LIVRE VI. CHAPITRE VI
ait eu des développements si rapides, et les Parlements et TUniversité ne lui avaient pas fait une opposition moins acharnée que leurs modernes successeurs. Les collèges étaient prospères, et dans les résidences les ouvriers apostoliques, confesseurs et missionnaires, ne suffisaient pas au travail. La Providence avait envoyé au P. de Clorivière, comme autrefois à saint Ignace, une pléiade d'hommes que nous ne pensons point à comparer à la troupe d'élitô rangée autour du fondateur de la Compagnie, mais qui mériteront de rester parmi nous, comme des modèles de générosité, de zèle, d'abnégation et de toutes les vertus religieuses.
L'un de ces premiers Jésuites, entré tout jeune à la suite des Pères de la Foi, a dessiné d'une maiu pieuse le portrait de plusieurs de ceux dont il avait eu les exemples sous les yeux, et dont il avait partagé les travaux*. On peut parcourir cette galerie; ou sera convaincu que la Providence s'était montrée généreuse envers l'Ordre renaissant, et qu'elle avait largement pourvu au déficit d'une formation forcément hâtive et incomplète. Nous ne rapporterons paâ les témoignages cités par le P. Guidée; on pourra
1. Le P. Achille Guidée : Notices historiques sur quelques membres de la Société des Pères du Sacré-Cœur et de la Compagnie de Jésus. 2 vol. in-12. Vies du P. Joseph Varin, du P. Louis Selliei% du P. François Renault.,, La Vie du P. Loriquet a été écrite par M. Hënrion. Le P. Guidée méritait lui-même d'avoir son historien. Une plume autorisée a fixé dans un beau livre les souvenirs de ses vertus dignes des temps antiques,, et raconté les œuvres diverses auxquelles, pendant plus d'un demi-siècle, il ne cessa de se consacrer avec un infatigable dévouement et une admirable pureté de vues. — Vie du P. Achille Guidée, par P. F. Grandidier, in-8«>. Amiens, i867.
les trouver à leur place. Nous préférons en rappeler quelques autres également contemporains, mais inédits. Nous les demanderonsprincipalementaux Jésuites déjà formés que le P. Grénéral avait envoyés d'Angleterre ou de Russie prêter main-forte au P. de Clorivière.
Après quelques mois passés en France, le P. de Grivel faisait part au P. Brzozowski de ses observations, a Je puis vous dire, écrivait-il, et je crois en être assuré, que la Société en France est composée d'hommes très vertueux, qui jouissent d'une grande considération, qui sont remplis de la volonté la meilleure et la plus franche... Je crois pouvoir féliciter Votre Paternité, ajoutait-il en terminant,de ce que la Province de France donne de très grandes espérances par la réunion des sujets qu'elle renferme^ »
ce Les premiers membres qu'on a réunis, dit à son tour le P. Fontaine, étaient des hommes faits, déjà habitués à leurs manières, tant pour les exercices spirituels que pour le ministère... Je trouve que, depuis leur association avec nous, ils se plient à tout avec la plus grande édification. J'ai été réellement frappé, et je le suis encore, de leurs grandes vertus d'obéissance, de régularité et de zèle. Ils ont la condescendance quelquefois de me consulter, et je crois de mon devoir de leur dire les choses dans lesquelles je trouve qu'ils ne se rapprochent pas encore assez de nous, et ils s'y conforment. C'est une éducation à faire, ce sont des habitudes à modifier. Ce ne sera pas l'œuvre d'un jour; mais on peut y réussir. Tout demande du temps. L'étude sérieuse