‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 52 sur 315 · INSUCCÈS DE LA CURE - LONGUE ET DANGEREUSE MALADIE · texte numérisé non relu

INSUCCÈS DE LA CURE - LONGUE ET DANGEREUSE MALADIE

Le p. de Clorîvière ne s'attendait pas à quitter sitôt la douce et féconde retraite du troisième an. Mais en homme qui se gouverne par les principes de la foi, il fit taire ses regrets, et ne 'pensa plus qu'à s^abandonner joyeusement à la Providence.

Le 24 juin 1766, il écrit au P. Fleury, redevenu son correspondant depuis qu'il a quitté Liège :

« Mon cher Père, P.C.

a. Ceci vous surprendra un peu : au commencement de la semaine prochaine, je pars pour l'Angleterre. Je me trouve très mal équipé pour une pareille expédition; mais Dieu est tout-puissant. J'avais conçu l'espérance de trouver dans cette année une année de prière et de communication continuelle avec Dieu; mes espérances sont ruinées de fond en comble. Dénué de vertus, comme je suis, il me faut

déployer mes voiles et m'exposer aux périls des flots ; priez pour moi, afin que je ne me perde pas. Il est vrai, j'ai conçu pendant ma grande retraite un ardent désir d'être entièrement à Dieu. Mais que tout cela est en péril de s'évanouir rapidement, au milieu des distractions dans lesquelles je vais être engagé ! Courage! allons, plongeons-nous tous les jours de plus en plus dans le sacré Cœur de Jésus, pour y prier, nous y rafraîchir, nous y fortifier, nous y consumer entièrement dans les flammes du divin amour. »

Le départ eut lieu le 2 juillet, fête de la Visitation de la sainte Vierge. En arrivant à Londres, le P. de Clorivière et son compagnon de voyage, le P. Clarkson, se rendirent à la petite résidence que la Compagnie possédait dans cette ville, rue Glôeester, Queen's Square, n** 9.

Les catholiques jouissaient dans le Royaume-Uni d'une certaine tolérance : toutefois, si Tère des persécutions sanglantes paraissait fermée, la méflance et les tracasseries du pouvoir étaient loin d'avoir disparu; h cette époque même, il y eut encore des prêtres emprisonnés pour le simple exercice de leurs fonctions, et au mois de juillet 1767, par ordre exprès de la cour, il fut enjoint aux archevêques d'York et de Cantorbéry et à leurs sufl'ragants « de dresser une liste complète de tous les papistes ou réputés tels, qui se trouveraient dans leurs diocèses. »

Aux premiers temps de la persécution religieuse, les Pères de la Compagnie avaient dû vivre isolés les uns des autres, cachés pour l'ordinaire dans les chAteaux de quelque riche famille catholique. Ils se répandaient de là dans les campagnes environnantes

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