‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 241 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE IV

poursuivie et dont elle a fini par être victime. Plusieurs œuvres utiles, marquées au sceau des œuvres de Dieu, en sont sorties comme les rameaux de leur tige; l'œuvre des prisons, celle des hôpitaux, celle des petits Savoyards, et enfin celle de Saint- François Régis, fondée en 1830 par deux magistrats démissionnaires, MM. Gossin et Javon, pour aider à la réhabilitation des mariages. Ces œuvres eurent des directeurs spéciaux; le P. Ronsin demeura uniquement chargé du soin de la congrégation de la très Sainte Vierge. « 11 jouit dans son emploi, écrivait le P. de Glorivière, d'une estime et d'une confiance générale, et il en est digne^ » En 1828, à la suite d'attaques plus violentes, sous lesquelles les. petits séminaires de Saint-Acheul, de Sainte- Anne et les autres allaient eux-mêmes succomber, il dut se retirer, pour le bien de la paix, avec l'agrément, ou plutôt sous l'inspiration de Mgr de Quélen, archevêque de Paris'.

Au moment où parut la Bulle Sollidltido omnium Ecclesiarum^ quelques-uns des Pères de la Foi, et notamment le P. Varin, s'occupaient de la direction; de plusieurs congrégations religieuses de femmes. Les règles prescrites par saint Ignace renferment cette sorte de ministère dans des limites plus étroites ; les rapports anciens devaient donc être modifiés.

En l'année 1800, de concert avec M"® Barat, le P. Varin avait jeté les premières bases de la congré-

i. Lettre au P. Général, 15 janvier 1816.

2. Notices historiques, . . par le P. Guidée, T. II. Le P. Pierre Ronsin, pp. 22 suiv. et pp. és suiv. — Histoire de la Compagnie de Jésus, par Crétin eau-Joly. 2« édit., T. VI, pp. 138 suiv.

gatioQ du Sacré-Cœur. Celte congrégation s'était rapidement développée, et d'Amiens, son premier berceau, elle avait envoyé des colonies à Grenoble, à Poitiers, à Niort; mais elle n'avait pas encore de constitutions. Des occupations multipliées, des voyages continuels n'avaient pas permis au P. Varîn de mettre la dernière main à cette œuvre. Pendant une courte période de loisir à Besançon, il avait espéré la conduire à terme. Son entrée dans la Compagnie l'obligea de l'abandonner de nouveau. Mais elle était trop avancée et trop avantageuse à la gloire de Dieu, pour que le P. de Clorivière ne l'autorisât pas à la terminer. Ici se place un incident dont il convient de dire un mot.

Au mois de novembre 1814, le P. de Clorivière recevait de Rome une longue lettre aux allures officieuses, dans laquelle on lui faisait savoir que l'immixtion du P. Varin dans les constitutions du Sacré-Cœur ce était contraire à l'esprit de l'Institut, » que le Pape ne voulait pas a que les Jésuites se mêlassent de ces Dames. » L'auteur de la lettre ajoutait qu'il avait rédigé lui-même un plan; que son travail, soumis en haut lieu aux cardinaux et aux théologiens censeurs avait été trouvée bon, suffisant; qu'on le préférait à tout le reste; » en conséquence, il avait été choisi a comme supérieur absolu pour organiser cet ordre, » et le P. Varin était invité à dire « à ces Dames de remettre de leur plein gré tout pouvoir et leur volonté entre ses mains à cet égard; autrement, il y aurait un schisme, d dont la responsabilité retomberait tout entière sur le P. Varin.

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