‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 263 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE VI

de lui le cardinal de Rohan, archevêque de Besançon, j'ai plus de pièces qu'il n'en faut pour le faire béatifier ^ »

a Le R. P. Louis Debussi, professeur de rhétorique, a des talents rares et distingués pour la composition et pour la chaire... Il est à la tête des congrégations, tant du Sacré-Cœur que de la Sainte Vierge. Il serait difficile de les confier à un Père plus zélé, plus ardent pour la gloire de Dieu. L'activité de son zèle n'ôte rien ni à son obéissance, ni à sa douceur. Il est difficile de réunir plus d'excellentes qualités. »

Après avoir confessé la jeunesse de Saint- Â.clieul, il part le dimanche soir pour quelque village des environs, y établit à lui seul une mission de trois semaines, prêche deux et trois fois le jour, passe le reste du temps au confessionnal, et quand Fébranlement est donné, vous voyez arriver à point nommé quatre, cinq et six ecclésiastiques qui -lui sont tout dévoués, parce qu'il les a formés et qu'il les dirige, et qu'un mot de sa main suffit pour les mettre en mouvement. Ils quittent leurs paroisses pour une ou deux semaines et plus, se font remplacer le dimanche et récoltent ainsi la moisson que leur a préparée le P. Sellier, qui ne manque pas de revenir à Saint-Acheul le jeudi soir ou le vendredi pour confesser tous ses jeunes gens, tandis que les ecclésiastiques continuent la besogne, et le dimanche soir, il repart pour sa mission. C'est l'apôtre de la Picardie ; il suffit d'annoncer que le P. Sellier prêche dans un village pour qu'on y accoure des environs. Quand il y a presse, il tient le confessionnal jusqu'à onze heures du soir, temps du souper ou du diner, et il se remet encore à l'ouvrage après minuit pour se lever à quatre heures et même avant. C'est ce dont j'ai été témoin très souvent, quand je travaillais sous lui comme missionnaire. Lorsqu'on lui dit qu'il se tue, il répond en riant qu'il fait tout ce qu'il peut pour se tuer, et qu'il n'en peut venir à bout. £t en effet, quand il revient d'unç mission au collège, après tous ces tours de force, il est tout rayonnant de santé et se porte mieux que s*il était resté au collège. »

i. Souvenirs de M. Perrin, grand-vicaire de Besançon, ancien secrétaire du cardinal de Rôhàn.

a Le R. P. Maxime Dcbussi, frère du précédent et professeur de rhétorique par indivis, chargé de la succursale, est un sujet solide et habile, sans avoir les talents de son frère; d'une vertu consommée, en fait d'abnégation de lui-même; caractère de feu, mais tempéré par l'esprit d'oraison et d'obéissance, d'un zèle à tout entreprendre et à tout supporter'. »

« Le R. P. Guidée, régent de quatrième, parfait religieux; d'une exactitude édifiante aux moindres observances, d'une grande union avec le Seigneor. Il compense par le travail et l'application ce qui pourrait lui manquer du côté des talents. Sa classe est la mieux tenue de toutes ; piété tendre et solide : sachant se faire craindre et encore plus aîmer de ses écoliers. »

« Le F. Ch. Hallu, surveillant à la succursale et régent de sixième; talents médiocres, vertus religieuses dans un degré éminent; obéissance parfaite, piété exemplaire, marchant sur les traces du Vénérable Berchmans'. »

Le P. FoUoppe parle ensuite de lui-même : <i Malgré ce qu'on pense et ce qu'on dit autour de lui par charité et honnêteté, il ne. peut se dissimuler, ccrit-il humblement, son entière nullité*, s

Ce jugement était trop sévère. U faut reconnaître cependant que son excessive défiance de ses forces le

1. Le P. Gros, dans son livre Une famille d'autrefoît, a consacre une belle notice aux PP. Louis et Maxime DebuBsi.

S. Le F. Charles Hallu mourut dans cetle màrae maison de Saint< Aclieul, le 7 septembre 1823.

a Lettre du P. FoUoppe au P. Général, 1 janvier 1817.

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