‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 276 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE VII

que j'en ai, est un homme de mérite. Il était du nombre de ceux que le P. Stone et ses cônsulteurs m'avaient désigné comme pouvant être Provincial. Je crois donc pouvoir, sans crainte, lui confier la continuation de Tœuvre que vous avez si bien commencée.

ce Je vous décharge donc, mon Révérend Père, du fardeau que vous avez porté avec tant de courage, en vous témoignant toute ma reconnaissance et celle de la Compagnie, pour le zèle et l'activité que vous avez mis à remplir des fonctions bien pénibles. J'espère que vous voudrez bien aider le nouveau supérieur de vos lumières, le mettre au fait de tout et surtout des circonstances locales qu'il peut ignorer, étant absent de France depuis tant d'années.

Assistants et d'autres personnes en qui j'ai confiance, j*ai résolu de constituer une Province de France et de lui donner un Provincial, afin qu'elle jouisse des mêmes avantages que les autres Provinces de la Compagnie, et entr'autres, qu'elle paisse envoyer de droit des députés aux Ck>ngrégations générales. En conséquence, je vous établis Provincial de France, et vous en envoie ci-joint la patente. J'espère que ce sera un nouvel aiguillon pour exciter tous ceux qui se félicitent de vous avoir pour supérieur, à redoubler d'efforts pour se perfectionner dans l'esprit de la Compagnie et dans la pratique des vertus religieuses. Le nombre des profès est encore bien petit ; mais il augmentera peu à peu; et j'admettrai volontiers ceux que vous jugerez dignes de cette grâce, sans m'astreindre, dans ces commencements, à la coutume de n'admettre à la profession qu'après dix années, les études non comprises. Je vous prie aussi, à tout événement, car votre âge même et votre infirmité nous avertissent d'être sur nos gardes, de m'envoyer votre opinion et celle de vos cônsulteurs sur ceux que vous jugez les plus propres à vous succéder... »

Cette prévision du P. Général ne tarda pas malheureusement à se réaliser; le P. Simpson mourut cette même année 1820, à Saint- Acheul, le 25 juin.

Par là, vous ne cesserez point d'être utile à la Compagnie, et vous acquerrez de nouveaux droits à sa reconnaissance, d

Les sentiments des deux vieillards, en présence de cette disposition de leur commun supérieur, se traduisirent d'une manière différente ; mais de part et d'autre, ce fut la même obéissance, c Je remercie Votre Paternité, écrivit le P. de Clorivière, de la faveur qu'elle m'a faite en me déchargeant d'un fardeau qui avait toujours été au-dessus de mes forces. . . Le choix que vous avez fait du P. Simpson sera, comme je me le persuade, du goût de tout le monde; il est certainement du mien. Nous étions du même noviciat, lui, le P. Fontaine et moi; mais il y était entré très jeune, dès V&ge de treize ans. J'avais été soixante ans sans le voir. Depuis le peu de temps que j'ai renouvelé ici connaissance avec lui, je n ai vu en lui que des qualités estimables, beaucoup de prudence et d'esprit religieux^ » Après cet hommage fraternel à son successeur, le P. de Clorivière remerciait le P . Général de ses paroles de bienveillance; il lui demandait pardon avec une humble simplicité des fautes qu'il avait commises dans son gouvernement, et d'une main incertaine, que les yeux ne dirigeaient plus, et qui tremblait sous le poids des années et peut-être aussi de l'émotion, il mettait fin, par une dernière signature, à ce commerce intime de lettres avec celui qu'il aimait et vénérait comme son père et le représentant de Dieu.

Autres étaient les pensées du P. Simpson.

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