‹ Histoire du règne de Charles-Quint en BelgiqueChapitre 7 sur 39 · OB6B · texte numérisé non relu

OB6B

AV(M5iB.

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(le Brabant 9 sous.

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Ou le voit par cette sUitistique, les grains, qui avaient «éprouvé de nombreuses fluctuations dans leurs prix par suite des guerres, des difTérends avec le Nord ou de l'insuffisance des récoltes, subirent, à la fin du règne de Charles-Quint, une hausse considérable. Bien que, malgré la découverte du nouveau monde, le numéraire fût rare encore, les effets de cette hausse se manifestaient depuis longtemps *; à dater de

■ En 4547-4548 Torge se vendait 8 sous la rasière; eu 1524-4522, 8 sous; en 4530-4334, 7 sous. — « Item, voor vj sisler gheersten, xij st. gr. n Comptes de rhôpital Saint-Pierre, 4547-4548. — « Item, iij sister gheersten, elck sisler le viij stuvers. » Ibkt., 4624-4522. — « Item, vj sisters gtieersten , te xij st. *t sisler. » /6iV/., 4530-4534.

* En 4520-4524, l'avoine se vendait 5 7* sous la rasière; en 4534-4532, 7 et 9 sous, l^ paille se payait d'onlinaire 3 et 4 sous la mandel. — • Item, \j veertel evenen 't sisler, te v •/, shivers. » Comptes de Thôpital Saintl'iem*, 4520-4524. -- • llem, vj veertel evenen, 't si.ster te ix st. — liera. V >eerlel evenen, t sister te vij st. »> IbiiL, 4531-4532. — « Item, gecocht tegeu (iioIy.se Donie, werckmnn, x mandelen stroo, elcke mandel iiij stuvers. — llem, iij mandelen stroo, elcke mandel voor iij stiivers. — Uem, xxj mandelen .siroo, elrke mandel iiij si. " Ibi<i , 4547-4548. - « llem, xx mandelen stroo. elcke viij st. •' Ibifi., 1549-4550. — « xliiij mandelen stroos, te iiij 4/2 st. • /6/f/., 4550-45.V1.

'M. OiETKi.KT. Annuaire de l'Observatoire île UruxcUes, pour Tan 4834. 222, noie t. — Dans cv c^ilcul les frarlions ont été négligées ou forcées. Voir CoHiuymrn ende rechien der stadl liruasel. Bruxelles, 4057 Les prix moyens donnés dans cet ouvrage s'accordent, à de légères différences près, avec ceux qu'indiquent les comples des recettes et dépenses de l'hôpital Saint- Pierre. Voir aux Archives des hospices de Bruxelles, Keg. ///f.9.

'* « Lesquels (gens de la chambre des comptes à Bruxelles), à cause de la cherté et empirance des monnoyes successivement advenues èsdits pays, de puis leur institution, valent à présent le troisième denier moins qu'ils ne firent

cette époque non-seulement les prix des céréales se maintinrent, mais ils saccrurent sans cesse, sous Finfluence de l'exploitation des mines du Pérou, qui amena déiînitivement la dépréciation des monnaies.

Il résulte d'instructions données, le 11 mai 1534, au Watergrave et Moermeester de Flandre ', que la valeur des terres avait également augmenté et que le nombre des terrains vagues et des vioeres diminuait. Cette ordonnance défendit an watergrave de donner en arrentement des parties de terrain excédant dix bonniers, sinon par Tavis de la chambre des comptes, à laquelle il fut subordonné pour la plupart des autres concessions de son ressort -. On sait que les dunes de la Flandre occidentale étaient mises en ferme ; le fermier devait, entre autres redevances, fournir annuellement à Tempereur douze couples de lapins ^. Le souverain prélevait.

lors, et aussy à la chierté de tous vivres qui est depuis augmentée quasi de la moiclié, il pleut à Sa Magesté doresnavant leur faire payer de leursdits gaiges 3U lieu d'escuz de quarante huit gros pièce, que l'on les payast d'escuz d'or en esi)ece, comme ils furent instituez en la valeur d'iceulx en monnoye courant, ou autrement les rémunérer et récompenser d'une raisonnable somme d'argent, ci comme de dix ou douze cens écus pour une fois. » Compte de Jean Micault, de 1532 ( n» 4888). — Charles-Quint leur accorda 600 livres.

' Le watergraeve et moermeesfer, qui figure parmi les anciens emplo>és des comtes de Flandre, jouissait dans son district d'une grande autorité et de beaucoup de prérogatives. 11 avait le droit de donner, en arrentement ou à C€ns, les bruyères ou autres terrains vagues; il octroyait l'érection des moulins, les garennes de cygnes sauvages, le tout moyennant des reconnaissances au profit du souverain. Il avait la surveillance des plantations des chemins royaux et la surintendance sur les moeres ou tourbières. V. M. Gacrard, Inventaire des Archives de ta lielgique, il, 482, note 4 . — M. Dsfacqz, I. c. 405-406.

Par lettres patentes du 7 novembre 4425, Philippe le Bon avait supprimé l'oflîce de moermaitre de Flandre, et prescrit de vendre à l'avenir le moer par bonnier et non par estimation.

• Ptac. de Flandre, IIÏ, 206.

' Compte de G. de Ronck, précité (n« 2976), f» xvij.

dans certciÎDS quartiers, f> pour cent sur Tachât des terres '. On trouve peu de documents sur leur valeur réelle à cette époque, et il serait plus que hasardé de rétablir d'après ces bases incomplètes.

Suivant une lettre de Marguerite d'Autriche, le revenu de 1 00 bonniers de terre, au quartier de Louvain, s élevait à environ 166 florins caroius ^. Nous trouvons une pièce de lerre de 37 verges vendue, en 1 S37, au prix de 8 livres * ; 1 journal de terre à Dilbeek (1540), loué à raison de 5 quarterons de pois *; un bonnier à Wesembeek loué (1542) moyennant six rasières et demie de seigle"^; 14 bonniers de pré (mauvaise lerre, quaeyen gront), k Melstroek (1543), au prix de 25 florins caroius Tan ® ; 9 bonniers 64 verges de terres arables à Sterrebeek (1543), moyennant 7 muids' 3 rasières de seigle et une rasière de pois*^; 3 bonniei^s h Everbeiç (1545), moyennant 3 muids de seigle ®; plusieurs parcelles de terre sous Iluldenberg (1545), formant ensemble 8 bonniers 1 journal 41 verçes, h raison de 2 | rasières le bonnier pour

' « Aullre recopie au raestier de Zomerghem et ailleurs, à cause des vendirions des terres dont Tempei-eur prent de cent livres les six. » Compies des baillis du Vieux-Bourg, précités (n»» U164et suiv.).

* M En y adjouslant lesdits iiij mil livi-esde rente, qui est le fruit et levées de plus de xxiiij « bonniers de terre. • Lettre de Marguerite, du 26 octobre iSit Keg. Correspondance, f« 33 »«.

* « Unepièche de terre grand xxxvij vergues, gisant à Uo(stade,etseacôfisque et vendu la somme de viij livres. » Compte de Gérard du Bosch, taiWi d'Alost etGrammont, de 4537, f» xxij »» (n» 43569), 1. c.

^ Begistre des locations de la table des pauvres de Sainte-Gudule aux Archives des hospices de Bruxelles, f«> 187.

' Ibid., [• 433. — Pour l'estimation en argent, comparer à la moyenne du prix des grains.

^ Begistre précité, h 75.

7 Le muid contenait six rasières ou 408 gel tes.

" Beg. précité. f«> 437. — » Ibid., f» 408.

COMMtRCE. - INhUSTRIK. - AGRICULTURE. 363

les quatre premières années du bail, et de 3 f rasières pour les huit dernières ' ; 3 bonniers 87 verras, à Huldenberg même (1545), h raison de 3 rasières de seigle pour les quatre preraièi'es années, et de 4 rasières pour les huit dernières - ; 3 bonniers 1 journal 57 verges de terres arables (1545), h Meesenbeek, pour 4 muids de seigle'; 2 bonniers 2 journaux 58 verges à Anderlecht (1546), pour 34 florins earolus à 5 gros de Brabant la pièce ^ 4 bonniers 3 journaux 75 verges à Leeuw-Saint-Pierre (1546), moyennant 8 muids 3 setiers 2 quarterons de seigle et 1 setier de pois par an \ 3 bonniers 2 journaux 35 verbes sous Carapenhout et Bergen (1546), moyennant 3 muids de seigle, un setier de pois et 47 ^ sous par an ® ; 2 journaux 50 verges de pré à Campenhout (1546), h 36 sous de cens Tan ' ; 2 bonniers 2 journaux de terres arables, dans le même village (1546), à 10 florins earolus, plus 4 deniers nouveaux et une oie de cens ^ ; 3 bonniers

I journal 50 verges, également à Campenhout (1546), h

II florins earolus*; 4 bonniers 2 journaux 28 verges, sous Erps et Cortenberg (1546), moyennant 7 muids de seigle et 2 rasières de pois '"; 5 bonniers, à Woluwe-Sâint-Étieniie (1546), moyennant 5 muids de seigle et une rasière de pois " ; 6 bonniers à Saventhem (1546), moyennant 6 muids de seigle '"; 14 bonniers 2 journaux 82 verges sous Sterrebeek et Wesembeek (1547), moyennant 11 muids de seigle et 6 quarts de muids de pois, plus les cens s élevant ensemble à 60 sous Tan "; 2 bonniers 1 journal 26 verbes à Grimbergen (1547), à 14 florins earolus lan ^*\ 2 bonniers 25 verges sous

• Reg. précité, f 410 - ' Ibid.. f» HA *«. — ' Ibid , f» 499. - * Ibid., f» 170.

* Ibid., f« 462. - ô Ibid., f 89. - ^ ibid., f« 94. - Ibid., f 9î. - V Ibid., f» 94. - •• ibid., f«»99.

" Ibid , f» 446. - '" Ibid., f» 449. — " Ibid., f 134. — •* Ibid,, f« 73.

:^i RËGNË DE GHARLES-QUINT £N BELGIQUE.

Erps ( 1 549), moyennant 3 florins carolus Tan ' ; 2 journaux de terres arables entre Itterbeek et Anderlecht, dans ia franchise de Bruxelles (1S49), à raison de 18 sous, le sou ù 3 plecken de Brabant -. Une ferme à Alsemberg , avec ses l)àlimenls, écuries, jardin potager, verger, 28 bonniers 1 journal et 79 verçes de terres arables et de prairies situées dans cette paroisse et dans celle de Beersel, est louée, en 1 547, au prix de 66 florins carolus à 5 escalinsgros de Brabant, par an, îi condition que les terres arables seront cultivées et ensemencées comme les terres voisines et aboutissantes, et ftimées deux fois pendant la durée du bail fixé à douze ans^. C'est la durée ordinaire des baux; on en trouve, mais rarement, de neuf ans.

En 1545, Charles-Quint établit h Lille la chambre des ReniKMigues , chargée de prendre connaissance de toutes actions réelles concernant a le fait et domaine à lui appartenant comme comte de Flandre, dépendans des espiers, briefs et îuiltres recettes : cens, vacheries, lardiers, etc.; des actions pe^ sonnelles, exécution, excès et abus commis par les receveurs et exécuteurs commis au recouvrement des rentes du domaine; d(.' toutes questions émergentes et incidemment dépendantes, mues et à mouvoir devant elle, sur procès concernant te domnine; de toutes matières d'imparat, sauf qu'avant de les juger, elle devoil s enquérir des causes légitimes, telles qu inondations, pour lesquelles les rentiers et débiteurs vouloient ou pouvoieut prétendre les imparats être jugés *. »

Guicciardin vante les beaux et grands iKBufs de la Frise el de la Hollande; il cite un Im^uf de la Frise qui fut offert

■ Reg. précilé, f" 104. - ' Ibid., f« 171. — ' Ibid., f» 151. M)rdonnanc€ du î» mars 15i4 (V.S), Hlac, de Flandre, I, 322. - yoir M. Defacqz, I. c, 100-107.

COMNEnCË. - INDUSTRIE - AGRICULTURE. 365

par la ville de Malines au comte d'Hoogstraeten , et pesait 2.528 livres. « Ce bœuf, dit-il, était si extraordinaire quon en peignit le portrait pour une des salles de Fliôtel de ce seigneur. » Les prix des bœufs variaient de 13 à 38 florins '; celui d'une vache de 8 à 14 florins; mais il en est cependant qui sont payées 38 et 43 florins^. Un veau coûtait un florin 13 sous*; un mouton, 2 à 3 florins*; une brebis, un agneau, environ 30 gros *; un porc, de 2 à 7 florins 10 sous, et Ton en trouve jusqu'au prix de 22 florins 10 sous®.

* • Vercochl ij osseti, i samen vj p. xvij st. vj d. gr. — Item, voer ij ossen die in l godshuys geslagen zyn geweest, rails den drievene, H samen viij p vj d. gr. » Comptes de l'hôpital Saint-Pierre, 1520-4521. — « Vœr j os, xxij g. — Voer j os, xxiij g. — Voer j os, xx g. — Voer j os, xix g. » Ibid., 1549-1550. •— ■ liera, belaelt voer ij ossen, ixxvj g — Voer j os, xxxviij g. — Voer iij ossen, t saraen, xlv g. xij st. — Voer ij ossen op do merci gecocht, xxxvj g. — Voer j os op de merci gecocht, xxxviij g. » Ibid., 1550-1551 . — « Voer ij ossen, xliiij g « ibid., 1551-1552. — « Pour deux bœufs traynans, xvj francs ( 46 ù. 46s.). » Compte de B.de Barbanson, précité (n» 13278), de 1529-1530.

* * Voer een coye, xj g. — Voer een coye, ix g. » Comptes de Ihôpilal Saint- Pierre, 154W549. — « Voer een coye, ix g. » Ibid., 1549-4550. - - Voer een coye vercochl, xiiij g. — • j koe, viij g. v st. » Ibid., 4550-4554 . — « Item, pour une vache, iij francs (3 fl. 3 s.). » Compte de B. de Barbanson, précité. —

* « Seize vaches, valissans xxviij livres xvj sols gros. » Corapte du 100* denier (n« 23357), f» iiij « Ixxv ▼•. — « Une vache, valissant vij livres x sols de gros. » Ibid. (n* 29358), f» v « xxxviij »•. — « Une vache, valissant vj livres viij sols de gros. » Ibid , f» V « xxix. — » Deux vaches, valissans ensemble xv liv. de gros. »» Ibid.. f" vij « xvj.

* « Een calf voer xxxiij st., viij si iij d. gr. »> Comptes de Thôpital Saint- Pierre, 4520-1521.

* « Item, voer een scaep, ij g. xvj st. • Ibid , 4548-15'i9. — « Hem, pour ung mouton, xxij gr. ij d. » Compte de Georges de la Roche, justicier de Grevenraacber, de 452&-4527, f» xxiiij (n<> 43324 ) , aux Archivée du royaume.

^ • Item, pour vj brebis et ij agnels, xxx gros. >» Compte de B. de Barbanson.

* « Item, voer j vet vercken, xij st. ix d. gr. ~ Item, voer ij mager verckens mita 4 stuver van drivene 't samen xvj st. vj d. gr. ~ Item, voer ij verckens die in godshuys geslagen zyn geweest, mitsden dryvene, H samen xxij st. ix d. gr. » Comptes de l'hôpital Saint-Pierre, 4520-4524. — « Item , voer ij vetten

La Hollande, la Frise, la Gueldre, la Flandre produisaient abondamment des chevaux vigoureux, beaux, fringants, pro* près à tous les services, surtout à la guerre. « Ils sont si forts, dit Guicciardin, que dans une rencontre à la lance peu d autres peuvent tenir contre eux ; mais excepté ceux de la Flandre, ils sont lourds et pesants, surtout de la tête, durs et difficiles h conduire. » On en élevait beaucoup dans ce comté, comme le démontrent les vols nombreux de chevaux s^nalés dans les comptes des officiers de justice. D'autres provinces étaient également renommées pour l'élève du cheval. On voit des chevaux à l'état sauvage dans la forêt de Normal, et le domaine y avait des haras entretenus par le produit de ventes annuelles '. Des foires se tenaient à Bruxelles*, à Anvers*, à Namur *, à Gand, dans d'autres villes ^ Suivant les comptes du domaine, les droits prélevés à la sortie des chevaux s'élevaient annuellement, en moyenne, à 1,400 livres de 40 gros*.

* verckens, xiij g. — Item, voer iij vetten vercken», xij g. ~ Item, voer ij verokens, vij g. — Item, voer îj verckens, ix g. x st. — Item, voer ij mager verokens, v g. X st. » Ibid., 4549-4550. — « j vercken vercocht, iiij g. x st. — Van ij verckenen, x g. — ij verckenen, iiij g. — ij verckenen, v g. x st. » Ibid., 45,'iO-4554. — « ij verckenen, vj g. « Ibid , 4î>54-4552. — " Item, pour on porc, X 8. gr. » Compte de G. de la Roche, précité, f® xxiiij. — « Item, pour cincq pourcillons, ij francs (2 fl. 2 s.). » Compte de B. de Barbanson {n»43î78). — « Deux pourceaulx, valissans ij livres x sols de gros. » Compte du 400* denier (n* 33358), f* vj « iiij h xj. — « Ung pourceau, valissant iij livres xv.«ols gr. » Ibid., f« V» xlj.

' Voir les comptes particuliers des domaines de ce comté. Archivet au royaume. — • Histoire de Bruxelles. — * Guicciaiidim.

* « Pour avoir porté lettres en la ville de Bruxelles, touchant les foirw des chevaulx qui se tiennent en la comté de Namur. » Compte de Pierre Ernest de Mansfeld précité (n» 45226), f xx ^.

^ Lettre de Marguerite, du 5 avril 4530. Correspondent, 1, 381.

* « L'imposl qui se lève sur les chevaulx wydans le pays de par dechà, puett monter chacun an par extimaciou xiiij « livres de xl gros, monnoie de Flandre.* liemenus et dépensez de Charles-Quint, 4534-4536.

COMMERCE. - INDUSTHIE. - AGRICULTURE. 367

Aux foires d'Anvers tenues deux fois l'an (aux Quatre-Temps après la Pentecôte, et le mercredi après la Notre-Danne de septembre), on amenait beaucoup de chevaux du Danemark , et l'on y achetait généralement les chevaux de luxe \

Ce commerce avait cependant à souffrir des défenses réitérées d exportation qu'amenait chaque apparence de guerre. Ainsi, une ordonnance du 23 juillet 1522 défendit d'exporter des chevaux, sous peine de confiscation et de peine arbitraire, pour la première fois, et, en cas de récidive, « d'estre tenus, réputez et punis pour rebelles et désobéissans ', » défense si funeste aux éleveurs, qu'elle tomba en désuétude après la paix de Madrid. En 1530, Marguerite d'Autriche soumit plusieurs fois aux gouverneurs de province la question de savoir s'il ne convenait pas d'établir cette prohibition d'une manière absolue. Tous furent opposés à cette mesure. « Si elle étoit prise, dirent-ils, le principal négoce des pays de Hollande et de Flandre, qui est fondé sur l'élève des chevaux, cesseroit. Empêcher les éleveurs de les exporter, œ seroit les mettre dans l'impossibilité de fournir aux charges publiques. Défendre l'exportation des chevaux en France n'auroit aucun résultat, ajoutèrent -ils, car les marchands françois les feroient venir par l'Allemagne ^ » Charles-Quiut eut d'abord égard à ces considérations : « Pour retenir le

' GriCCIARDI^f.

? Pliic. de Flandre, I, 698. — « Van Estienoe de la Cbappelle van Metz, van dat hy eenen geselle van Namen geheeten Hennin de Singue, badde doen eeo peert coopen in de stadt van Diest om 't selve le vœren in Vranckerycke, zoe verre hy 't selve peert conste gebringen lot Metz, maer als hy quam toi Tbienen, zoe heeft dese Meyer 't selve peert aenveerdl als geconfisqueert, tôt beboef ODsbeeren des keysers ende vercocbt tôt zyne maîesteyt meesten proffyte om zviij rynsgulden. » Compte de Gautier de Strasbourg, maïeur de TirlemoDt, de 4523, f« viij (n« 42682), aux Archives du royaume.

' Lettre de Marguerite, du 5 avril 4530. Correapondenz, I, 384.

commerce des chevaux dans les Pays-Bas, dans Tintérét des habitans qui en faisoient le commerce, » Tédit du 7 oclobre 1531 se borna à interdire à tous, sujets et étrangers, d'exporter des juments, sous peine de confiscation et d une amende égale à la valeur de la jument confisquée. Il défendît aussi d'acheter ou de vendre des chevaux au plat pays , hors les franches foires, sous peine de confiscation, pour le vendeur; et d'une amende égale au prix donné, pour l'acheteur. Cette dernière disposition n'était applicable ni aux domestiques de l'empereur, ni aux hommes d'armes des ordonnance ' ; mais on étendit ensuite ces prohibitions. Un édit du 14 avril 15*0 défendit de laisser sortir désormais du pays aucun cheval audessous de quatre ans, et d'en exporter de plus âgés, sans autorisation spéciale *. De nombreux édits corroborèrent et étendirent ces dispositions; prescrivirent de conduire les chevaux aux foires « entre deux soleils et par les grands chemins; » comminèrent une amende de 100 carolus d'or contre quiconque ne dénoncerait pas les infractions dont il aurait connaissance; enjoignirent aux oflTiciers de justice de procéder sommairement et sans forme de procès contre les transgresseurs de ces ordonnances ; prononcèrent même « la peine de mort et la confiscation des biens contre quiconque mèneroit chevaux hors des pays de par deçà ^. » Ces ordonnances reçurent une exécution rigoureuse et beaucoup de délinquants furent « eschavotés, fustigiés de verges, bannis sous peine de la hart *. »

• Édits de Luxembourg, 1 r.

• Ptac. de Flandre, I, 698-699. — Compte de Philippe de Croy, duc d'.Aerschot, grand bailli du Hainaut, f" xliij *• (n® 14662), aux Archives du royaume •

' Voir les édits des 10 juin 1642, 6 mai 1545, 18sepU»mbre 4549, 3 décembre 1550, U mars e( 19 septembre 1551, 27 octobre 4553. Plac. de FlandreA

• " A luy, pour avoir esohavoté Jacques et GuyotdeGouy, estrangiers.et

Les prix des chevaux variaient d'après leur race et leurs qualités. On voit payer 200 livres de 40 gros monnaie de Flandre, un « coursier de Naples, » donné par Marguerile d'Autriche au brave Jean de Wassenaar ' ; 500 livres, le cheval oHert par cette princesse au duc de Suffolk ^; 50 et 60 livres de blanches haquenées ' ; 40, 50 et 60 livres les « puissans chevaux grisons tirant ses chariots branlans*, » etc.; 100 livres, un cheval de luxe, présent de la ville de Poperinghe au comte de Rœulx \

Une autre partie de l'industrie agricole mérite de fixer Fattention. Dans les campagnes, même dans les villes, on entretenait des ruches en grande quantité ; et l'apiculture rapportait

lianny dix uns sur le hart, pour nvoir contrevenu aux mandemens de Sa Majesté sur ie mener des chevaulx hors de ses pays. » Compte de J. Despars, précité, 4550-4552 (n» 13785), f» xiiij v».

«• Audit mattre Pierre, à cause d'avoir, le xx' de juillet liiij, sur un eschaffault fustigié de verges Jehan Hoymont ou Hoybaut, avec le hart au col, lequel en après fut banny hors le pays et comté de Flandre cincquante ans sur le hart, a cause de achat et transport de chevaulx et jumentz contre les placart*. » Compte de Philippe d'Ongnies , balli de la ville et du franc de Bruges , précité , 4554 (n» 43749), f» xxxvij v.

' • A messire Jehan Vander Aa le jeune, la somme de iOO livres du prix de 40 gros, monnoiede Flandre, laquelle somme madame, par ses lettres patentes du xiij» jour d'avril 4521 , luy a ordonné prendre et avoir d'elle, et ce pour et en paiement d'ung cheval coursier de Naples qu'elle a faict prendre et acheter de luy, pour ledit prix duquel elle a fait don au soigneur de Wassenaere. •> (Compte de J. de Marnix, f« ij ' ivij to ( n» 4798).

* « Pour ung cheval que fut acheté par le maistre d'hostel Mousqueron, de Pierre Mousqueron, à Bruges, pour le présenter au duc de Suffolck, capitaine général de Tarmée du roy d'Angleterre, v « livres de 40 gros, monnoie de Flandre. » Revenus et dépenses de Charles-Quint, 4520-4530, f" ij Mvij

' Voir chapitre XVI. — « A la somme de l livres du prix que deuo luy esloil pour une belle aghenée blanche. » Compte de J. de Marnix, de 4527 ^n« 4803), {• viij n xj.

* loirch.XVÏ.

* M. Altmbyeh, Notices historiques sur la ville de Poperinghe, I. c.

au domaine d'assez beaux revenus ', en même temps quelle constituait la base d'une importante industrie, car les Belges étaient fort renommés pour le travail de la cire ".

La Belgique possédait encore à cette époque de vastes parties des immenses forêts qui l'avaient couverte jadis. Les plus importantes étaient celle des Ardennes, s'étendant de Thionville jusque près de Liège, sur un espace de trente lieues ; celle de Mormal , du Quesnoy à la frontière du Vermandois'; le bois de Saint- Amand, du village de ce nom i Valenciennes; celui de Fagne, d'Avesnes à Mézières; la forêt de Soigne , d'un circuit de plus de sept lieues *. La plupart appairtenaient au domaine. Une ordonnance du 12 octobre 1 545 fixa la coupe réglée du bois de Soigne à cent bonniers par an. Suivant le préambule de cette ordonnance, il comprenait, d'après le dernier mesurage, 8,257 bonniers, dont 2,752 non couverts de haute futaie, y compris les chemins el places vides *. Le produit de chaque coupe rapportait environ 50,000 florins, chaque coupe étant évaluée à 4,000 mesures de vingt pieds romains ^. Cette forêt fut abornée dans les années 1547 h 1551, en vertu d'une commission de l'empereur du 1" septembre 1546, par Guillaume Pensart, président de la chambre des comptes ; Pierre Van Waelhem et Nicolas Oudart, conseillers au conseil de Brabant; Jérôme Vanhamrae,

' Voir les comptes du domaine et Histoire de Bruxelles.

* Glicciardi.n.

^ Elle contenait encore, vers la fin du xvii« siècle, 17,563 arpents, rapportant, année commune, 80,000 livres. M. A. Lacroix, Mémoire kistoriqut concernant l'ancienne législation du Hainaut el spécialement de la rillt d( Mons en matière d'impôts.

* GlICCIARDlN.

* Note des bois vendus a la forêt de Soigne 4o46. Archif^s du royaume.

* GlICCIARDI.\.

COMMEIiCE. - INDUSTRIE. - AGHIClILTUftE. 371

inaitre de ladite chambre ; et Jean Boote, secrétaire du conseil de Brabant \ .11 y avait encore d'autres bois de moindre importance, tels que : ceux de Nieppe, de Wynendaele , de Vicogne, de Brocqueroye; de Groelenhout, au-dessus de Turnhout, où Marie de Hongrie se livra fréquemment au plaisir de la chasse-; de Linthout, près de Bruxelles; de Neygene, de Liedekerke, tfOveralphen , de Crevai, de Buggenhoul qui, bordant la Dendre, semblaient marquer la limite entre le Brabant et la Flandre; la grande forêt de Waverwald, qui couvrait tout le triangle compris entre la Dyle et la Nèlhe \ etc.

Des règlements du 12 mars 1520 et du 16 avril 1535, relatifs au bois de Nieppe, indiquent les principes qui dirigeaient alors l'administration forestière. Ces ordonnances prescrivent de déposer à la chambre, des comptes de Lille les trois marteaux ou trefs employés pour marquer les arbres h abattre ; cette opération avait lieu dans le mois de mai et en présence d'un conseiller de cette chambre, accompagné des officiers du lieu. Sous peine d amendes proportionnées aux délits et de punitions corporelles et criminelles, il était défendu d'abattre ou de déplanter des arbres non marqués; de faire pâturer des bêtes dans la forêt ; d'y faucher l'herbe ; d'y recueillir des glands'ou des feuilles mortes; d'y travailler avant ou après le coucher du soleil, ni pendant les jours de fêtes ; de s'écarter des chemins tracés ; d'en emporter du bois. Seulement il était permis aux habitants de la forêt d'y prendre chaque jour, un fagot de bois sec, mais avec défense de le

* Bepaelinge gedaen id den woude van ZoenieD, in t jaer xv <- xlvjj Arch. du royaume.

' Gl ICCIARDI.X.

* Voir M. Wauters, Uisloire des environs de lïruxelles.

37i RÈGNE DE CHARLES QUINT EN BELGIQUE.

vendre. Les parents étaient responsables des délits commis par leurs enfants. Les marchands de boiç riverains étaient tenus de prouver que leur marcliandise provenait de personnes autorisées à la vendre. Il était interdit de tenir taverne dans le rayon d'une demi-lieue de la forêt. Les déclarations des sergents commis à sa surveillance étaient admises sur serment. Il leur était formellement interdit de recevoir aucun présent; leur négligence ou l'infraction à ces dispositions étaient punies de suspension *.

« La Belgique, dit Guieciardin, produit de fort gros arbres. On distingue le tilleul, qui y croît en très-grande quantité, et dont le bois sert h faire du charbon pour la composition de la poudre h canon; entre Técorce et le corps de l'arbre, il y a une espèce de laine semblable au chanvre dont on fait des cordes. 11 cite encore l'if croissant en abondance, surtout dans les Ardennes, et servant h confectionner de beaux arcs et d'excellentes arbalètes ^. Enfin, il parle d'ua arbre nommé Abeeleii (le peuplier blanc), que l'on ne voit peulr^re pas ailleurs, ajoute-t-il; cette espèce de peuplier abonde dans le Hrabanl et on l'emploie à Bruxelles h une grande quantité d'ouvrages. » H aurait pu y ajouter les hêtres, les charmes, les ormes, les bouleaux, les trembles, les chênes, etc.

Les princes se sont toujours montrés extrêmement jaloux de la chasse, aussi est-il peu de matières qui aient donné lieu à plus de règlements. « Considérant que, par le grand dégast qui s'étoit fait du gibier, son pays de Flandre en esloit tellement desnué et despeuplé que rien n'y demeuroit pour son déduit et passe temps, au grand mesprisement de son autorité, au contemnement des défenses précédemment po^

• i'iac. de Flandre, I, 669. 673. — ' N est-ce [kis pliitùl le fréue?

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tées, et h son grand regret, » Charles-Quint renoavela, le 5 octobre 1514, les restrictions déjà apportées à la chasse par son père. Il commina une amende de 50 lions d'or, pour chaque cas, contre quiconque, sinon les « gentilshommes ou aultres gens de bien, ayant faculté et accoustumée de le faire en leurs terres et garennes, » chasserait « aux bestes rouges et noires, aux lièvres ou lapins ; les tireroit ou prendroit par instrumens ou aultrement, au vol, au filet, h la tonnelle; se serviroit d'arc à main, d'arbalète, de coulevrine ou autres armes pour abattre perdrix, faisans, hérons, butors, oiseaux de rivière ou autres volailles et sauvagines; tiendroit lévriei*s, levrettes ou autres chiens pour chasser. » Il fut inteixlit même aux paysans de tenir des chiens mâtins, « sans leur pendre au col un basion de bois de trois pieds de long , » sous peine d'une amende de dix livres \

Les Brabançons, qui jouissaient, en vertu des stipulations de leur pacte constitutionnel, du privikSge de chasser dans toute retendue du duché, « poil par poil, plume par plume, » à la réserve de la forêt de Soigne, de quelques autres bois et des franches garennes antérieures à 1367 -, vireiïl, non sans protester, restreindre cette faculté. Des placards du 28 août 1515 et du 14 août 1517 aggravèrent les dispositions de l'édit de 1514, et comminèrenl contre les délinquants, en cas de seconde récidive, la peine du bannissement criminel et sans ap-

• Plac de Flandre, I, 406-407. - Ptac. de firabant, III, 500.

» Art. 33, 34 et 35 de la Joyeuse Entrée. Plac. de Brabant, V, 496. — La prérogative d'avoir une warande ou gareniie, c'est-à-dire une citasse gardée, était restreinte dans de certaines UmiteB, aussi bien pour les aouterains que poar les sujets; les premiers ne pouvaieat en établir d'autres que celles de Soigne, du Saventer-Loo, des bous de Meerdael, de Groothe^st et de Grooteoboute ; et les seconds n'en obtenaient qu'en vertu de lettres patentes en due forme. Voir M. WitTERS, Uiëtoire des envirotis de Bruxelles, III, 3^7.

pel. Il ftit prescrit de converlip, pour les insolvables, Tamende en peine corporelle, telle que la flagellation, et de conflsquer les armes et Téquipement des braconniers '. Renouvelées en 1519-, en 1521 ', ces pénalités furent rendues plus rigoureuses encore par Tédit du 7 août 1538. Il porta Tamende à 100 livres d'or en cas de première récidive; maintint le bannissement h perpétuité pour la seconde ^ Enfin, d'autres ordonnances défendirent le port d'armes à trait ou à feu, excepte aux confrères des corps privilégiés'; réitérèrent aux hôteliers et aux cabaretiers la défense de servir du gibier; livrèrent les délinquants à Tarbitraire des juges, sans appel ni rémission ®. Marie de Hongrie, passionnée pour la chasse et, comme tous les chasseurs, impitoj-able pour les braconniers, fit exécuter ces édits avec une extrême rigueur : a les uns estoienl eschaffaudés et avoient Toreille senestre coupée, » les autres étaient envoyés aux galères J.

' Ptac. de Flandre, I, 407.

' Ordonnance du 3 avril KilO Ibid., 4i0.

' « A ladite trompcMe, le xij* diidit nnois de juillel, quand Ton fisl commandement de non chasser, ne voler, ne de tirer d'arcs ned'arbalestres. » Compta de J. Van Aa, de 1521 (ii' l56r>G,i, f° iiij. — « A ladite trompette, quand l'on tist deCTonse de non [voiler par le pays arbalestn^s et de non tirer hérons w oyseaulx de rivière. * Ihid., f<» n ▼". — ce A ladite trompette, quand l'on fisldcffense à tous de non volera tous o>seaulx de proye, excepté les nobles et officiers de la court. » Ibid., f** vj. — « A ladite trompette, quand Ton fistdeffeoa* que nulz bouchiers, lissorans. ne foulons, ne volent ou chassent après aucune sauvagerie, fors seulement noblts. • Ibid., f" \j. — Répétés dans les compta suivants.

^ Plac de Flandre, I 4M.

'' Ordonnances des 20 janvier et 20 novembre 1319. lbid.,UL

*» Ordonnances des U iwnl 1540 et 29 octobre 1546. Ibid., 413-417, et 418- 423. — Inédit du 30 novembre 1 530 défendit de chasser et de tendre des filet? dans le comté de Namur. Compte d'Antoine de Berghes, f» xxx.

: « Pour ce (pie Antoine Leixiirier et Thiery Malcorps, dit Teste de Brebys, furent prins et appréhendez prisonniers, à cause quiU tyroient jourDellement

Pour plus de garantie de la complète exécution des édits, la punition des délinquants avait été enlevée à leurs juges naturels et déférée à des tribunaux spéciaux. Dans le Brabant, de temps immémorial, un certain nombre de vassaux du duché, appelés les vassaux de la Trompe, étaient tenus de siéger, à la réquisition du souverain ou de son représentant le gruyer, [>our juger les délits de chasse. Plusieurs de ces vassaux s'étant souvent refusés à ce service, Charles-Quint décida, le 3 juillet 1518, que le Consistoire de la chasse serait désormais composé de sept juges nommés à vie et choisis parmi les va^aux de la Trompe *. Ce tribunal siégea d'abord h Boitsfort, à la Jagershuys ou Maison des chasseurs ^; il fut ensuite transféré à Bruxelles, à la Maison du Roi. Des tribunaux semblables furent érigés à Louvain et à Anvers. Le consistoire de la Trompe était présidé par le grand veneur; cet officier en nommait les juges ^ et se faisait généralement suppléer par le maître des garennes (warantmeester), plus

avecq leurs halquebutes bestx» sauvaiges es foretz de l'empereur au contempoement des ordonnances de Sa Majesté, pour lesquels mesuz ils furent con> dempnez à estre escbaffaudez et avoir Toreillc senestre copée. » Compte de Pierre de Werchin, souverain bailli du comté de Namur, f» xix (n** 45224 ), aux Archives du royaume.

« Pour avoir porté leUres du souverain bailly à la Majesté Réginale, sur le faict des tireurs de venaison détenus prisonniers, adverUssant sadite Majesté comment les bailly et bommes de fiefz , de loy, de lignaige, du cbastel de Namur, ne luy vouloient adjuger ses conclusions. — Pour avoir rapporté response de Sa Majesté, en date du v« de juillet 4550, contenant de faire condempner ioeulx tireurs aux gallères. » Compte de Pierre Ernest de Mansfeld . précité (n* 45226), fxxj.

* Piae. de lirabant, III, 505. — l\ donna à ce tribunal, dont on appelait au conseil de Brabant, un sceau offrant une trompe surmontée des armes du ducbé, avec la légende : Sigillum hominum feudalium de cornu duc^itûs Brabantiœ (46 décembre 4549). Ibid., 507.

» M. Walters, 1. c, 369.

* Cette prérogative lui fut enlevée en 4774 et attribuée au gouvernement.

communément appelé gruyer. Sur les plaintes réitérées des états, Marie de Hongrie suspendit, en 1536, la juridiction des consistoires de Louvain et d'Anvers, et Charles-Quint les supprima même en 1 545 ; mais le gruyer réussit à les faire rétablir et à les maintenir envers et contre tous '.

Des instructions données à cet officier (1515 et 1545) * lui conférèrent le pouvoir de juger et de punir, à rexclusion des juges ordinaires, les crimes commis dans les monastères et les hôpitaux, leurs dépendances et leurs métairies dûment amorties; contre les religieux, leurs fermiers et toute autre personne \x leur service. Il connaissait aussi des dommages causés h leurs propriétés, et, de plus, h l'exclusion de tous autres juges, des délits commis dans les garennes franches du souverain et des prélats. Quant aux seigneurs ayant droit de garenne franche, ils punissaient eux-mêmes les délinquants, h la différence de ceux qui possédaient seulement le droit de garenne simple ^.

Le souverain avait également des véneries dans les autres provinces. En Flandre, la conservation de la chasse était confiée à un grand veneur et à un grand fauconnier; mais CCS fonctions étaient fréquemment exercées par la même personne. Un édit du 14 août 1517 attacha à la première une juridiction qui, bornée d abord à la vénerie, fut étendue plus tard aux deux branches. Dans le Hainaut, les fonctions de grand veneur, unies à celles de maréchal du comté, élaieul héréditaires *. Les attributions du gouverneur du comté de

• Plac. de firabant, II, ^69-^0; III, 5U et 62Î; IV, 425. — M. Defacoz, l.c, 1,^02.

» Plac. de firabant, II, 476, 482. — ' M. Dbfacqz. 1. c, 402.

^ Voir une déclaration de Marie de Hongrie, du 23 décembre 1544, obligeiDt ret officier à fournir annuellement quatre cerfs au sénéchal du Haioaot. M-CiACHARD. Anal, hist,, l. c, V, 334.

Namiip comprenaient celles de grand veneur; en cette qualité, il avait ^ connoissance et judicature tant du fait de la chasse, vénerie, volerie, louveterie, que des faits et amendes, ensemble des pateciers, cabaretiers, taverniers, hôtelains et tous autres, en quelque lieu que ce fût, sous le ressort toutefois du conseil privé, et nuls autres juges '. »

Toutes les véneries étaient indépendantes les unes des autres; mais le séjour de la cour à Bruxelles, ses fréquentes parties de chasse dans la forêt de Soigne, valurent le premier rang à la vénerie de Boit^forl ^ Après la mort du sire de Molembais, qui avait succédé à Jean de Berghes dans les fonctions de chef de la vénerie, Marie de Hongrie prit ellemême la direction des meutes de son frère. Elle les augmentai considérablement ^ , et Ton attribue h cette princesse Tintroduction en Belgique de la mode allemande de chasser aux toiles *.

Les loups étaient alors tellement répandus en Belgique '' , que de fortes primes étaient allouées pour leur extermination **. Les chroniques signalent les ravages exercés, en 1512, par un loup, dans les environs de Bruxelles, où beaucoup d'hommes, de femmes et d'enfants moururent des suites de ses mor-

' M. Defacqz, 1. c, 403.

• Voir les curieux détails donnés par notre savant et consciencieux ami, A. Wai-Ars, Histoire des environs de Bruxelles, 111, 362 et suiv.

' Ihid. - ♦ Ibid., 365, 366.

• Voir Histoire de Bruxelles.

• « A Pierre George, lieutenant de louvelierde Haynnau, la somme de vingt livres dix sols tournoys, et ce pour au durant de Tannée de ce présent compte, fini le dernier jour de septembre xv « et vingt-deux, avoir prins le nombre de dix loups, au prix de xx s. t. pièce, qui font dix livres tournoys; item, pour sept louves, au pris de xxx s. t. pièce, qui font dix livres dix sols; et quant aux louveaux, n'en a nuls prins durant ladite année. » Compte de J. de la Croix, précité (n* 3499), f» iiij «« j t».

L'article 449 de la coutume d'Ypres alloue 40 livres par louve pleine, 5 livres

sures '. Guicciardin fait honneur de Fart de la fauconnerie aux Belges, qui le répandirent dans les autres contrées de l'Europe. Tous les ans, au mois de juillet, ils allaient en grand nombre chercher des oiseaux de proie en Non\ége ; dressés par les fauconniers belges, ces oiseaux étaient un présent fort estimé des souverains auxquels on les destinait ^. Les Belges n'étaient pas moins habiles, parait-il, à dresser les chiens de chasse, et Charles-Quint, qui savait estimer les produits comme les hommes de sa patrie, tira de la Belgique la plupart de ses meutes '.

par loup, et 40 escalins par louveteau. — A Poperinghe» une ordoonance du 3 septembre ^544 promit une récompense de 3 livres parisis par loup, et de r» livres par louve, pris dans la keure de cette ville. Les personnes tuant des loups hors de la keure étaient récompensées suivant la coutume. M. Althitui, Tiotices historiques sur la ville de Poperinghe.

' M. Walters, 1. c, II, ^^^.

' « Ouant aux faulcons que la reyne nostre tante demande pour oyseaulz de rivière et haïrons, nous les envoyerons le plus brief que sera possible. » Lettre «le Charles-<Juinl à révéquedeBadajoz. ambassadeur à ïondres, du ÎO décembrt» t5ît . ActenslUcke und Briefe, biS. - Voir t. III, p. 334, n. 3.

* « A Symon de Hallewin, bastard de Maldeghem, en prest, tant pour son \oyage pour mener trente couples de chiens courrans et six de lévriers en Kspagne, comme pour recouvrer les veneurs qui alloient avec luy. » Revenus et dépenses de Charles-Quint, 4520-4530, f*» ij * xlviij v«>. — « Pour ravitaillemeot fîiit pour XXV couples de chiens courrans el wiij lévriers que l'empereur envoyai en Espagne en l'an xxij, xl livres. — A Gilles de Lessaux, clerc du seigneur de Havestain, pour despens faits pourxxx couples de chiens de chasse j[ue Guillaume Ghys menoit à l'empereur. » îhid., f« ij « iiij " xv. — « Au bastard «i** Maldeghem, en prest pour mener en Espaigne à l'empereur trente coupplesde chiens courrans. .> Compte do Jean Micault, de 4526 (n« 4885).

FIN Di: TOME V

CHAPÏTRE XVII.

Paget.

Coup d'œil sur l'étal des lettres H

— — des sciences. îiO

— — de l'instruction publique 60

— — des arts 66

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