produisit pas Tefl'et qu'il en attendait; ses menaces demeurèrent vaines. Le P. de Clorivière était renseigné par des correspondances plus sûres ^

Il permit au P. Varin, comme nous l'avons dit, d^achever le travail des constitutions du Sacré-Cœur, et lui donna même pour l'aider le P. Druilhet. Le travail terminé, M"** Barat réunit à Paris les supérieures et assistantes de toutes ses communautés, pour le soumettre à leur examen, a Les Pères Jésuites, dit l'historien de M"* Barat, possédaient, rue des Postes, une chapelle aussi modeste que le reste de

1. D'après une lettre du cardinal Fontana à la Supérieure delà Visitation, M™» de Montjoie, « les réponses et les menaces que M. de Sambucy disait avoir entendues de la bouche du saint Père, étaient autant de contes. » — Cf, Lettre du P. de Ch*ivel au P. Général, 19 juin 1817. — M«ne de Montjoie était tante de P. Grivel. Voir toute la suite de cette affaire dans la belle Histoire de Jlfme Barat, par M. Tabbé Baunard. T. I, livre III, ch. ii, pp. 246 suiv.

leur établissement. C'est là que les Mères du conseil vinrent entendre la messe avant l'ouverture de leur assemblée. Le P. de Clorivière leur tint un petit discours sur le Sacré-Cœur de Jésus, qu'il leur fit envisager comme l'objet spécial de leur dévotion, de leur imitation et de leur apostolat. Il ajouta que l'Eglise en retirerait de grands fruits; et que ce Cœur sacré, mieux connu et mieux servi, ferait pleuvoir sur la France un déluge de grâces ^ »

M. de Sanbucy ne se tint pas pour battu. Repoussé du côté des Jésuites de Paris, il se tourna du côté de ceux de Russie ; et il écrivit au P. Billy, ou à son défaut au P. de Grivel, une lettre qui renouvelait toutes les anciennes plaintes et accusations contre l'ingérence du P. Varin dans la rédaction des règles du Sacré-Cœur, et dont Tunique but semblait être de priver cette congrégation des secours qu'elle retirait, comme toute autre communauté, des Pères de la rue des Postes. Le P. Général auquel la lettre fut communiquée, chargea lé P. de Grivel, déjà retourné en France à cette époque, dy répondre*. Le P. de

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