LIVRE VI. CHAPITRE IV
Clorivière, de son côté, rétablit la. vérité des faits, et dans une sorte de mémoire au P. Général, il vengea le P. Yarin des accusations mal fondées portées contre lui.
Le P. Brzozowski lui répondit le 7 septembre 1817. Sa lettre termina ce trop long débat, a Les pièces que vous m'envoyez relativement aux Dames du Sacré-Cœur mettent la chose bien au clair; mais tout cela n'était pas nécessaire. La lettre de M. de Sambucy n'avait pas fait une grande impression sur moi; elle n'était pas écrite d'un ton à me persuader. Et si quelque petit nuage avait pu s'élever dans mon esprit, il aurait été entièrement dissipé par les éclaircissements que le P. de Grivel m'avait donnés précédemment. Je consens bien volontiers que vous fassiez pour ces Dames, comme pour les autres communautés religieuses, ce que demande la charité, autant que cela est compatible avec notre Institut, et sera agréable aux évéques ou ordinaires des lieux. »
Mais le ministère principal était, avec l'enseignement, celui des missions. C'était aussi le plus nécessaire. Longtemps éloigné de Dieu, le peuple avait besoin de ces grands ébranlements qui accompagnent d'ordinaire les missions, pour réveiller sa foi et en embrasser de nouveau les devoirs oubliés. 11 était bon aussi que la religion proscrite il y avait quelques années à peine, dans son culte et dans ses ministres, puis renfermée dans ses temples et réduite à un rôle effacé, s'affirmât au grand jour dans des démonstrations publiques, en réparation des prévarications passées.
La première qualité du missionnaire, c'est le zèle. Le zèle est une flamme allumée au foyer de l'amour, au Cœur même de Notre-Seigneur. Il faut qu'il éclate, qu'il se répande au dehors, qu'il consume tout autour de lui. Loin de l'étouffer, les contradictions et les obstacles sont l'aliment où il se ranime et puise de plus vives ardeurs. Les hommes que le P. de Clorivière avait destinés à l'œuvre des missions <c étaient dévorés de zèle, » suivant une expression du P. de GriveP. C'est ce qui explique leurs succès. Presque tous avaient déjà fait leurs preuves dans la Société des Pères de la Foi. Ils ne recherchaient point la belle éloquence ; en eussent-ils eu le désir, ils n'en auraient guère trouvé le temps ; mais l'onction, l'esprit de foi, l'énergie, l'élévation des pensées, la vivacité des images, surtout cette conviction communicative, qui est la condition essentielle de la persuasion, cet amour sincère et profond, qui de l'àmc de l'orateur passe dans sa parole, Téchauffe, la vivifie, compensaient largement ce qui pouvait manquer à leurs discours du côté de la perfection du style et de la scrupuleuse observation des règles oratoires. Un digne ecclésiastique d'Amiens disait, en parlant d'un de ces apôtres : a Le P. Gloriot, je l'entendrais les pieds dans le feu'I »
Nous connaissons déjà la mission de Laval. Celle de Mayenne qui suivit ce fut marquée par des conversions éclatantes. » A Saint- Brieuc, où les missionnaires se transportèrent au mois d'octobre de la