AZEVEDO
• Ibid. — 3 Ibid.
* M. Octave Delepierre, Le— Schayes, Le.
5 Celui de Léau existe encore; mais le tabernacle de Tongerloo, dont Sanderus dit : « Opus vere heroicum et quod inter miracula Belgii merito possit numerari, toto enim Belgio simile haud reperies, » a été détruit avec l'église, en 1796. Schayes, 1. c.
6 Schayes, l. c.
? Au nombre des plus beaux mausolées de cette époque, nous citerons celui de Guillaume de Croy , sculpté en Italie* en 4 524 , qui a été transporté de l'église
Au milieu de ces grands travaux se révélèrent les grands artistes. Jamais la Belgique n'offrit une plus brillante série d'architectes : Antoine Keldermans, dit le vieuœ, de Matines, « maître ouvrier de monseigneur le roy, » exécuta le modèle en bois de la Maison du roi, à Bruxelles \ et, de concert avec soft fils Antoine, fit les plans des bailles du palais de cette ville 2 ; — Mathieu Kelderman, architecte de la ville de Louvain, qui avec Jean Looman, dit Hoereken, et Jean Ooge, construisirent la partie supérieure de la tour d'Anderlecht (en suite d'une convention du 28 avril 1517) ; — Guillaume Valke et Henri Vanhoelaert, qui furent choisis comme experts, en 1526, avec Louis Van Bodegem, pour examiner ces travaux; — Josse Steewens et Michel Happart, qui, en 1527, se chargèrent de la construction de la voûte de cette tour et de la grande fenêtre de la façade 3 ; — Rombaut Van Mansdale, dit Keldermans, d'abord « maître des travaux de la ville de Matines \ » ensuite « maître maçon 5 , » et « maître général des œuvres
des célestins à Héverlé dans celle des capucins à Enghien ; celui d'Antoine de Lalaing et de son épouse Isabeau de Culembourg, dans l'église d'Hoogstraeten ; celui d'Antoine de Mérode, dans l'église de Sainte-Dymphne à Gheel, et celui de l'archevêque de Païenne, Jean Carondelet, dans la cathédrale de Bruges. ~ Schayes, 1. c. — M. Octave Delkpierre, 1. c. — M. A. Couvez, Inventaire des objets darl de la Flandre occidentale.
1 Bekeningen van de werken ende reparatien van den nyeuwen edificienvan Jlertogenhvys op de Marckt te Drussel. Archives du royaume.
* Bekeningen van den steynen baillen, enz. Archives du royaume. 3 M. Walters, Histoire des environs de Bruxelles, I, 46-48.
* Bekeningen van de werken, enz.
5 « A maistre Rombault Van Mansdalie, dit Keldermans, maistre maçon de l'empereur, la somme de xxxviij livres. — A maistre Rombaut Van Bossche, maistre charpentier résidant à Malines, la somme de xxj livres, pour visiter les ouvrages faits à la maison et à la cuisine de l'archiduchesse, construites près du couvent des annonciades , hors la porte des Asnes lez Bruges. » Compte de J. de Marnix, de 4527 (n« 4803), f M iiij m vj *° et iiij » viij.
de l'empereur ' ; » qui composa, entre autres plans, celui de la chapelle du palais de Bruxelles 2 , et travailla, avec Dominique de Waghemakere, « maître des travaux de la ville d'Anvers 3 , » à la tour septentrionale de Notre-Dame, à Anvers; — Louis Van Bodegem ou Beughem, successeur d'Antoine Keldermans le vieux, après la mort duquel il exécuta le plan de l'intérieur de la Maison du roi \ fut un des principaux architectes de la belle église de Notre-Dame de Brou 5 ; — Henri Van Pede, architecte de la ville de Bruxelles 6 , construisit le beffroi d'Audenaerde, et acheva la Maison du roi, après que Van Bodegem eut été envoyé en Savoie par Marguerite d'Autriche 7 ; — Pierre de Grève continua la chapelle du palais de Bruxelles, commencée en 1525 8 ; — Jean Van der Eycken, nommé par les Espagnols Anequin Egas, travailla à la porte des lions de la cathédrale de Tolède 9 ; — Pierre Van Weyenhoven, « maître ouvrier de l'empereur en Brabant l0 , » donna le plan de la chapelle du Sacrement de Miracle, à Sainte- Gudule, dont Antoine
' Hekeningen van den sleynen, enz.
* Histoire de Bruxelles, III, 323. — Philippe II trouva cette chapelle si admirable qu'il s'en fit bâtir une semblable dans le palais de Madrid. Aula sacra principum Belgii. — On a vu Van Mansdale chargé de se rendre aux châteaux de Montfort et de Fauquemont, pour surveiller ou faire exécuter des travaux ressortissants au génie militaire. (Tome III, p. 470.)
3 hekeningen van de werken, enz.
« Ibid.
5 Meester Lodewyck van Bodegem, den meesten deel van den jare, besonder in den somer, buiten slants in Savoyen wesende, in den dienst onser genedige vrouwe van Savoyen. Comptes de la bâtisse, pour 4543. Archives du royaume.
6 Hekeningen van de werken, enz.
? Ibid.
8 Histoire de Bruxelles, III, 323.
• Le Mayeur, les Belges.
10 Scbayes, Mémoire sur l'architecture ogivale.
Vandeputte, son collègue, dirigea les travaux l ; de concert avec Jean Van den Gheere , il acheva aussi la chapelle du palais de Bruxelles 2 ; ce fut également lui qui bâtit la petite maison de Charles-Quint, à Bruxelles 3 ; — Sébastien Van Noen \ appelé par les Italiens Sébastien d'Oya, architecte et ingénieur, leva le plan des Thermes de Dioclétien, à Rome 5 ; — Pierre Coeck, d'Àlost, peintre et architecte de Charles -Quint, traduisit en flamand Vitruve et les cinq premiers livres de Sébastien Serlio, et vulgarisa ainsi la connaissance de l'architecture néo-romaine 6 ; — Lambert Lombart, de Liège 7 ; — Jacques du Brœcq, dit le vieux, exécuta les plans des somptueux châteaux de Binche, de Mariemont et de Boussu, auxquels il travailla avec Lambert Lombart 8 , Heûri de Pas, auteur des plans de la Bourse des marchands, à Londres 9 , et Corneille de Vriendt, dit Floris, l'architecte de l'hôtel de ville et de la Maison hanséatique , à
' Comptes de la fabrique de Sainte-Gudule. Archives de cette église.
1 Histoire de Bruxelles, III, 323.
* M. Gachard, l'Abdication de Charles-Quint. Bulletins de l'Académie, XXI, 900.
« Voir t. III, p. 469.
5 Ph. Baert, Mémoires sur les sculpteurs et architectes des Pays-Bas. Bulletins de la Commission royale d'histoire, XIV, 528. — Le Mayecr.
b Schayes, 1. c. — Ph. Baert.
7 « Homme très-versé dans les lettres, peintre judicieux, savant architecte. »
— *< De tous les Flamands que j'ai cités , ajoute Vasari , en parlant de cet artiste, aucun ne lui est supérieur, et ce qui n'est pas son moindre titre, il fut le maître de Frans Floris et de Wilhelm Key. »
G. Vasari, Vies des peintres, sculpteurs et architectes. Paris, 4842, IX, 348.
— Voir la Vie de ce célèbre artiste écrite par Dominique Lampsonius, peintre et poète de Bruges, et publiée à Bruges en 4565, sous ce titre : Lamberti Lombardi apud Eburones, pictoris celeberrimi vita.
8 Schayes, 1. c. — Guicciardin.
» Schayes, 1. c. — Le Mayeur.— Ph. Baert.
Anvers l ; — Jean Metzaert, de Bruxelles, construisit l'église conventuelle, la sacristie, le petit cloître et une partie du grand cloître de la belle chartreuse de Scheut 2 ; — Jacques Nagels exécuta les travaux hydrauliques de la fontaine de Mariemont et du palais de Binche 3 ; — Jean de Thuin , architecte de l'église de Sainte -Waudru, à Mons 4 ; — Jean de Heere, de Gand, non moins bon architecte que bon sculpteur 5 ; — Crespin Van den Broeck, d'Anvers, peintre et architecte estimé 6 ; — Jean de Daele qui se distingua aussi comme sculpteur et poète 7 ; — Gilles Mostaert, des environs d'Anvers, que Vasari cite comme un habile architecte 8 , et bien d'autres encore acquirent alors une brillante réputation.
C'est à ces artistes, à Corneille Floris et à Pierre Coeck surtout, qu'il faut attribuer le succès définitif de la réaction en faveur de l'architecture gréco -romaine. La Renaissance, qui s'était manifestée en Italie dès le xm e siècle, n'avait continence en France et en Belgique qu'à la fin du xv e , et l'Hôtel
' Geschiedenis van Antwerpen. — Schaybs. — Lb Maybur. — Ph. Baert. — Giicciardin.
* Histoire de Bruxelles, III, 634. — M. Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, I, 43.
'Ordonnance du 25 août 4550, prescrivant de lui payer 4,345 carolus 49 sous 9 deniers, à 20 patars le carolus, pour solde de compte de ces travaux. Reg. Correspondance en matière de finances, I, f° 465.
* M. L. Devillers, 1. c. — Boussu, Hist. de Mons. % — Ph. Baert, etc. — Il fut aidé dans la direction des travaux par le maître maçon Jean Repu ; le maître des carrières d'Écaussines, Guillaume Le Prince ; et Nicolles de Pottes. Après la mort de cet artiste (26 août 4556), son fils Jean prit la direction des travaux. M. Devillers, 1. c.
5 Drscamps, Vie des peintres flamands, allemands et hollandais, I, 89.
« Ibid., 84.
' Vasari, 1. c, 347.
« Compte de J. de Marnix, de 4524 (n° 4800), f° xj " vîij *°.
consulaire des Biscayens, à Bruges, construit en 1495, en présente le premier exemple connu. L'architecture ogivale se maintint quelque temps encore dans les constructions d'églises, mais elle céda bientôt devant le nouveau style, dont les principes dominèrent et se sont perpétués en grande partie malgré les variations du goût et le caprice de la mode. Cette réaction contre l'art ogival fut plus violente et plus dévastatrice que la réaction des iconoclastes, ou celle des révolutionnaires de 1793, et faillit nous priver de toutes les admirables productions du moyen-âge.
En même temps que de nouveaux édifices s'élevaient, on se plaisait à orner les anciens. Là encore Marguerite prêchait d'exemple, allouant cent livres à l'église de Saint-Gommaire, à Lierre, pour acheter « une tapisserie armoyée de ses armes > et destinée à en décorer le chœur; cinquante livres à l'église de Saint-Pierre, à Malines, « pour faire estoffer de fin or et d'asur trois grandes ymaiges de bois, à sçavoir Notre-Dame, Sainct Pierre et Sainct Pol estans sur le grand autel de ladite église, où les armes d'icelle dame furent mises et posées pour mémoire d'elle l ; » cent quarante-deux livres dix sous au couvent de Galilée, à Gand, pour l'acquisition d'une tapisserie destinée à en décorer l'église 2 ; trois aunes de crêpe à la grande église de Heusden, « pour servir sur une sépulture de Notre-Seigneur étant en ladite église 3 ; » deux manteaux de satin broché blanc pour « deux ymaiges de Notre-Dame, l'une estant en Tesglise de Cauberghe, à Bruxelles, et l'autre en l'église de Mol 4 ; » un manteau de damas blanc à l'image de
■ Compte de J. de Marnix, de 4527 (n° 4803), f« vij " v.
» Ibid., f°xj"xiij.
3 Ibid., de 4525 (n°4804), f° viij " xvj *«.
* lbid. t de 4523 (n« 4799), f° viij u iij *\
Notre-Dame de Pitié se trouvant dans l'église de Saint-Géry, à Bruxelles l ; trente-trois livres six sous huit deniers pour fournir à la dépense de la dorure d'un tableau, les Sept- Douleurs, « avec la représentation du feu roy don Philippe, » qui décorait la chapelle des Sept -Douleurs dans cette église 2 , etc., etc.
Marguerite trouva de nombreux imitateurs : les courtisans sont toujours dociles à suivre la voie, bonne ou mauvaise, tracée par leur souverain , et d'ailleurs les goûts élevés semblaient, à cette époque, inséparables des hautes positions; ce n'était pas en dressant des chiens, en entraînant des chevaux, que la noblesse cherchait alors à maintenir sa supériorité sur la bourgeoisie, qui était déjà sa rivale à plus d'un égard.
Laurent du Blioul donna à l'église de Sainte-Gudule deux magnifiques tapisseries, représentant l'histoire du Sacrement de Miracle \ et à aucune époque on n'exécuta autant de vitraux dans les églises que sous l'administration de Marguerite, qui encouragea spécialement cette branche de l'art. A chaque page des comptes de son hôtel, on trouve des subsides accordés pour établir des « verrières » : dans le chœur et dans la chapelle du Saint-Sacrement de l'église de Sainte- Gudule 4 , et dans l'église des Frères mineurs 5 , à Bruxelles;
• Compte de J. de Marnix, de 4522 (n° 4798), f 08 ix « vij et ix.
a Wid., de 4527 (n* 4803), f° vj ** xv »°. — s Histoire de Bruxelles, III, 260.
* « Bruxelles. Don de iij e lx livres, pour construire une verrière en la chapelle du Sainct-Sacrement Miraculeux. » Compte du 47 février 4536. Registre aux dépêches et mandements des finances (n° 20734), f° iij.
« Aux maistres de la s fabricque de l'église de Saincte-Goulle en la ville de Bruxelles, la somme de cent livres, pour en faire une verrière armoyée des armes de madite dame, et icelle mectre et asseoir au ceur de ladite église, pour décorement d'icelle et en commémoration de madite dame. » Compte de J. de Marnix, de 4524 (n° 4800) , f° vj x* iiij.
5 « A maître Jean Assays, verrier, demeurant à Bruxelles, la somme de
dans la chapelle des chartreux, à Scheut ! ; dans l'église du monastère de Rouge-Cloître, à Auderghem 2 ; dans l'église d'Alsembergh 3 ; dans la cure de Braine 4 ; dans l'église de Sainte -Elisabeth, à Grave 5 ; dans l'église paroissiale de Zutphen 6 ; dans l'église des Frères prêcheurs de Douai \ etc.
xl livres qui due lui estoit, pour une belle grande verrière en laquelle est figurée la remontrance de Notre-Seigneur quand il fut mis au Saint-Sépulcre, laquelle madite dame a fait asseoir en l'église des Frères mineurs, en la ville de Bruxelles, auxquels elle en a fait don. » Compte de Jean de Marnix de 4524 (n°4797), f°viij«ix.
.' « Marguerite donna » aux religieux du couvent de Notre-Dame de Grâce, lez la ville de Bruxelles, xc livres de xl gros , par lettres patentes du xx e août xv c xxvj, pour avoir et acheter une grande verrière pour leur nouvelle église. » Ibid. de 4526 (n* 4802), f° vj « vj.
a « A Jehan Ofhuus, verrier, résidant à Bruxelles, la somme de soixante livres, à quoy madite dame a fait convenir et appointer avec lui pour une belle et riche verrière qu'il a faicte et posée au meur de l'esglise du couvent et monastère de Rouge cloistre, au bois de Soigne , lez Bruxelles , ystoriée du crucifiement de Notre-Seigneur et armoyée des armes de madite dame. » 76td.de 4527 (n° 4803), f° ij « *°.
3 « Cent livres payées aux marglissîers de l'église Notre-Dame de Halsemberghe, pour emploier à la façon d'une verrière. » Compte de J. Micault (n« 4884).
* « Au curé de Braynne, la somme de quatre carolus d'or de xx sols pièce, auquel madite dame en a faict don pour iceulx convertir et emploier à l'achat d'une belle verrière armoyée de ses armes que ledit curé posera en sa maison. » Compte de J. de Marnix (n° 4805), f° cxvj.
5 « A Corneille Tamburch, verrier, résidant à Bruxelles, la somme de Ix philippus d'or de xl gros, monnoie de Flandre, pour payement d'une verrière qu'elle lui a fait faire et mettre en l'église Sainte-Élizabeth en la ville de Grave. » Ibid. de 4524 (n° 4797), f° ij « xlvj.
6 « A ung verrier, la somme de vingt livres, pour une belle et riche verrière armoyée des armes de madite dame, mise et posée au meur de l'église paroissiale du village de Zutphen. » Ibid. de 4527 (n° 4803), f° ij c xxxvij.
: « Aux prieur et religieux du couvent des Frères prescheurs de la ville de Douai, la somme de douze livres, ausquels madite dame en a fait don pour Dieu et en aulmosne, pour les ayder à reffaire les verrières de leur église. » Ibid. de 4525 (n° 4804 ), f<> iiij xx.
En cela encore, cette princesse trouva maint imitateur dans la noblesse, dans le clergé et dans la riche bourgeoisie.
Le chœur de Siinte-Waudru décoré de. cinq vitraux, œuvre de Claix-Eve, dus à la munificence de Maximilien et de sa famille, en reçut d'autres de l'évêque de Cambrai, Jacques de Croy; de l'archevêque de Palerme; du seigneur de Ravenstein, Philippe de Glèves, et de sa femme, Françoise de Luxembourg ; du seigneur de Chièvres et de sa femme, Marie-Madeleine de Hamal; de Philibert Naturel; d'Antoine de Lalaing et de sa femme, Elisabeth de Gulembourg; du seigneur de Gaesbeek, Martin de Homes et de sa femme, Anne de Croy. Le magistrat de Mons décora cette église de la verrière de Claix-Eve, qui surmonte le portail septentrional; et le portail méridional en reçut une de l'ordre de Malte '. En 1528, l'évêque de Liège gratifia l'église de Sainte- Gudule, du beau vitrail de Jacques de Vriendt,dit Floris, représentant le Jugement dernier 2 ; et, en 1547, l'église de Saint-Pierre, à Malines, reçut de Granvelle un magnifique vitrail 8 .
En 1526, les membres du grand conseil firent placer des vitraux représentant la famille impériale, dans l'église de Saint - Rombaut 4 , dont le frontispice sous la tour venait d'être orné (1522) d'un vitrail, exécuté en 1473, aux frais du métier des drapiers, par Gauthier Van Battele 5 . Van Orley y peignit un vitrail représentant les portraits en pied de Marguerite et de Philibert II de Savoie; et, en 1546, l'empereur accorda aux
1 M. Devillers, 1. c.
* Histoire de Bruxelles, III, 274.
3 Azevedo.
* Ibid.
5 Ibid. — Ce vitrail avait d'abord été placé au-dessus d'une porte latérale.
marguilliers de cette église un subside de cent cinquante florins « pour reffaire anciennes verrières '. »
Jean Haeck, d'Anvers, d'après les dessins de Michel Coxie et de Bernard Van Orley, orna la nouvelle chapelle du Saint- Sacrement de Miracle, à Bruxelles* de sept vitraux, dons de François I er , d'Éléonore, de Catherine, de Jean de Portugal* du roi des Romains, Ferdinand, de son fils Maximilien, et du prince Philippe 2 . Charles-Quint de son côté, donna, entre autres, des verrières aux religieuses de Fannociation, à Bruges, aux jacobins de Zierikzée 3 , aux carmes de Bruxelles, aux chartreux de Gapd, à ceux d'Anvers 4 , à l'église de Saint-Jean et aux carmes de Malines 5 , à la chartreuse de Scheut et au prieuré de Groenendael 6 , à la chapelle de Notre-Dame d'Aire, aux dominicains d'Utrecht, à l'abbaye de Boneffe, au couvent
* « Don de cent cinquante florins, pour reffaire aucunes verrières à Saint- Rombaut. » Registre aux dépêches et mandements des finances de 4544 (n° 20739).
a Histoire de Bruxelles, III, 263-264.
* « Aux prieur, religieux et couvent des Jacobins à Zierickzée, pour une verrière, par lettres du ij e d'octobre xxiiij, 1 livres. —Aux religieuses de l'Annonciation, lez Bruges, pour une verrière que l'empereur y a donné, l livres, » Revenus et dépenses de Charles-Quint, 4520-4530, f° ij • lxiij »o,
* « Aux religieux, prieur et couvent des carmes à Bruxelles, pour une verrière armoyée des armes de l'empereur au cueur de leur église, par lettres du dernier d'avril xxij, xxv livres. — Aux chartreux de Gand, pour la façon d'une verrière armoyée des armes de l'empereur, par lettres du xxix« de décembre xxij, xxx livres. — A ceux d'Anvers, pour la façon de trois verrières armoyées des armes de l'empereur, par lettres du xviij e d'avril xxiij après Pasques, xxxvj livres. » lbid. t f° ij e Ixiiij.
s « Don de cent livres pour une verrière en l'église de Saint-Jean à Malines. »• Reg. aux dépêches et mand. des finances de 4545 (n° 20738).
6 Ce fut de concert avec sa sœur Éléonore qu'il donna à chacun de ces établissements religieux un vitrail. Ils furent payés à Nicolas Romboute, de Bruxelles, 400 livres de 40 gros (29 juillet 4546). M. Wauters, Histoire des environs de Bruxelles. Annexes et rectifications.
de Rouge-Cloître \ aux carmes de Malines 2 , etc. Ce prince et Marie de Hongrie firent exécuter, en 1538, par Bernard Van Orley, les deux magnifiques vitraux des transepts de l'église de Sainte-Gudule 3 . La famille impériale, de grands personnages de leur cour et le magistrat de Bruxelles donnèrent à la chapelle de Notre-Dame de Scheut, treize vitraux représentant la Passion, et quarante-trois vitraux au cloître, qui, dit-on, n'avait pas son pareil en Belgique 4 . En 1521 et 1522, Daniel Louis, < vitrier, » exécuta de* nombreuses peintures sur verre dans les églises de Saint-Bavon et de Saint-Sauveur et dans la chapelle de Jérusalem, à Gand, dans les églises de Papingloo, de Mendonk, d'Ackerghem et de Wondelgem, ainsi que dans les maisons de plusieurs particuliers 6 ; et Pierre Goeck, d'Alost, orna de plusieurs vitraux la cathédrale d'Anvers 8 .
« « A Antoine Gasex, commis aux ouvraiges de la chapelle de Noire-Dame d'Aire, par lettre du xiiij 6 de décembre xxiiij, sur tes biens des François, pour une verrière ou deux, lx livres. — • Aux prieur, religieux et couvent des frères prescheurs à Utrecht, par lettres du xviij« d'avril xxiiij après Pasques, pour une verrière, l livres. — A l'abbé de Boneffe, par lettres patentes du xxix« d'aoust xxx, pour une verrière, iiij ** livres. — Aux prieur, religieux et couvent de Sainct-Pol au Rouge-GIoistre au bois de Soigne, par lettres du xxiiij* de février xxiiij, pour une verrière, c livres. * Revenue et dépense» de Charles- Quint, f° ij « lxiiij ▼•.
' « Don de cent florins aux carmes de Malines, pour une verrière. » Reg. aux dépêches et mand. des finances de 4646 (n° 20729).
1 Histoire de Bruxelles, III, 270.
*/Wd.,634.
5 M. Jules de Saint-Génois, Notice sur ces peintures. Messager des sciences historiques, 4836, 328.
6 De fUirrENBERG, Pièces relatives à la construction de l'a cathédrale d'Anvers. Bulletins de l'Académie, XII, 4™ partie, 50-54 . — Parmi les peintres verriers de cette époque, outre ceux qui viennent d'être mentionnés, on cite encore Dierick, probablement le même qu'Albert Durer mentionne dans son journal de voyage, sous le nom de DietHch; Jacob Felaert; Corneille Van Daele; Josse Vereghen (Guicciardin); Borghèse (Vasari, IX, 347), d'Anvers; Jean Dox
L'école flamande, distinguée, à son origine, par l'imitation simple et naïve de la nature, n'avait pas encore perdu son cachet d'indépendance, que lui enleva, à la fin du xvi* siècle, la révolution opérée dans les arts par Raphaël et Michel- Ange. Mais déjà son épanouissement s'était arrêté : les peintres belges allaient en Italie étudier ces grands maîtres , et la plupart devenaient des imitateurs. L'art perdit son caractère national, et cette altération du style primitif eût été fatale peut-être, si, au xvn c "siècle, l'école ne se fût régénérée au souffle d'un puissant génie. Néanmoins, les encouragements de Marguerite, la protection de Charles-Quint, à qui tout sentiment de grandeur était naturel > dotèrent la Belgique d une nombreuse phalange d'artistes éminents.
La seule ville de Malines comptait plus de cent cinquante peintres l que la cour y avait sans doute attirés. La plupart des villes avaient des corporations d'artistes 2 . En 1510, un nommé Georges Formentel fonda l'Académie de peinture et de sculpture d'Anvers; il lui donna pour emblème une
[Histoire de Bruxelles, III, 263); Nicolas Rombouts, de Bruxelles (note 6, p. 78) ; Pelgrim Roesen (Histoire de Bruxelles, III, 264) ; Jean Assays; Jean Offhuus ou Ofhuys ; Corneille Tamburch [voir, pour ces trois derniers artistes, les notes 6, p. 75, 2 et 5, p. 76) ; le fameux anabaptiste David Jorisz, de Gand (Moreri. —D'autres le font naître à tielft) ; Gaultier et Georges de Flandre, qui firent en Toscane, pour le duc de Florence, quantité de belles verrières, d'après les dessins de Vasari (Vasari, IX, 347) ; Corneille Rombouts, verrier de Charles- Quint ; et son successeur, Nicolas Van Coninxloe, dit Schernier. Ce dernier fut nommé le 20 août 4527. M. Wauters, Roger Van der Weyden, Revue universelle des arts, 1. c, 96, note \ . — Il était sans doute fils du peintre Corneille, qui figure dans le compte des obsèques de Philippe le Beau. (M. Gachard, Anal. hist. t 1. c, V, 340). — Ce fut un bourgeois d'Anvers, Aert Van Oort. deNimègue, dit Guicciardin, qui inventa l'art de cuire et de colorer le verre cristallin.
1 Descamps, Vie des peintres flamands, allemands et hollandais, I. 92. — M. Alfred Michiels. — D'Argenville. — Siret, etc.
a Histoire de Bruxelles. — M. Devillers, 1. c, 66.
colombe portant un rameau d'olivier dans le bec et volant vers l'arche de Noé , avec cette légende : Ecce gratia. Il est assez probable que cette institution fut établie sous les auspices de la confrérie de Saint-Luc, existante déjà au commencement du xv e siècle l .
Guicciardin nous a laissé une liste des peintres renommés en Belgique dans la première moitié du xvi* siècle. C'étaient : Quintin Matsys, simple ouvrier élevé par son génie à l'intimité d'Érasme et à l'admiration de ses contemporains et de la postérité; suivant les traditions, c'est l'amour qui de l'habile forgeron fit un grand peintre 2 ; — Josse de Clèves, ou plutôt Joseph Van Cleef, d'Anvers, regardé comme le meilleur coloriste du temps 8 et qui fut chargé à la cour de France de peindre les portraits de la famille royale; — Bernard Van Orley, ou plutôt d'Orley 4 , de Bruxelles, peintre de Marguerite d'Autriche et de Marie de Hongrie 5 , ami de
1 M. J. C. E. Van Ertborn, Notice sur VA endémie d'Anvers. 1 Connubialis amor de mulcibre fecit Apellem.
3 Descamps, 1. c, I, 64. — Vasari, 1. c, 343.
* Bernard d'Orley, et non Van Orley, comme on Ta flamandisé à tort, était sans doute parent de Bernard d'Orley, écuyer, seigneur de Seneffe, de Tubize, conseiller et panetier de Philippe le Beau, bailli de Nivelles et du roman pays de Brabant, dont les Archives possèdent des comptes de 4 498 à 4505. Le fils de celui-ci, Philippe d'Orley, dont il a été et dont il sera souvent question, fut aussi bailli de Nivelles et du roman pays de Brabant. On trouve encore un Englebert d'Orley, écuyer, bailli de Bouvignes, dont on a des comptes de 4459 à 4484, et un Jean d'Orley (ou Dourley, comme s'écrit quelquefois dans les comptes le nom du peintre), chevalier, seigneur de Beaufort, prévôt de Luxembourg, dont il existe des comptes de 4464 à 4463. Enfin, on trouve un d'Orley justicier des nobles dans le Luxembourg.
5 « A maistre Bernard Dorlich, painctre de madame, la somme de cinequantecinq livres, pour certaines belles painctures et tableaux que luy a fait. » Compte de J. de Marnix de 4524 (n° 4800), f° ij c xxvij v° .
« A Bernard d'Ourlech, painctre de madame, la somme de quarante livres,
Raphaël et d'Albert Durer, et non moins célèbre par ses cartons des tapisseries dont Charles-Quint et sa tante ornaient leurs palais, que par ses tableaux d'histoire; — Jean de Béer et Mathiàs De Cock, d'Anvers; — Simon Benninck, Gérard et Lancelot Blondeel, de Bruges, tous trois habiles et dont le dernier excella dans l'art de rendre les effets de lumière 1 ;
pour le récompenser de certaines painctures qu'il a naguères faictes et livrées à icelle dame. » Compte de J. de Marnix, de 4526 (n° 4802), î: vj xi vj *°.
a A maistre Bernard Dorlet, painctre de feue madame, la somme de quatrevingt-deux livres, pour son paiement des parties d'ouvraiges de son mestier cy-après déclarées, lesquelles il a faictes, furnies et livrées, par expresse ordonnance de madite feue dame, du temps de son vivant, ainsi quesensuit : premier, ung grant tableau exquis sur bois, fait à huille, composé et ordonné par madite feue dame, sur la vertu de Parieve (?) duquel tableau madite feue dame fayt don à monsieur le comte d'Hocstraete , pour icelluy mectre et poser devant la cheminée de la chambre où elle se lougeoit au chasteaul d'Hocstraete quand elle y alloit, et aultres sept tableaux de la pourtraicture d'icelle feue dame, donnez, par son ordonnance, assavoir : au prieur de Pouligny ung, à feue madame de Hornes ung, à madamoiselle de Thoulouze ung, à madame de Praet en Galilée à Gand ung, au bailly de Terremonde ung, à ung gentilhomme de Lorraine ung, à monsieur le trésourier Ruffault ung. « Compte de la veuve et des hoirs de J . de Marnix ( n° 4 832 ) , f° ij e iij .
« A maître Bernard Dorlet, peintre de la reine, pour un tableau de la portraiture de la reine, fait après le vif, au mois de février 4532, duquel elle a fait don à la comtesse de Salm, 43 livres. — Pour trois autres pareils tableaux faits au mois de juillet 4533, lesquels elle a retenus en sa chambre, pour en faire son noble plaisir, 39 livres. — Pour les portraits de l'empereur, du roi des Romains, de la reine et de mademoiselle Lucrèce, 52 livres. — Pour deux portraits du roi Louis de Hongrie et deux de la reine, 52 livres. — Pour la façon de la portraiture et figure au vif du feu roi Louis, fait sur toile, de la grandeur qu'il estoit en son vivant, 28 livres. — Pour la façon de la portraiture et figure au vif de la duchesse de Milan, fait sur toile, de la grandeur qu'elle est, 30 liv. — Pour un portrait de M. de Sempy, 43 liv. — Pour un portrait du roi Louis, 43 liv. ù (Compte de Jean de Ghyn, penninck-maltre de la reine Marie, pour Tannée 4535, aux Archives de Lille. Rapport de M. Gachard, précité.)
* Vasari, Le, 343. — Il y a un beau tableau de ce maître (la sainte Vierge et le Sauveur sur un trône, et d'un côté saint Luc et saint Éloi) dans la cathédrale de Bruges.
— Jean Gossart, dit de Maubeuge, protégé par Philippe de Bourgogne, par Marguerite d'Autriche et par Charles-Quint; il porta d'Italie en Flandre Fart de peindre le nu et les sujets poétiques \ » et acheva la révolution que l'enthousiasme pour les grands maîtres italiens avait produite en Belgique;
— Joachim Pattenier, de Dînant, le premier peut-être qui, dans le paysage, étudia uniquement la nature; — Henri de files, ou Met de Blés, de Bouvignes, imitateur et quelquefois émule de Pattenier dans le paysage, disciple de Lucas de Leyde et de Maubeuge dans les tableaux d'histoire; — l'architecte Pierre Coeck, d'Alost 2 , moins connu par ses tableaux qui dénotaient une riche imagination, que pour avoir « transporté dans les Pays-Bas la vraie pratique d'architecture 3 ; » — Jean de Galcker, qui s'assimila la manière italienne avec une telle perfection, dit Vasari, qu'il était impossible de prendre ses ouvrages pour ceux d'un Flamand 4 ;
— Charles, d'Ypres 5 ; — *- Lucas Horenbout, de Gand ; — François de Vriendt, dit Frans Floris, surnommé par ses admirateurs le Raphaël flamand, fut le chef d'une pléiade d'artistes qui répandirent dans toute l'Europe la gloire de son nom ; — Martin de Vos, son plus brillant disciple, se fit remarquer non moins par la beauté de son coloris, que par la correction de son dessin 6 ; — Jérôme De Cock, « éditeur des œuvres de Jérôme Bosch 7 et d'autres peintres; » —
1 Vasari, 1. c, 344.
* Voir sur cet artiste Bulletins de l'Académie, XII, 4 K partie, 54 .
3 Guicciardin. — Il a fait aussi de magnifiques cartons pour des tapisseries. Vasari, IX, 344. — * Ibid., 343. C'est à cet artiste que Von doit les dessins du livre d'anatomie de Vésale.
5 Descamps, I, 54. — 6 Vasari, 1. c, 345.
7 J. Bosch, dont le véritable nom est Jérôme Van Aeken, naquit à Bois-le-Duc vers H70, et y mourut en 4546. Voir M. Pinchart, Archives, 267.
Louis Van Hort ; — Jacques Grimmer, paysagiste, qui reproduisit les environs d'Anvers '; — Jean Bol 2 , Crespin et Henri Van den Broeck, dits Paludanus, de Malines, qui furent accueillis à la cour de Florence; — Michel Coxie, de Malines 3 , célèbre, de son temps, par la gravité de ses compositions et par la physionomie sévère et virile de ses personnages 4 .
Parmi les femmes artistes, Guicciardin cite : Susanne Horenbout, sœur de Lucas ; attirée par de brillants avantages à la cour de Henri VIII, elle mourut en Angleterre ; — Claire Skeisers, de Gand, qui, dit-on, mourut vierge à l'âge de 80 ans 5 ; — Anne Segher, d'Anvers; — Lievine, fille de Simon Benic, de Bruges, appelée aussi en Angleterre par Henri VIII et honorablement mariée par ce prince ; — Catherine Hemssem, fille de Jean ; cette artiste et son mari, Chrétien, qui était musicien, plurent tant à Marie de Hongrie, qu'elle les emmena en Espagne 6 ; — Marie de Bessemers, de Malines, veuve de .Pierre Coeck; — et Anne Smyters, de Gand, femme du sculpteur et architecte Jean de Heere, et mère du peintre Lucas de Heere.
Que de noms à ajouter encore à cette liste , sans même avoir la prétention de les citer tous ! Les trois descendants de l'illustre Roger Van der Weyden, de Bruxelles, appelé
• Descamps, I, 57. — Il fut reçu dans la confrérie de Saint-Luc, en 1546.
2 Descamps, 81 .
3 Histoire de Bruxelles, III, 46.
4 Vasari, 1. c, 345. — « Il pénétra si avant dans le sentiment et dans les secrets de l'école romaine, qu'une Sainte Barbe, touchée par ce pinceau flamand, et conservée à la Pinacothèque de Munich, pourrait à la rigueur être prise pour un Raphaël. » M. Fortoul, Histoire de l'Art en Allemagne, II, 484.
5 Vasari, 1. c, 346.
6 Guicciardin. — Vasari. —«En somme, ajoute ce dernier, beaucoup d'autres Flamandes ont exercé le même art avec distinction. » IX, 347.
aussi Roger de Bruges : Pierre Van der Weyden ; — Gosuin Van der Weyden, petit-fils de Roger (il peignit, à l'âge de 70 ans, la Mort et l'Assomption de la Vierge, qui se trouve au Musée de Bruxelles); — et Roger Van der Weyden, auquel on a longtemps attribué une partie des œuvres de son prédécesseur homonyme î ; — Pierre Bovelant, Simon Portugalois, Arnoul Vandervekene, Corneille Van Berghem, François Dreyselere, Ange Ingelssone, Henri Simons, que Gosuin Van der Weyden reçut successivement comme élèves dans la célèbre confrérie de Saint-Luc à Anvers, de 1503 à 1517 2 ; — Jean Hervy, auteur des dessins de la belle grille de fer qui entourait autrefois le mausolée de Marie de Bourgogne , ainsi que de la custode ornée de huit grands blasons qui le recouvrait 3 ; — Jean Vermay, ou Vermeyen, de Malines, portraitiste distingué 4 , qui accompagna Charles-Quint en Afrique, reproduisit la conquête de Tunis dans de grands tableaux conservés par la ville des empereurs, au Belvédère et au palais du prince Eugène, où sont déposés les trophées enlevés aux Turcs 5 ; — Grégoire Vellemans, chargé, en
1 Voir les curieuses et savantes notices que M. A. Wauters a publiées sur Roger de Bruges dans le Messager des sciences historiques, ann. 4846, et dans la Revue universelle des arts, I et IF.
a M. Wauters, Roger Van der Weyden. Revue universelle.
3 « Je, Jehan Hervy, peintre, demourant à Bruges.... »>M. A. Pinchart, Notice historique sur Pierre Debeckere. Bulletins de l'Académie, XVIII.
* « A Jehan Vermeyn, Jehan Van Vassele et Paul Tubach, painctres, demourans à Malines, la somme de trois cens soixante dix livres ung sol, pour les painctures de cottes d'armes, blasons et au 1 très parties de leur stil et art qu'ils ont faites et délivrées pour le fait des obsèques de ladite defifunte. » Compte de la veuve et des hoirs de J. de Marnix, de 4534 (n° 4832), f° viij « *°.
Voir M. A. Pinchart, Tableaux et sculptures de Marie de Hongrie. Revue universelle des arts. Mai 4856.
Marguerite lui donna une pension annuelle de cent livres.
5 De Hammer, Histoire de l'empire ottoman, l. xxviii.
1829, par le magistrat de Malines de peindre le couronnement de Charles-Quint ! ; — Jacques Van Laethem, peintre de l'empereur ; — Jacques et Jean Van Battele 2 qui, en 1517, peignirent pour Malines, un portrait du jeune souverain des Pays-Bas 3 ; — les paysagistes et peintres de genre Martin Willemsz, d'Heemskerk, dont il prit le nom, et François Mostaert 4 ; — Jean Schoof, chargé en 1514, par le magistrat de Malines, d'exécuter un tableau représentant le grand conseil tel qu'il avait été établi par Charles le Téméraire 5 ; — Jean Leboucq, héraut de l'empereur, portraitiste; — Jean de -Bois-le-Duc, qui exécuta pour Marguerite d'Autriche « ung beau tableau de paincture 6 ; — Jean Van Coninxloe ou Scher-
• Voir t. IV, page 270, note 6.
a « A maistre Jacques Van Laethem et Jehan Van Battele, painctres, pour cent petitz blasons armoyez et couronnez aux armes dudit feu roy d'Angleterre ( lors de ses obsèques à Coudenberghe), au prix de deux sols six deniers pièce, xij livres x sols. » Compte de J. Micault, de 4509 (n° 4880).
« A Jean Van Battele, painctre, demourant à Malines, la somme de quatorze livres dix sols dudit prix, qui deue lui estoit pour les bois, ferrage, or, asur et aultres couleurs et aultres parties qu'il a faites, vendues et délivrées, pour en acoustrer et paindre des armes de mondit seigneur et d'autres plaisantes painctures, et ung chariot pour mesdames ses sœurs, pour aller jouer dessus à leur plesir et passe tems. » Ibid.
« A maistre Jacques Van Laethem, varlet de chambre et painctre du roy, la somme de ix c xiij livres xj sols. » Ibid., de 4546 (n° 4882).
« A maître Jacques Van Laethem, valet de chambre et painctre du roy, iiij c xxxviij livres viij sols. » Ibid. t de 4547 (n° 4883).
« A maistres Jacques et Jehan Van Batelle, painctres, pour leurs parties * qu'ils faisoient lors pour la feste du Thoison d'or, ij c livres. » Compte de Henri Stercke, de 4543 (n« 4894).
3 Azevedo. — 4 Vasam, IX, 342 et 343.
5 Azevedo, ad ann. 4544.— Ce tableau, placé dans l'église de Saint~Rombaut, fut détruit par les iconoclastes. Pontus Heuterus, V. cap. 9.
6 « A maistre Jehan , de Bois-Ie-Duc, painctre, qui a donné à madame ung beaul tableau de paincture, x carolus. » Compte de J. de Marnix, de 4529 (n° 4805), f° iiij "xix.
nier, le même probablement qui, sous le nom de Jean de Bruxelles, aidait, en 1502, François d'Anvers à décorer la cathédrale de Séville, et qui travailla fréquemment pour le souverain et pour la ville de Bruxelles; — Gaspard Van Goninxloe - 1 ; — Corneille Schernier, qui peignit et dora la voûte et les petits tabernacles de la chapelle du Sacrement de Miracle, à l'église de Sainte-Gudule 2 ; — Guillaume Scrots, peintre de Marie de Hongrie, qui lui alloua une pension de six sous par jour 8 ; — Gérard Horenbout, de Gand, qui exécuta pour Marguerite d'Autriche d'importants travaux 4 , et devint premier peintre de Henri VIII ; — Éverard Hasembourg et Lucas de Heere, de Gand, tout à la fois artiste et littérateur; — Jean Stradan 5 , Michel Van Vlieten 6 , Pierre Claeyssens, Marc Geerarts, de Bruges; — Dirk, de Louvain 7 ; — Roland Maille 8 ; — Vanderstoct ou Vanderstocht ; — Jacques de Kempeneer; — Jean Colairt 9 ; — Joseph
* M. Wauters, Roger Van der Weyden, 1. c. — ' Hist. de Bruxelles, III, 264. « Vingt livres payées à Jehan , de Bruxelles , painctre , pour son sallatre ,
labeur et façon de vingt-sept patrons de seaulx, faiz par ordonnance de l'empereur à ses armes, pour selon iceulx graver les seaulx dont il entendoit faire user en ses chancelleries. » Compte rendu, en 4524, par la veuve et les héritiers de Philippe Haneton , des droits et émolumens du sceau de l'empereur (n° 20444), Miiij T °. Archives du royaume.
S M. Gachard, Rapport sur les Archives de Lille, 42, — M. A. Pinchart, Tableaux et statues de Marie de Hongrie, 1. c.
4 M. A. Pinchart, Archives des arts, des sciences et des lettres.
4 Vasari, IX, 343.
6 « A Michel Van Vlieten, painctre demeurant à Bruges, la somme de dixhuit livres, v Compte de la veuve et des hoirs de J. de Marnix (n° 4832), f»viij « xiij.
7 Vasari, I. c.
* « A maître Rolland Maillé, painctre, demûdrant à Bruxelles, la somme de deux cent soixante quinze livres dix-sept sols, pour les parties par luy faites et livrées pour les obsèques de feu l'impératrice. » Compte de Henri Stercke, de 4540 (n« 4890). — •• M. A. Walters, 1. c.
Van Liere, de Bruxelles; — Jacques de Backer, Joacbim Beuckelaer, d'Anvers; — Jean Van Vassele \ Paul Tubach a , Henri Van Muysen 3 , Lucas et Martin de Valckembourg, Jacques de Poindre, Corneille Enghelrams, Marc Willems, de Malines; — Lambert Lombart, ou Susterman (Suavius) de Liège, déjà cité comme architecte, que Vasari range parmi les peintres fameux de son époque; — Lucas Gossel Van Helmont, Arnould de Béer, Adrien 4 , François Crabeth, Grégoire Beerings 5 , François de Jonghe 6 , Gaspard Everart, qui restaura, en 1545, les écussons des chevaliers de la Toison d'or placés dans le chœur de Sainte- Waudru 7 .
* •< A maistre Jehan Van Vasselle, le paintre, xxiiij ducatz. » Compte de Jean de Douvrin, de 4546 — « A Jehan Vasselle, paintre, demourant à Malines, la somme de vj « v livres du pris, pour la fachon de son mestier, d'avoir verny et doré le chariot triomphant, les personnages, etc. (obsèques de Ferdinand d'Aragon). » Compte deJ. Micault (n°4882).
a « A Paul Tubach, paiuctre, archer de corps de madame, la somme de quatre livres, en paiement de frais et labeurs qu'il a faicts et suppourtez à dorer les bords de deux pièces de bourdures, selon que icelle dame lui avoit donné de charge. » Compte de J. de Marnix, de 4526 (n° 4802), f° ix xx x.
« A Paul Tubach, painctre, la somme de trois livres, pour plusieurs blasons qu'il a faiz pour verrières au cloistre de madite dame des Sept-Douleurs, lez la porte des Asnes à Bruges. » Ibid., f° ij e *° ij.
« A Paul Tubach, archer de corps de madame, la somme de douze livres, pour certaing ouvraige de paincture qu'il lui a fait. » Ibid., de 4527 (n° 4803), f° ciij vo.
3 « A Henry Van Muysen, painctre, demourant à Malines, pour la façon de cxxxij blasons de l'empereur, pour mettre sur les coffres que l'on envoyoit en juing xxvij, et pour le blanc fer, xxj livres vj sols. » Revenus et dépenses de Charles-Quint, 4520-4530, f° ij c iiij " xj.
* « A Adrian, painctre, pour avoir, à l'ordonnance de messieurs du conseil, pourtraict l'artillerie estant au chasteaulx de Luxembourg , pour envoyer à monsieur de Nassouw, luy payé pour les paines ung florin cinq gros iiij deniers. » Compte de Jacques de Laitre, de 4520-4524 (n° 2635), f° xx.
5 Voir Descamps, pour la plupart de ces derniers peintres.
6 Compte de J. de Marnix, de 4523, f°« vij et vij *°. — Voir chap. XXXVI.
7 M. Devillers, 1. c.
Beaucoup de ces noms sont oubliés; beaucoup de ces œuvres ont disparu, au milieu des tourmentes qui mainte fois faillirent engloutir la Belgique. Cependant quelques-uns de ces peintres méritent de contribuer à la célébrité dont l'école flamande n'a cessé de jouir auprès de l'étranger '. « C'est des Pays-Bas, dit Guicciardin, qu'on voit se répandre des maîtres et artistes parfaits en Angleterre, en Allemagne, notamment en Danemark, en Suède, en Norwége, en Pologne et dans les autres pays septentrionaux, sans parler de la France, de l'Espagne et du Portugal, où les appellent souvent les princes, les seigneurs et les villes, qui les comblent de présents; ce qui est non-seulement merveilleux, mais encore honorable pour ces hommes et pour leur patrie. » — « Les Belges, dit l'ambassadeur vénitien Badoaro, excellent plus qu'aucune autre nation à peindre le paysage et les animaux 2 . »
La sculpture présente une série tout aussi brillante d'habiles maîtres : Jean de Daele, sculpteur et poète; — Pierre de Beckere, auteur du tombeau de Marie de Bourgogne
1 On Ht dans les comptes des dépenses de François I er , 2 décembre 4529 : « A Jehan Duboys, marchant, demourant à Envers, la somme de sept vingt dix neuf livres dix huit sols tournois, pour son payement des choses qui s'ensuyvent : c'est assavoir : 73 livres 46 solz tournois, pour troys tableaux en toille esquels sont figurez, assavoir : en l'un le fantosme de sainct Anthoine, en l'autre une dancede paisans, et en l'autre ung homme faisant ung ru bec de sa bouche. — 28 livres 44 sols, pour deux tableaux de la Passion, faicts à l'huille. — ■ 67 livres 8 sols, pour quatre aultres tableaux, aussi faictz à l'huille, en l'un desquels sont portratctz deux enffans eulx baisant ensemble ; en ung autre, ung enfant tenant une teste de mort; et en l'autre une dame d'honneur à la mode de Flandres, portant une chandelle en son poing et ung pot en l'autre; lesquelz tableaux ledit seigneur a achaptez, et d'iceulx lait prix avec ledit Duboys, et iceulx à ceste fin, fait mectre en son cabinet du Louvre. » (Archives curieuses de la France, 4 K série, III, 81-82.)
* Relations, 78.
à Bruges l ; — Pierre Dupréau, dit Pierre Marmouzet, auteur des bas-reliefs en pierre blanche qui ornent l'église abbatiale de Vicogne 2 ; — l'architecte Jacques du Brôecq, de Mons, qui était aussi sculpteur et graveur; il orna l'église de Sainte-Waudru, à Mons, d'autels, de bas-reliefs, de statues, et d'un magnifique jubé (détruit à la fin du siècle dernier), et fit de nombreux ouvrages de sculpture et d'architecture pour Marie de Hongrie 3 ; son élève le célèbre Jean de Bologne, et son collègue Jean de Thuin, qui était également un habile tailleur d'images 4 ; Jean Fourmanoir, qui termina le jubé et les stalles du chœur de Sainte-Waudru, et exécuta une partie des bancs avec pupitres destinés aux autorités 5 ; — Jean de Heere, de Gand, l'un des grands sculpteurs de son temps; auteur du mausolée d'Isabelle d'Autriche dans l'église de l'abbaye de Saint-Pierre à Gand, et du jubé de Saint- Bavon, détruit par les iconoclastes en 1568 6 ; son compatriote et son contemporain, François Vandevelde, sculpteur, géographe et géomètre distingué, qui exécuta de beaux retables pour l'église de l'abbaye de Saint -Pierre, à Gand 7 ; — Corneille Floris, aussi célèbre comme statuaire que comme architecte ; il introduisit les grotesques dans les Pays-Bas et fit la décoration du jubé de la cathédrale de Tournai 8 ; — Guillaume Van den Broeck, dit Paludanus,
' M. Pinchart, Bull, de r Académie, XVIII, et Tableaux et sculptures de Marie de Hongrie, Le- Vasari, IX, 347.
* Notice sur le Musée de Valenciennes> 477.
3 Ph. Baert, 1. c, 537. — M. Devillers, 1. c. ~ M. A. Lacroix, Recherches sur Jacques Du Broscq.
4 Pm. Baert. — M. Devillers, 1. c. — 5 Ibid.
6 Descamps, 1. c, 1, 89. — Marc Van Vaermewyck, Historié van Belgie, II. 212. — Ph. Baert.
7 Van Vaernewyck, Spiegeider Nederl. oudtheyt, f cxix»°.
8 Ph. Baert. — Schayes, Histoire de l'architecture.
père des peintres de ce nom, sculpteur fort estimé 1 ; — Lambert Van Eersele, qui exécuta, en 1527, un crucifix en fer, du poids de 1,600 livres, pour la place de Meer, à Anvers 2 ; — Mathieu Mannemaeker, d'Anvers, et Georges Robin, d'Ypres 3 ; — Jean Van Roome, dit Jean de Bruxelles, qui donna les modèles das statues et des figures d'animaux, destinées à orner les bailles du palais des ducs de Brabant 4 ; — Conrad Metz ou Meyt, à Malines, « tailleur d'ymaiges » de Marguerite d'Autriche et de Marie de Hongrie, et peut-être le plus célèbre sculpteur de son temps; on lui doit, entre autres travaux, les belles sépultures en marbre blanc, de l'église de Brou, et des mausolées de Jean II et de Philibert de Châlons, destinés à l'église des Cordeliers, à Lons-le- Saulnier 3 ; — Guyot de Beaugrant, de Malines, auteur du
1 M.. A. Pimchart, 1. c. — « Beeldsnyder gepresen in 't leven. » Voir son épitapfae rapportée par Ph. Baert. — Voir aussi Gciccurdin.
* M. Vissons, letê over Jacob Jongeiinck, 6. — Ce monument fut renversé en 4580.
3 Guigciardin. — * Histoire de Bruxelle», III, 383.
5 « A Conrad Meyt, tailleur d'ymaiges de madame, la somme de xl livres, de laquelle somme madite dame luy a fait don, tant pour achester ung cheval pour aller au couvent de Brouz lez Bourg en Bresse, où elle Ta naguère» envoie pour aucunes ses affaires que pour fournir aux frais et despens qu'il luy conviendra faire auxdits voyages. » Compte de J. de Maraix, de 4524 (4800), f« vj » viij.
« A Conrad Meyt, tailleur d'ymayges, la somme de vingt-deux livres, pour avoir faict une ymaige de bois de la représentation de feu monsieur le duc de Savoye. mary de madicte dame, auquel ouvrage ii a vacqué ung ang, et aussi faict peindre et colorer ladite ymayge. » /Wd., de 4526 (n° 4802), (• c xviij * p .
« A Conrad Metz, tailleur d'ymayges de madame, la somme de neuf livres, pour une ymayge de bois qu'il a faict et taillé de Noire-Seigneur en figure de jardinier. — A luy, la somme de cent livres, pour un tiers d'an de ses gaiges de iij livres dudit pris, à quoy madame a convenu et accordé avec luy pour iij ans durant, moyennant que durant lesdits iij ans il luy rendra faictes et parfaites certaines sépultures de marbre blanc qu'il a promis luy faire et poser en son couvent de Brouz lez Bourg en Bresse. » Ibid., f° viij m vj *° et vij.
« A Conrad Meyt, jadis tailleur d'ymayges de feue madame, la somme de
mausolée de François d'Autriche, dans l'église de Saint- Jacques, à Bruxelles \ et de la cheminée du Franc, à Bruges 2 ; — Jean Borreman , de Bruxelles, qui modela en bois les statues des bailles du palais de cette ville 3 ; — Pierre Kelderman et Guillaume Lessens , également de Bruxelles, qui édifièrent ensemble l'autel de la chapelle du Sacrement de Miracle, à Sainte-Gudule 4 ; — l'architecte Henri Van Pede, sculpteur des sept tabernacles de cette chapelle 5 , ainsi que
cent livres, que, par ordonnance de la majesté de l'empereur et suivant sesdites lettres patentes datées du xxj e jour de mars xv « trente, et Tadvis de messieurs les exécuteurs dudit testament, luy a délivré et baillé en faveur et pour le récompenser des services par luy faits à icelle feue dame pendant le temps qu'il a esté et demeuré avec elle en son service et jusques à l'heure de son trépas. » Compte de la veuve et des hoirs de J. de Marnix, f* ij e Ix *°.
« Il existe aux archives de la préfecture du Doubs, un traité du 23 janvier 4524, conclu avec Conrad Mai, Flamand, et J. B. Marianî, Florentin, maîtres sculpteurs, pour l'érection d'un mausolée du prince Philibert (prince d'Orange), dans l'église des Cordeliers de Lons le Saulnier, moyennant la somme de 40,000 francs. » M. Duvernoy, Annotations de Loys Gollut, 4642, note 3.
1 « A Guinot de Beaulgrant, tailleur d'ymayges, demeurant à Malines, la somme de trente livres, sur et à bon compte de la somme de ij c x livres, à quoy madite dame a convenu et appoincté avecq luy pour une sépulture de marbre blanc et noir, qu'il promet faire et poser en Téglise de Cauberghes à Bruxelles, déans la sainct Jehan prochaine venant en ung an, pour feu mousieur François, frère de aiadicte dame, que sera une figure couchant de la longueur d'ung enfant de xviij mois, ou selon que la pierre le pourra porter, ung coussin soubz la teste et un lyon au pied, et accoustré en linge comme il est au patron, et aux quatre coings de ladite tombe à chacun ung enffant assis de telle longueur que le marbre pourra pourler. — Nouvel à compte de 30 livres. » Compte de J. de Marnix, de 4526 (n° 4802), f°« viij " vj et ix ** xj.
* M. De Hondt, Notice sur la cheminée du Franc. — En 4533, cet artiste était à Bilbao, en Espagne, avec Jean, son frère et son élève. Il exécuta un grand retable pour réghse Saint-Jacques de cette ville. M. Pinchàrt, Archives, I, 263.
3 M. Dbvillers, 1. c.
* Histoire de Bruxelles, III, 322.
5 Ibid., 262.
des chapiteaux et des autres ornements d'architecture ' ; — Alexandre Colin, de Malines, çuteur du magnifique mausolée de Maximilien dans l'église des Franciscains, à Inspruck *;
— Pierre Van Aelst, sculpteur et peintre; il fit, en 1334, le fameux géant d'Anvers 3 ; — Rombaut de Dryvere, de Malines, à qui l'on attribue les tabernacles de Léau et de Tongerloo 4 ; — le célèbre poète Jean Second, qui reproduisit par le marbre les traits de sa Julie, la belle Malinoise, pour laquelle il composa une grande partie de ses Baisers;* — Albert de Brûle ou Van den Brulle, d'Anvers, auquel Venise doit la superbe boiserie du chœur de l'église de Saint- Georges -le -Majeur 6 ; — Jacques Jongelinck, d'Anvers, auteur du mausolée de Charles le Téméraire, à Bruges, et de la statue que se fit ériger le duc d'Albe 7 ; — Jacques Daret 8 ; — Godefroid Van der Loy 9 ; — Edouard Burgot, doyen de la confrérie de Saint-Luc, à Anvers, en 153S l0 ;
— le liégeois François Borset, auteur de la colonnade du palais des princes -évêques, à Liège " ; — Henri Cools, de Herenthals, qui exécuta (1535-1540), dans un style gothique très-délicat et très-orné, le buffet d'orgues de Tongerloo; —
1 Compte de la fabrique, aux Archives de Sainte-Gudule, III.
* Voir la Notice de M. M«° De Ring sur cet artiste. Messager des sciences ' historiques, 4844, 93-433.
3 Geschiedenis van Ântwerpen.
4 PH. BAEBT. — SCHATES.
* Voir le remarquable travail de M. Tissot sur ce poète.
• Ph. Baert.
7 Ibid. — M. A. PlNCHART.
• « A Jacques Daret, tailleur d'ymaiges, la somme de Ixxvj livres viij sols. » Compte de J. Micault, de 4546 (4882). — Voir t. II, p. 459, note 4 .
9 Dietsche Warande, 4 e année.
10 M. Van Straelen, Jaerboek der Sint-Lucas Gilde. " M. Polain, Liège pittoresque, 248.
Jean Van Dyck , auteur du jubé qui séparait le chœur de la nef de l'abbaye de Tongerloo ! ; — J. Van Santvoort, de Malines, auteur des statues et des ornements du tabernacle de cette abbaye 2 ; — Wautier Van der Elstmer, qui exécuta le buffet d'orgues de style ogival tertiaire de l'église Saint Sulpice, à Diest; tandis que Godevaert de Roose et Withem ornaient l'église primaire de cette ville d'un tabernacle et du retable de l'autel Sainte -Barbe 3 ; — Jean More, auteur du retable du grand autel de l'église de Hal 4 ; — enfin, Roch, « excellent ouvrier en son art et fort honneste homme, » lequel, malgré ces rares qualités, fut brûlé vif comme hérétique par l'inquisition d'Espagne 3 .
' Ph. Baert, Manuscrit de la bibl. royale, n° 47652. a Heylen, Hi8t. Verhandelinge over de voornaemste opkomste en voordgcuig der land-bouw in de Kempen, 458, 459.
3 M. Rayemaekers, Notice sur l'église Saint- Sulpice. Messager des sciences hist. 4857. — Van der Elstmer était, en 4560, doyen de la confrérie de Saint- Luc, d'Anvers, M. Van Straelen, 1. c.
4 Splendeurs de l'art en Belgique, 260.
3 Cette histoire du pauvre « imager flamand » est racontée, dans une forme aussi dramatique que naïve, par un auteur contemporain : « En une ville d'Espagne qu'on appelle San-Lucar, demouroit un imager de Brabant appelé Roch, excellent ouvrier en son art, et fort honneste homme. Or, pource qu'il avoit eu quelque petite cognoissance de la vraye religion, il se desplaisoit grandement en son mestier, et pourtant avoit-il désisté de faire images pour idolâtrie et superstition, et n'en faisoit plus que quelques-unes d'excellence et où on peust voir quelque singularité de son ouvrage. Un jour il avoit fait une image en bois de la Vierge Marie, d'un excellent artifice, et la tenoit en sa boutique exposée en vente. Un des inquisiteurs qui passoit d'aventure, la vit et luy demanda combien il la faisoit. L'ymager lui dit le prix; l'inquisiteur n'en offrit pas la moitié. L'autre luy dit que s'il la bailloit pour ce prix, après y avoir mis tant de temps et de peine, il n'y gagnerait pas de Teau à boire. L'inquisiteur dit qu'il n'en baillerait pas davantage* et qu'il la devoit avoir néantmoins. Vous l'aurez, dit l'imager, si vous en donnez prix raisonnable, mais autrement je la rompray plustôt que de la bailler pour le prix que vous dites. Rompez-la pour veoir, dit l'inquisiteur. Alors Roch prit un de ses outils le premier qu'il trouva, et le jeta
L'invention de l'imprimerie n'avait pas détruit immédiatement Fart des calligrapbes et des enlumineurs; il existe encore beaucoup de manuscrits copiés et enluminés, au commencement du xvi* siècle, pour Marguerite d'Autriche \ qui accorda, en 1523, un subside 4e 120 livres de 40 gros, monnaie de Flandre, à Gauthier Ghastelain, « pour faire grosser la chronique écrite par son père 2 . » D'autre part,
contre son ouvrage, de sorte qu'il luy rompit un peu du visage. Tout soudain il fut mené en prison comme s'il eust commis quelque grand crime. Quoy, disoit-il, n'est-il pas en ma puissance de deffaire et de refaire mon ouvrage à mon plaisir; elle ne me plaisoit pas ainsi, je la vouloys refaire autrement. Mais tout ce qu'il allégua n'eut point de lieu, on ne le voulut point ouyr. Trois jours après il fut mené au supplice pour estre bruslé comme hérétique, à cause qu'il a voit blecé la Vierge Marie. Adonc comme il estoil prest d'entrer dedans le feu, il demanda à haute voix s'il y avoit pas là de Flamants. Quelques-uns qui estoyenl présens respondirent qu'ouy, et qu'il y avoit au port deux navires qui n'attendoient que le vent pour s'en aller en Flandres, et partant s'il y vouloit mander quelque chose, qu'il le dist franchement, qu'ils feroient fidèlement tout ce qu'il leur diroit. Las ! rien autre chose, dit-il, sinon que vous annonciez à mon père qui demoure à Anvers, que j'ay esté bruslé en ceste ville, mais non pour autre chose que pour ce que vous avez ouy. Ainsi fut bruslé ce pouvre homme. Et afin que vous ne pensiez pas que ce soit fable ce que je vous dy, j'ay moH-méme cherché diligemment à Anvers, à cause que la chose me semblent trop estrange, sy je pourrais trouver quelque certitude de ceste histoire, et si les maîtres de ce mestier là en avoient ouy quelque chose; j'ay trouvé à la fin les parents de Roch, qui avoyent demouré avec luy en Espagne et en Anvers, lesquels m'ont asseuré en la sorte que je vous l'ay racontée. Mesme il m'ont dict que le père de Roch en estoit mort de tristesse. » De l'estat du pais bas et religion d'Espagne, par François du Cmbsnb (Enzihas) ; Sainte-Marie, MDLVIU, 473-474.
1 Voir les Manuscrits de la bibliothèque de Bourgogne.
* Revenus et dépenses de Charles-Quint, f* ij • iiij ». — De 4460 à 4547, on a trouvé les noms des enlumineurs suivants, dont les ouvrages sont inconnus : Coppin; Jacob, l'enlumineur; Etienne Toetsoen; Nicolas Knodde; Barbet Boons, à la Vigne; Germain Yiellaert; Théodore, fils de Jacques Van Gavere; , Thiebaud, l'enlumineur; Louis Liedet; Guillaume Vrelant; BertinetteYweins; ]ss femme de Jacques Lantsheere; Philippe de Marcke; Arnould de Cat; Clovekin, l'enlumineur; Jean Spierinck; Lievin Jaumaert, de Gand; Jean Moke;
l'invention de la gravure en taille-douce par l'orfèvre Finiguerra, élève de Ghiberti, et les travaux de Marc Antoine, d'Albert Durer et de Lucas de Leyde, avaient exercé trop d'influence pour que les artistes de nos contrées demeurassent étrangers à ce merveilleux progrès. Lucas de Leyde surtout modifia la manière des graveurs et des peintres; la vérité de la perspective et celle du clair- obscur, source spéciale de sa grande réputation, restèrent « le principal sujet d'études, et l'on pourrait dire le patrimoine de l'école des Pays-Bas 1 . »
Philippe, l'enlumineur; Martin Van Axele; Jean Van Veldekens, dit Moens; Simon, l'enlumineur; Jean Macquardt, de Lille; Antoine de Trumper; Michel Mertens; Pierre Van Niederblyk; Raphaël de Busere ; Fabien, le peintre; Louis de Block ; et Simon Benninck, que Guicciardin range parmi les peintres, et dont le fils devint peintre de Henri VIII. (M. le chanoine Desmet, Quelques recherches sur nos anciens enlumineurs et calligraphes. Bulletins de l'Académie, XV, 2 e partie, 76.) On peut citer encore : Everard Hasembourg, de Gand [Voir t. IV, p. 393); Gérard Horenbout; Thierry Jacobssone; Arnould Gelasemekere; Adrien Reyniers, de Bruxelles (M. A. Pinchart, Archives. — Biographie) ; Jean de Roovere (« A Jehan de Roovere, illumineur, ci-devant clerc de l'oratoire de la royne de Portugal, la somme de dix-huit livres de xl gros, monnoie de Flandre, laquelle somme madite dame, par ses lettres patentes en date de ix e jour du mois de décembre xv « xxvj, luy a ordonné prendre et avoir d'elle pour une fois en paiement de deux pièces dillumineure qu'elle luy a fait faire pour mectre en tableaux. » Compte de J. de Marnix, de 4526 (n° 4802), f° ij c xiij *°) ; Jérôme de Roovere (M. Pinchart, Archives, II, p. 24); Corneille le Lorimier, qui devint un des promoteurs de l'inquisition (Ibid., I, 97; II, 24); Guillaume Dulken; Jacques Voewaters; le chroniqueur Égide ou Gilles Van der Hecken, de Bruxelles; (M. A. Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, III, 698) ; et le chroniqueur Gilles de Wilde, qui orna ses ouvrages de riches miniatures. (M. Goethals, Lectures, I, 32.)
1 Éméric David, Histoire de la gravure. — Voir aussi la remarquable Notice de notre ami Félix Stappaerts, sur Y Histoire de la gravure dans les Pays-Bas. (Revue de Belgique, 2« série, III).
Parmi les graveurs belges de la première partie du xvi e siècle, brillent Théodore de Bry, de Liège, que recommande sa manière délicate; les peintres Henri Van Cleef, Lancelot Blondeel , Lambert Lombart, Jérôme Bosch, Jérôme
Pour juger combien le goût des lettres et des arts régnait alors aux Pays-Bas, il suffit de rappeler qu'on y comptait deux cents cabinets de médailles. La collection formée à Bruges, par les deux frères Lauwerein, seigneurs de Watervliet, connus sous le nom de Laurini, et d'après laquelle Hubert Goltzius a fait ses magnifiques ouvrages, était telle, que celle d'aucun souverain ne Fa dépassée. Malheureusement les guerres civiles la dispersèrent 1 . L'industrie se ressentit
Gock (Éméric David. — M. F. Stappaerts); le sculpteur Jacques du Broecq (Guicciardin); Josse Lambert, de Gand, tout à la fois grammairien, poôte, imprimeur et graveur {Messager des sciences historiques, 4842, 36); Jean Liefrinck, qui exécuta une suite de planches représentant le siège de Heynsbergh, en 4543 (d'Anvers il alla s'établira Leyde, où il exécuta les dessins de la monnaie obsidionale, eh 4574. Voir les Berichten de la Société d'Utrecht, 2 e partie, 4 J ; et les graveurs sur bois Hubert De Croc (M. A. Pinchart, Archives des Arts) et Lambert Boss (M. Van derHaeghen, Bibliographie gantoise).
' M. Octave Delepierre, Guide dans Bruges, 46, ad ann. 4545. — Aussi les graveurs de sceaux et de médailles sont-ils nombreux à cette époque, ce sont : Thomas Grammaie, « maître général des monnoies des Pays-Bas, » qui, avec Thomas Muller, essayeur de la monnaie d'Anvers, fut envoyé à Bayonne en 4530, pour recevoir la rançon des fils de François 1 er ; l'orfèvre Augustin de Wynter, de Bruxelles, qui grava les sceaux du conseil d'Artois; l'orfèvre Marc de Blasere, de Bruges ; l'orfèvre Antoine de Gruter, de Matines ; l'orfèvre Pierre Huzuweel, de Bruxelles ; l'orfèvre Rombaut Van den Dorpe, de Malines, qui grava le sceau et le contre-sceau du grand conseil ; l'orfèvre Gilles Horrion ou Horioen, qui grava le sceau de Philippe H, à son avènement au duché de Brabant, en 4555; l'orfèvre Philippe Van den Berghe, de Bruges, qui fut appelé aux fonctions de conseiller et maître général des monnaies des Pays-Bas (4500- 4540) ; l'orfèvre Henri Van der Maelen, qui grava le sceau et le contre-sceau du Brabant, en 4524; le poète et sculpteur Jean Second, qui a gravé un assez grand nombre de médaillons et de médailles; Frédéric Groes ou Croos; Jean Pollet, graveur ou tailleur des coins de la monnaie de Flandre ; Pierre Noirot, qui le remplaça dans ces fonctions, en 4504; Jean Noirot, qui fut appelé aux mêmes fonctions en 4523, après avoir été essayeur de la monnaie de Flandre, et qui organisa, en 4 525, la nouvelle monnaie de ce comté. [Revenus et dépenses de Chartes-Quint, 4520-4530, f° ij e xlv *°. Il devint, en 4535, conseiller et maître général ordinaire des monnaies des Pays-Bas. ) L'orfèvre Jean Van der Perre, son successeur, qui exécuta un grand nombre de sceaux; Claude V. 5
de ce mouvement intellectuel. « Il y avait à Anvers, rapporte Guicciardin, cent vingt orfèvres, outre un grand nombre de lapidaires et autres tailleurs et graveurs de pierreries, lesquels, ajoute-t-il, font des œuvres admirables '. »
Noirot, qui fut graveur de la monnaie de Hollande, et exécuta la gravure du nouveau carolus, frappé en 1554; Jean Van der Meer, graveur de la monnaie du Vroenhoven, à Maestricht; ses successeurs, Ulric Peeters, qui exécuta, en 4524 , les coins des nouvelles monnaies d'or, Jean Haesen et Laurent Alaerlsz ; Torfévre Corneille Plum, de Namur, qui occupa la charge de graveur des coins de la monnaie de cette ville ; Lievin Vau Laethem ; le sculpteur Pierre de Beckere; Antoine Van Trier, qui, « après avoir passé ses preuves de son idonyté, » fut nommé « tailleur des coingz et fers » de la monnaie de Campen ; Jacques Jongfaelinck, non moins estimé comme graveur de sceaux et de médailles que comme sculpteur; Torfévre Thomas Van Gheer, d'Anvers, qui exécuta, en 4 556 et en 4556, les sceaux et les contre-sceaux de Philippe II; Jacques Zagar (1554-4573) ; et le plus célèbre de tous, Jean Van Vlierden, dit Van Nymmeghen, l'habile orfèvre, qui fut graveur des monnaies de Malines et d'Anvers; il exécuta un grand nombre de matrices pour les ateliers monétaires du Brabant, de la Gueldre et de la Hollande, et plusieurs sceaux pour Philippe le Beau et pour Charles-Quint. Voir le consciencieux et intéressant travail de M. A. Pwchart, Biographie des graveurs de sceaux, de médailles et de monnaies des Pays-Bas, publié dans le Messager des sciences historiques. — Nous n'avons pas compris dans cette liste Corneille de Bont, qui mourut vers 4504, après avoir exécuté la plupart des sceaux de Marie de Bourgogne et de Maximilien.
1 Parmi les orfèvres de cette époque on cite : Pierre Leconte, Augustin de Wynter, Pierre Huzuweel, Gilles Horrion, Jean Van der Perre, tous de Bruxelles, et la plupart déjà mentionnés comme graveurs de médailles, ainsi que plusieurs des orfèvres qui suivent (Histoire de Bruxelles. — « A maistre Jehan Van der Perre, orfèvre, demourant a Bruxelles, pour vasselle d'argent; item, uneéguière couverte; item, deux chandeliers pour la chappelle; item, deux bassins d'argent doré et une tasse dorée. — A luy, pour l'orfèvrerie dorée et blanche qu'il a faite pour les cent sayons des archers pour aller à Aix. — A luy, pour l'orfèvrerie du savon du capitaine desdits archers. — A luy, pour l'argent et façon de deux flacons d'argent que l'empereur a fait prendre dertuy et mettre en sa chambre des joyaulx. — Pour l'argent et façon de iiij m de jectons, délivrés aux archevesque de Palerme, vice-roy de Naples, comte de Gavre, et maître Laurent du Blioul, audiencier, en l'an xxij. — Pour ix mille de jectons d'argent pour madame et ceulx des finances de l'année xxiij et
L'orfèvrerie, digne, à cette époque, d'être rangée dans la noble famille des beaux-arts, ne fut pas la seule branche de
aultres de cuyvre. » Revenus et dépense* de Charles-Quint, 4520-4530, f° ij c iiij " xij *°) ; Marc de Blasere, de Bruges, un des artistes chargés de l'exécution des magnifiques reliquaires de l'église de Brou (M. A. Pinchart, Biogr.)\ Philippe Van den Berghe, de Bruges, qui, de 4499 à 4506, livra à Philippe le Beau, pour F usage de sa cour, de sa chapelle, et pour présents offerts à des ambassadeurs, des objets d'orfèvrerie et de la vaisselle, payés plus de 400,000 livres de Flandre, etc. («A Marc de Blasere, orfèvre, demourant à Bruges, pour For, argent et façon de deux grands bar rets d'or, et de deux torchiers sans dorure, et pour les custodes qui furent faits en Fan xxj, et délivrez en la garde des joyaulx de l'empereur. — A luy, pour or et la façon d'avoir reffait ung petit signet pour le fait des finances. » Rev. et dtp,, f° ij « iiij « xiij) ; Corneille De Witte, Léonard Vertellen et Jean de Thillye, orfèvres de Bruges, qui furent employés par le gouvernement « touchant le fait des monnoies ; » Alexandre Van Bruxelles, Martin De Wille et Van Velde, orfèvres d'Anvers, qui furent chargés d'estimer les joyaux laissés par Maximilien (Ibid., f° ij « xxxix ▼") ; Jean Noirot, qui exécuta, pour Marguerite d'Autriche, un magnifique calice d'or, orné de pierreries et de fines ciselures; Corneille Plum, deNamur; Etienne Cappelle (voir t. IV, p. 244, note 4). Alexander, Thomas Van Gheer et Aert Van Bynevelt, d'Anvers (Revenus et dep. de Charles- Quint, (° ij « iiij m xij); Jean Van Vlierden , dit Van Nymmeghen, cet « ouvrier plein d'apparence, » que Jean Lemaire invoque dans sa Couronne Maryaritique (M. Pinchart, 1. c. — En 4526 Charles-Quint le chargea d'exécuter deux belles coupes en argent doré, qu'il donna à l'ambassadeur de Suède. Revenus et dépenses de Charles- Quint, f° ij c lix v °) ; Jean de Coster, de Malines, qui cisela un saint Bomhaut, en argent doré, sur la coupe que cette ville offrit, en 4545, à la comtesse de Nassau (Ce travail lui fut pajé 25 livres 44 escalins 2 deniers. Azeveoo) ; Antoine de Gruter, également de Malines ; Pierre de Beckere , de Bruxelles, Fauteur du mausolée de Marie de Bourgogne, à Bruges (Pieteren de Beckere, goutsmet, wonende in deser stadt van Brussel..., van dat hy over xviij of xx jairen geleden, gewacht, gesneden ende vergult hadde die tombe ende sepulturen van wylen vrouwen Marie, hertoginnen van Oostrycke ende van Bourgongnien, enz... — Voir la Notice de M. Pinchart sur cet artiste. Bulletins de l'Académie, XVIII) ; le sculpteur et graveur Jacques Jonghelinck; le géographe Jacques Surhon ; Bomba ut Van den Dorpe, de Malines, le même peut-être qui est connu comme sculpteur sous le nom de De Dryvere (Il exécuta de magnifiques ouvrages d'orfèvrerie pour Philippe le Beau et Marguerite d'Autriche. *M. Pinchart, 1. c. — Revenus et dépenses de Charles-Quint, f° ij c iiij xx xij ) ; Aert Van Houtveld (Revenus et dépenses de Charles-Quini , f° ij c iiij " xij »°) ;
l'industrie qui leur dut ses progrès et son éclat l . Leur puissante influence s'étendit à toutes les applications industrielles, qu'ils stimulèrent et vivifièrent, en même temps qu'ils répandaient, en l'épurant, le sentiment du beau.
La Belgique eut une large part à la révolution qui, au commencement du xvi e siècle, s'opéra dans la musique, comme dans l'architecture, la peinture et les autres expressions de la pensée humaine. De tout temps, nos compatriotes eurent la réputation d'excellents musiciens, et dès l'époque de Philippe le Bon, la musique de la cour de Bourgogne était considérée comme la meilleure de l'Europe. Plus tard Maximilie» emportait des Pays-Bas en Allemagne les véritables traditions de l'art musical ; en France et en Italie c'étaient aussi des artistes belges qui excellaient 2 . Aussi appelait-on les Belges les maîtres et les restaurateurs de l& musique. « Ce sont eux, dit Guicciardin, qui l'ont relevée et amenée à la perfection. Ils y sont si propres, que hommes et femmes chantent
Pierre de Nyvelaere, Hev. et dépenses de Charles-Quint, f° ij e iiij " xiij) ; etc. — Ajoutons-y Antoine Van Gravenberch, le graveur et tailleur de pierres de Charles-Quint, ibid., f of ij c Ixxvj et ij e ilij « viij *°.
1 Les fondeurs belges, entre autres, jouissaient alors d'une grande réputation. On cite particulièrement les frères Moer, qui fondirent, en 4545, la célèbre cloche de Saint-Servais, à Maestricht (M. A. Schaepkens, Mémoire sur les cloches et leur usage. La Belgique, 4857); René Van Thienen, de Bruxelles, des creusets duquel sortirent les statues de bronze des bailles du palais [Hist. de Bruxelles. I, 322); Médard Waghewyns et Simon Gielis, de Malines, qui coulèrent plusieurs cloches pour les églises de cette ville (Azevedo, ad ann. \ 524 et 4825).
* « Il n'est pas inutile de remarquer, dit l'auteur des remarques sur Rabelais, que la plupart de nos anciens musiciens étaient Flamands et qu'on leur doit les progrès de la musique en France »
« Plusieurs de ces fameux musiciens flamands, nommés par Guicciardin, dit Arteaga, séjournèrent longtemps en Italie, et acquirent une si grande autorité en perfectionnant le contre-point, qu'ils firent entrer leur goût national dans la musique italienne. » Révolutions du théâtre musical de l'Italie.
comme d'instinct, avec mesure, avec grâce, avec mélodie. Ils jouent de tous les instruments, et il n'y a pas de cour de prince chrétien où il n'y ait de musicien belge. » — « Les Belges, écrivait l'ambassadeur de Venise, F. Badoaro, paraissent nés pour la musique, et ils possèdent des compositeurs du mérite le plus éminent ! . » — « On peut dire avec vérité, ajoute Y. Quirini, qu'en Belgique la musique est parfaite 2 . »
Charles-Quint, Marguerite d'Autriche, Marie de Hongrie accordèrent à la musique de sympathiques encouragements, et, sous leurs auspices, se forma une pléiade d'artistes qui. répandirent la gloire de notre patrie dans l'Europe entière. Le xv e siècle avait produit Jean le Teinturier, de Nivelles, qui fonda à Naples, de concert avec Gafforio et Garnier, la célèbre école à laquelle l'art musical dut tant de progrès en Italie ; — Simon Van der Eycken, de Bruxelles, le maître de musique de l'église métropolitaine de Saint- Ambroise à Milan ;
— Josse Van Ockeghem, de Termonde, le père du contrepoint moderne, le fondateur des premières écoles de musique, qui eut pour élèves les plus célèbres maîtres du xvi e siècle,
— entre autres, Josquin des Prez (Josse Van den Bemden), de Berchem-lez-Anvers, « l'idole de l'Europe ; » Garnier et Pierre Delarue, de la Flandre, dont quelques productions sont encore citées comme des chefs-d'œuvre. Continuer la renommée de tels hommes était une lourde tâche, et cependant leurs successeurs n'y faillirent point.
C'est avec orgueil que nous pouvons citer les noms d'Adrien Willaert, qui fut maître de musique de l'église de Saint- Marc, à Venise, forma des élèves devenus l'honneur de
' Relations, 78.
* Monum. de la diplomatie vénitienne, 1. c.
m REGNE DE CHARLES-QUJNT EN BELGIQUE.
l'Italie, et inventa, dit-on, la musique à plusieurs chœurs ; — Alexandre Agricola, le célèbre conlre-pointiste flamand; — Cyprien de Rore, de Malines, surnommé le Divin ; — Hubert Waelrant, d'Anvers, qui le premier tenta de réformer l'échelle musicale ; — Roland de Lassus, de Mons, qui reçut de ses contemporains, le titre de Prince des musiciens, brilla dans les cours de Naples, de Sicile, de Rome, de France, de Munich, fonda un grand nombre d'écoles, et laissa des œuvres immortelles; — Nicolas Gombert, auteur de ce magnifique Ave Maria qui a mérité, de nos jours encore, de si vifs applaudissements ' ; — son successeur dans les fonctions de maître de la chapelle de Charles-Quint, Thomas Créquillon, placé au rang des plus fameux compositeurs de son temps ; — Philippe Verdelot, son émule ; — Anselme de Flandre ou le Flamand, considéré par quelques auteurs comme l'inventeur de la gamme moderne; — Gérard Geerkin de Hondt, auteur de la mélodie de Grysaert, dont la popularité semble n'avoir pas complètement cessé; — Chastelain, maître de chapelle de Soignies, qui refusa de devenir maître de chapelle de Philippe II; — Jean Bonmarché, d'Ypres, ftiaître des enfants de chœur à la collégiale de Courtrai, qui accepta les offres repoussées par Chastelain, et compléta avec des musiciens flamands la chapelle royale de Madrid ; — Josquin Baston, dont les motets eurent un grand retentissement ; — Jacques de Kerle, d'Ypres, qui, après avoir dirigé la musique de la cathédrale de Cambrai, composa la musique des prières chantées au concile de Trente ; — et enfin son contemporain, Philippe de Mons, le dernier des compositeurs illustres qui
1 II a élé exécuté au premier des concerts historiques organisés par le savant directeur du conservatoire de Bruxelles, M. Fétis, au bénéfice des incendiés du grand théâtre de cette ville, le 24 février 4855.
avaient donné à la Belgique une si éclatante et si légitime suprématie dans le monde musical '.
Cette suprématie fut reconnue par l'Italie et par l'Allemagne mêmes; Roland de Lassus fit accepter son œuvre comme modèle, et tous les souverains de ces contrées prirent successivement des maîtres de chapelle belges. La première chapelle qu'il y eut en Espagne, y fut formée par des artistes
* On peut citer encore Charles Frenand ou Fernaud, de Bruges, qui fut à la fois littérateur et musicien distingué, que Charles VIII nomma son « premier musicien (De la Serna Santander. — M. Goethals) ; » Brumel ; Pierchon; Compère; Verbonnet; Prions; Gaspard de3 Prez; Martin Bourgeois, chapelain des maîtres d'hôtel de Marguerite (M. A. Pinchart, Archives des arts); Jacques Bouquet, Buquet ou Boquet, qui fut successivement organiste de cette princesse, de Charles-Quint et de Marie de Hongrie (Comptes de J. de Marnix, n° 4805 et suiv. — M. Gachard, Rapport sur les Archives de Lille. — M. Pinchart, la Chapelle des souverains des Pays-Bas ) ; Henri Bredeniers, organiste de Philippe le Beau et maître de la chapelle de Charles-Quint (Revenus et dép. de Charles-Quint, 4520-4530, i° ij e lxxiiij *°) ; son élève, Etienne Diedeghem (M. Pinchart, Archives) ; Pierre Van den Hove, qui composa plusieurs livres de chant pour la chapelle de Charles-Quint ; les maîtres de chapelle et organistes de ce prince Florent Nepotis (Compte de Jean de Douvrin , précité , f»xxxix ▼<»), Nicolas Champion, dit Liégeois (M. Pinchart, la Chapelle); ses chantres Godelscalck Oem, Gilles Reyngot {Revenus et dépenses de Charles- Quint, 1. c, f°* ij e lxlj T °, ij e xlij etij • 1 ▼**), Henri le Liégeois (Compte de J. de Marnix, n»4798, f* ix " xix) ; Jean Goessens *, Benoit d'Appenzell, dit Benedictus, maîtres des enfants des chapelles de Marguerite et de Marie de Hongrie; Sigismond Yver, Roger Pathie, organistes de la douairière de Hongrie; son joueur de viole, Vincent Rigler (M. Gachard, Rapport précité) ; Jean Fuisnier, d'Ath, « savant et excellent musicien, docteur en droit, poète lauréat et célèbre mathématicien, qui après avoir été directeur de musique de l'archevêque de Cologne, devint précepteur des pages de Charles-Quint, et accompagna
* a A maistre Jehan Gossius, mai sire des enffans de la chappelle de feue madame, la somme de 95 livres 18 sols dudit prix de assavoir : Hij " v livres viij sols, pour avoir entretenu Joacbim de Tollenaere, dit Cabillau. jadis Kong des enfans de sa ebapHle, de table , giste, nectoyage < de linge et anlirement en toutes aultres manières, comme les autres enffans de la chappelle da nudité feue dame, l'espace de xiiij mois ; et x livres x soi», pour, par ordonnance de madite feue dame, avoir esté es lieux de Haynau, Flandres el Terremontk, où il a vacqué, à serrber et trouver un g enfant propre et duisant pour servir en ladite chapelle, xiiij jours entiers, au prix de x sols par jour. » Compte de la veuve et des hoirs de Jean de Hamix, précite, (o ij e iiij.
belges amenés par Philippe le Beau; sous Charles- Quint ! et sous Philippe II 2 , ce fut la Belgique qui lui fournit des musiciens. On voit Ferdinand prier Marie de Hongrie de lui envoyer un maître de chapelle flamand 8 , et ses successeurs k l'empire suivirent son exemple. La chapelle de Charles-Quint était, dit un contemporain, la meilleure et la plus complète qu'on pût rencontrer, les chantres, au nombre d'une quaran-
ce prince, en qualité de musicien , dans son expédition de Tunis (De la Serna Santandbr); Pierre Alamire, qui composa plusieurs œuvres de musique pour la chapelle impériale (Revenus et dèp. de Charles- Quint, 1. c, f° ij c iiij " x) ; Thierry de Belmont, maître des enfants de chœur de l'église de Sainte-Gudule, à Bruxelles (Compte de J. de Marnix, n° 4805, f° ij c xxiiij) ; Pierre de Vicq, de la Flandre (De la Serna Santander); Louis Brooman, de Bruxelles [Histoire de Bruxelles) ; Henri Isaac, Jean Mouton, dont parlent Rabelais et Fauteur du Bellum musicale; GuiUaume Crétin; Jacques Arkadelt, chanteur belge de la chapelle pontificale à Rome ; Benoit Hertogs ou Ducis, qui alla se fixer en Allemagne; Jean Richafort; Jacques Clément; Gérard Dussaulx, de Turnhout; Charles Lejeune, de Valenciennes ; Severin Cornet, de la môme ville, maître des enfants de chœur de la cathédrale d'Anvers (M. F. Delhasse, les Belges musiciens des diverses époques. Le Guide musical, 4855); Tilman Susato, compositeur et éditeur de musique à Anvers, 4542-4556 (M. A. Pinchart, la Chapelle); Jean Ghiselin ou Ghiselain, du Hainaut; Pierkin de Raedt, de la Flandre; Jean Régis; Jean Guioz, de Châtelet; Corneille Canis; Jacques de Berchem ; Jacques de Weert, auteur de messes, de motets et de madrigaux, qui fut maître de chapelle de Ferdinand I er ; Jérôme de Vinders, connu par une lamentation à sept voix sur la mort de Josquin Des Prez ; Matthias, qui brilla à Milan et à la cour de Saxe.
Consultez, au sujet de nos gloires musicales : De la Serna Santander, 1. c. — Le Mayeur, 1. c. — M. F. J. Fétis, Biographie universelle des Musiciens. — M. É. Fétis, les Musiciens belges. — M. A. Thys, Historique des Sociétés chorales de Belgique
* « A Jehan de Montmorency, seigneur de Courrières, en prest' pour lever aucuns chantres et les envoyer en Espagne, v c livres. » Revenus et dépenses de . Charles-Quint, 4520-4530, f° ij c iiij x» x. —M. Pinchart, Archives des arts, I, 235.
a Voir les lettres de Philippe II à Marguerite de Parme et au duc d'Albe, publiées par M. É. Fétis, les Musiciens belges.
>Ibid.
taine, ayant été choisis dans les diverses provinces des Pays- Bas, « qui sont aujourd'hui, ajoute-t-il, comme la source de la musique 1 .» Ce brillant mouvement fut malheureusement arrêté par les terribles événements politiques qui marquèrent la fin du xvi e siècle. Les écoles se fermèrent au milieu de luttes sanglantes; nos musiciens ne trouvèrent plus, dans la patrie opprimée , ni inspirations , ni ressources , et l'Allemagne , recueillant nos proscrits et nos émigrés, ramassa le sceptre musical qui s'échappait de nos mains.
• Relation de M. Cavalli, 1. c. — Dans le registre des Revenus et dépenses de Cnarles-Quint, de 4520 à 4530, on lit, au f° ij c xviij : « A maistre Jehan Goessens, maistre des enfans; Guillaume, chantre bas-contre ; Jehan de Lewaerde, hault-contre ; Jacques Bugnot, organiste; Philippe Bouton, Joachim deTollenaere, dit Cabillau, et Guillemin Brunneau, enffans; et Pierre Maillotin, souffleur des orgues de la chapelle dudit seigneur empereur, ordonnés vers madite dame à cause de leurs gaiges, assavoir : ledit maistre Jehan Goessens, de xiiij sols ; ledit bas-contre, hault-contre et organiste, chacun de ix sols par jour ; lesdits iij enfans, iiij sols par jour ; et ledit souffleur, ung sol par jour, que l'empereur leur a ordonné le xxvj«de décember xxviij. »
Dans le Catalogus familiœ lotius aulœ cœsareœ, publié, pour les années 4547 et 4548, par Nicolas Mambranus (De Marner), on trouve mentionnés comme chantres de l'empereur : « Vox pressa; bossus : Mathias Radumel, Johannes Hermannus, Petrus Mustaeus, Antonius Coquus. Vox média; ténor : Michael Lupus, .Victor ab Harlemio, mortuus Ulmae, 2 martij, anno 47, Petrus Brabantius, Nicolaus Lengiesius, jam dimissus, Hupertus Hanteletus, Johannes Bertaus. Vox alla; altus : Carolus Bursa, Antonius Cauvenbergus, Egidius a Molendino, Natalus Tonnequinus. Vox acuta; discantus : Johannes Custodis. Pueri decem. Magister Adrianus Lovius et puerorum sacelli praeceptor. Magister Johannes Lestanuier, organista.