‹ Histoire du règne de Charles-Quint en Belgique (volume 5)Chapitre 8 sur 28 · EXPÉDITION DE TUNIS · texte numérisé non relu

EXPÉDITION DE TUNIS

besoin de se concilier Fopinion, en formant contraste avec rallié de Soliman et dé Barberousse. Le S janvier 1 535 , il avait chaîné son ambassadeur d'informer François I" de la destination des armements auxquels il avait consacré une partie des trésors rapportés du Pérou par Pizarre V Le roi se disant prêt à combattre les infidèles, le vicomte de Lombeke devait lui insinuer que c'était l'occasion de le prouver. « Nous servirons plus sûrement la chrétienté, ajoutait Charles- Quint, en attaquant les Barbaresques dans leur repaire, qu'en combattant les Turcs sur terre où du reste ils ne se montrent plus nulle part ^. » Cette proposition resta sans réponse, et le 10 mai, à la veille de s'embarquer, l'empereur écrivit au roi, ainsi qu'à Henri VIII, pour leur demander de maintenir la paix en Europe, pendant qu'il allait la venger de longs et cruels ravages ^. En même temps, Marie de Hongrie ordonnait « oraisons et processions générales pour prier Dieu d'inspirer les princes chrestiens de faire et entretenir bonne paix et union ferme et pardurable par toute la chrestienté *. »

Les historiens se sont tus sur la part prise par les Belges à cette glorieuse expédition ; pourtant là, comme partout, ils soutinrent noblement leur réputation de vaillance. A défaut d'autres indications, les œuvres imprimées et manuscrites, les correspondances, les chants de triomphe inspirés par ce grand fait d'armes, suffiraient pour montrer l'enthousiasme qu'il excita dans nos provinces ^. Mais il est constant qu'une grande

' RoBERTSON, Histoire d'Amérique.

" Lettre de Charles-Quint, du 6 janvier 4535. Papiers d'état de Granvelle, II, 264.

' ïbid., 354.

4 Compte d'Antoine de Berghes, î^ ixix.

* Voir les titres de ces divers ouvrages, dont quelques-uns se trouvent aux Archives du royaume et à la Bibliothèque royale, section des Manuscrits, dans

partie de la flotte avait été fournie par les Pays-Bas. Elle comptait 25 ou 30 grosses hulques de Hollande \ et la seule ville d'Enkhuisen avait armé quatre vaisseaux, dont trois périrent avec leurs équipages^. On avait ramassé tous les mendiants valides et les vagabonds pour les diriger sur Anvers, d'où ils furent « envoyés vers sa majesté, en son voyaige de Thunis \ » Les 20,000 hommes^ que cette flotte porta sur la plage africaine , avaient été^ pris « tant en Espagne, Portugal, qu'en Italie, ensemble es Pays-Bas et Allemaigne ^ » Parmi les Belges qui entouraient l'empereur, on mentionne le seigneur de Boussu ®, qui, malgré une blessure reçue au furieux combat de la Goulette, porta, à la bataille livrée devant Tunis, le grand étendard du Christ, sous lequel se tint Charles-Quint; Charles de Lannoy, fils du prince de Sulmone ; le comte Charles de Lalaing ' ; le seigneur de

les BuUetiDS de la Commission royale d'histoire, VIII, 7-34. — Le gouvernement fit exécuter à Bruxelles des tapisseries représentant la conquête de Tunis. Voirt. V, 295, note 2.

* Féry de Guyon, 54.

' Wagemaar.

' Compte d'Antoine de Berghes, f® xxix vo. — « En oultre, remonstre ledit sieur de Leyschote, escoutette, comme environ la Pasque xv « xxxv, estant sommé et ordonné, de la part de Tempereur, faire mener tous et quelconques les vagabonds que la loy pourroit recouvrer et appréhender, pour les envoyer vers sa magesté, en son service et voyaige de Thunis et oultre mer, il, obtempérant à ladicte ordonnance » Compte de S. de Halewin , précité (n« 43784),

fo xxiij »".

'* Lettre du 9 décembre 4534, précitée. ^

5 Féry de Guyon, 50. — M. Chotin, Histoire des expéditions maritimes de Chartes-Quint en Barbarie, Tournai, 4849, in-8», 84, 93, 97.

^ Le Mayelr, 1. c. Notes.

' M. Chotin, 1. c, 96, 439. Cet auteur cite également le comte de Buren, qui ne quitta pas le pays, et Lamoral d'Egmont , que , d'après les Espagnols , il appelle Amurath ; mais ce dernier était trop jeune alors pour prendre part à cette expédition.

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