LIVRE II. CHAPITRE IV. IKU
faveurs signalées à la foi de son serviteur; il eut la double consolation d'apprendre que l'âme de son ami était parvenue au séjour de la béatitude éternelle, et de faire entrer une âme égarée dans la voie qui y conduit', j)
Une autre conversion, non moins difficile, vint CDcore réjouir le cœur de l'apôtre, et fit éclater, avec la miséricorde de Dieu pour les pécheurs, la puissance de la prière humble et confiante. Un catholique anglais, d'une illustre fnmille, Lord Antoine Montague, avait eu le malheur d'abandonner la religion de ses pères et s'était marié à une protestante. En passant à Bruxelles, il tomba dangereusement malade et fut bientôt réduit à l'extrémité. Le P. de Clorivière, soit de son propre mouvement, soit sur une invitation amie, alla lui rendre visite. C'était un mardi-saint.
A la porte de la chapelle extérieure des Daraes Bénédictines se tenait constamment un pauvre homme, que la vénération publique saluiiit du nom de saint, et qui passait tous les jours de longues heures en prières. Le P. de Clorivière lui recommanda de prier pour la conversion du vicomte, u Je prierai, répondit celui-ci; » et il ajouta avec cette foi qui triomphe toujours : a Je ne quitterai pas l'église que ma prière n'ait été exaucée, s Là-dessus, le P. do Clorivière se dirigea vers la demeure du malade. La femme de Lord Montague n'osa pas lui refuser l'entrée; mais pour prévenir un dénouement qu'elle redoutait, elle fît la garde auprès de son mari,