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don Louis, avec la fille du monarque anglais \ Puis, quelques mois après (10 janvier 1539), il conclut avec François I" un traité par lequel ils s'engageaient à ne contracter de nouvelle alliance avec le roi d'Angleterre que de leur commun et mutuel con.^entement ^.
Tandis que l'horizon semblait séciaircirdu côté de la France et de l'Angleterre, -il se rembrunissait vers l'Allemagne, et le contre-coup de l'agitation de cette contrée se faisait ressentir aux Pays-Bas. Durant la guerre et sous la menace d'invasion des Ottomans , Charles-Quint avait ménagé les protestants et cherché à apaiser les dissensions religieuses. A cet effet, il pressait la convocation d'un concile et s'irritait alors de l'opposition du pape, qui alléguait fétat de FEurope pour la retarder. Paul III avait persisté à rester neutre entre les parties belligérantes ; mais ses prétextes avaient mal caché son inclination pour la France. Aussi Charles-Quint s'élait-il bientôt cru dispensé de tous ménagements; et, sans vouloir porter atteinte à l'autorité apostolique, ni enfrenidre les points substantiels de la foi et des institutions catholiques, il avait résolu d'aviser directement aux moyens de pacifier l'Allemagne. « Tarder plus longtemps, écrivait-il à son frère, c'est éteindre la foi et compromettre l'autorité impériale. » Selon lui, Ferdinand devait s'assurer du consentement des princes allemands à la tenue du concile, dans féventualité de l'opposition du pape et de François I". Le roi de Portugal, la plupart des princes italiens, le roi de Pologne y avaient déjà donné leur adhésion , et le schisme de TAngleterre ne permettait pas aux opposants d'alléguer l'absence de prélats de
• Commission du 26 juillet 1538. Archives de l'Audience. — Instructions données au seigneur de Palais. Correspondenz, II, 682. » Di^ Mont, IV, 2« partie, 459.
2t8 RÉGNE DE CHARLES-QUINT EN BELGIQUE.
ce royaume comme pouvant invalider les décisions de rassemblée. Si cette combinaison échouait, si le consentement n*était pas général en Allemagne, Tempereur était disposé à adopter d'autres mesures. Il voulait rassurer pour toujours les protestants contre remploi de la force, et il lui suffisait qu'ils obsen'assent la paix de Nurembei^. Pour obtenir leur œncours, il consentait même à traiter d'une nouvelle paix de religion. Dans ce cas, on eût convoqué une assemblée gêné* raie des princes et des états de la Germanie, et conclu un concordat respectant les points fondamentaux de la foi et maintenant surtout intacte l'autorité impériale '.
Malheureusement pour la gloire de Charles-Quint, l'expression de ces idées de tolérance était peu sincère, et dans le temps même où il cherchait à endormir les craintes des protestants, on le vit servir les haines de leurs adversaires. La persécution redoublait dans les Pays-Bas, et il s'y passa, vers la même époque, un événement propre à entretenir les défiances des Allemands. En 1538, le docteur Otto Pack, chancelier du duc George de Saxe, avait livré au landgrave de Hesse des lettres de son maître, traitant d'une ligue secrète (les états catholiques contre le prince hessois et l'électeur de Saxe. Les catholiques arguèrent ces lettres de faux et se défendirent d avoir jamais songé à menacer l'indépendance reh'gieuse. Les protestants furent d'autant moins crédules, qu'ils étaient en mesure de commencer la guerre, et ils exigèrent des états catholiques le payement d'indemnités pour les armements provoqués par cette ligue réelle ou supposée ^ L'irritation des deux partis s'en accrut, et Otto Pack, réfugié |)rès du landgrave de liesse, se constitua « captif volontaire,
• Lettre du mois d'octobre 4536, précitée.
• Mémoires de Luther, II, 6.
TRÊVES DE BOMY, DE MONÇON ET DE MCE ât9
prétendant se tirer d'affaire à son honneur V » On ignore ce qu'il devint jusqu'en 1537, époque où, pour son malheur, nous le retrouvons dans les Pays-Bas sous le coup d'une instruction criminelle dirigée par maitre Jean de Langhe, secrétaire de l'empereur ^ Condamné à mort, il fut décapité h Bruxelles, le 8 février 1537, et l'on exposa ses restes sanglants aux portes de la ville ^
A peine François I" se montra-t-il porté à «déposer les armes, que Charles-Quint se hâta de jeter le masque. Il n'attendit même pas la conclusion de la trêve de Nice , pour révéler ses véritables intentions; la ligue catholique qu'il forma (10 juin 1538) avec Ferdinand, les archevêques de Mayence, de Saitzbourg, les ducs Guillaume et Louis de Bavière, le duc Geoi^e de Saxe, les ducs Éric et Henri de Brunswick, serait devenue le brandon de la guerre, si les remontrances de Marie de Hongrie et la gravité de la situation des Pays-Bas n'en avaient arrêté l'explosion. Entourée de mécontents, effrayée des complications qui résulteraient de luttes religieuses en Allemagne, la régente ne cessait de recommander aux deux partis la paix et la conciliation. Ses insUmces furent bien accueillies par les protestante, et le landgrave de Hesse l'assura de leurs sentiments de fidélité envers l'empereur. « Mais, ajouta-t-il, les menées de ses agents corroborent les avis reçus de la cour de France ; tout nous présage des mesures violentes, et l'intérêt de notre sûreté ne nous permet pas de rester inactifs. » La princesse s'efforça de dissiper ces
• Lettre de Luther, du H juillet 4528. Mémoires de Luther.
* « A messire Jean de Langhe, secrétaire de l'empereur, 60 livres (letires patentes du 20 octobre 4537), pour la diligence qu*il avoit fait à Tinstruction du procès criminel démené contre feu le docteur Otto Pach, exécuté par Tespée. » Compte de la recette générale.
' Die nieuioe Chrontjcke van Brabant — Ls Petit, Vif. Ui.
défiances; elle conjura son frère de s'en remetlre plutôt aux décisions d'un concile qu'à la force brutale ; elle lui représenta le danger de s'aliéner le landgrave, dans un moment où la succession de la Gueldre allait lui susciter de nouveaux embarras *. Voyant les Allemands tenus en éveil par le projet prêté h Charles-Quint, de distraire de l'empire les évêebés de Munster, de Brème, d'Osnabruch, pour las incorporer aux Pays-Bas, elle s'empressa de le démentir *. Ses efforts furent enfin couronnés de suc(3ès près des princes protestants; en 1 539 même, alors qu'une insurrection dans les Pays-Bas swnblait imminente, ils lui firent offrir leurs services, demandant seulement que l'empereur les reçût en grâce et suspendît toute décision jusqu'à la réunion du concile ou jusqu'à son arrivée en Allemagne. Marie de Hongrie adjura son frère d'accueillir ces offres ^ ; mais de ce côté les funestes inspirations du despotisme et de Tintoléitmce avaient fermé les voies de conciliation.
Les appréhensions de Marie de Hongrie n'étaient point exagérées. Les Pays-Bas traversaient alors une crise extrêmement grave, et la princesse, dont la cour était en proie à des querelles de préséance ^ avait besoin de toute son habileté et de toute son énergie pour empêcher les commotions de l'intérieur. Le niécontenlement éclatait partout; les peuples irritée semblaient prêts h s insurger ou à se jeter dans les bi'as de leurs voisins. L^attitudc de rAlleniagne protestante encourageait les espérances des mécontenta, et l'opposition, qui s'était manifestée dans les états et formulée dans une foule « de libelles et
■ Lettre de 1538. Correspondenz, W. 29i .
' Instruction donnée par Manede Hongrie à J. de Naves. Staatspapiere, ilO.
' Corresponfienz, II, i95.
^ Instructions secrètes données au seigneur de tierbais, 1. c.
lettres diffamatoires contre Thonneur de la royne, du conseil et de la justice de reniî)ereur *, » se trahissait par des actes plus menaçants. A Bruxelles même, où le séjour permanent de la reine était la source de tant d'avantages matériels, la démocratie ne laissait échapper aucune occasion de témoig[)er ses rancunes contre la main qui Tavait frappée. Le 7 avril 1537, les nations repoussèrent l'impôt de vingt sous par foyer, proposé pour payer la part de la ville dans l'aide de 1,200,000 florins carolus, votée par les états généraux. Qualilîant cette mesure d'injuste, la prétendant plus onéreuse au peuple qu'aux riches, elles élevèrent des plaintes si vives, qu'il fallut substituer à cet impôt une taxe proportionnelle; encore dut-on la modifier deux fois, avant d'obtenir leur consentement (mai 1537) *. Gand persistait dans son refus d'accorder Taide, et la présence de Marie de Hongrie ' n'avait pas empêché l'agitation de gagner toutes les villes flamandes.
La reine crut que la trêve de Bomy permettrait de triompher de ces résistances; elle ordonna de procéder aux exécutions contre les habitants du quartier de Gand, et prétendit même imposer de nouveaux sacrifices. Charles-Quint avait mis h sa disposition une somme de 500,000 ducats (19 août 1537); mais il lui avait défendu de toucher à cet argent, si les négociations entamées aboutissaient à une suspension d'armes^. On laissa donc intact le subside de lempereur et l'on s'adressa au pays. Il ne s'agissait de rien moins que d'obtenir 600,000 livres de 40 gros pour acquitter la solde arriérée de l'armée; pour entretenir les garnisons durant l'hiver; pour réparer et augmenter les fortifications des villes
> lostructioD du 4 octobre 4538, précitée. — ' Histoire de Bruxelles. ' Voir M. Gacbard, Happorl sur les Archinei^àÊ Lille, 258. 4 Lettre du 49 août 4537. Correspondes, 11, 679.