‹ Histoire du règne de Charlesquint en BelgiqueChapitre 3 sur 44 · AZEVEDO · texte numérisé non relu

AZEVEDO

* lbid.

1 Ibtd. — Ce vitrail avait d'abord été placé au-dessus d'une porte latérale.

marguilliers de cette église un subside de cent cinquante florins « pour reffaire anciennes verrières '. »

Jean Haeck, d'Anvers, d'après les dessins de Michel Coxie et de Bernard Van Orley, orna la nouvelle chapelle du Saint- Sacrement de Miracle, à Bruxelles, de sept vitraux, dons de François I", d'Éléonore, de Catherine, de Jean de Portugal, du roi des Romains, Ferdinand, de son fils Maximilien, et du prince Philippe2. Charles-Quint de son côté, donna, entre autres, des verrières aux religieuses de l'annociation, à Bruges, aux jacobins de Zierikzée \ aux carmes de Bruxelles, aux chartreux de Gand, à ceux d'Anvers \ à l'église de Saint-Jean et aux carmes de Malines \ à la chartreuse de Scheut et au prieuré de Groenendael 6, à la chapelle de Notre-Dame d'Aire, aux dominicains d'Utrecht, à l'abbaye de Bonefle, au couvent

' « Don de cent cinquante florins, pour reffaire aucunes verrières à Saint- Rombtut. » Registre aux dépêches et mandements des finances de 1541 (n« 20739).

' Histoire de Brttxelles, III, 263-261.

1 «• Aux prieur, religieux et couvent des Jacobins à Zierickzée, pour une verrière, par lettres du ijc d'octobre xxiiij, 1 livres. — Aux religieuses de l'Annonciation, lez Bruges, pour une verrière que l'empereur y a donné, l livres. » Revenus et dépenses de Charles-Quint, 4 520-1 530. f* ij e Ixiij m.

* n Aux religieux, prieur et couvent des carmes à Bruxelles, pour une verrière armoyée des armes de l'empereur au cueur de leur église, par lettres du dernier d'avril xxij, xxv livres. — Aux chartreux de Gand, pour la façon d'une verrière armoyée des armes de l'empereur, par lettres du xxix«de décembre xxij, xxx livres. — A ceux d'Anvers, pour la façon de trois verrières armoyées des armes de l'empereur, par lettres du xviij8 d'avril xxiij après Pasques, xxxvj livres. » Ibid., J>ij • Ixiiij.

s « Don de cent livres pour une verrière en l'église de Saint-Jean à Malines. «• Reg. aux dépêches et mand. de* finances de 1545 (n° 20738).

6 Ce fut de concert avec sa sœur Éléonore qu'il donna à chacun de ces établissements religieux un vitrail. Ils furent payés à Nicolas Rombouts, de Bruxelles, 100 livres de 40 gros (29 juillet 1516). M. Waitbrs, Histoire des environs de Bruxelles. Annexes et rectifications.

BELLES-LETTRES. SCIENCES. BEAl'X-ARTS. 79

de Rouge-Cloitre \ aux carmes de Malines 2, etc. Ce prince et Marie de Hongrie ûrent exécuter, en 1538, par Bernard Van Orley, les deux magnifiques vitraux des transepts de l'église de Sainte-Gudule \ La famille impériale, de grands personnages de leur cour et le magistrat de Bruxelles donnèrent à la chapelle de Notre-Dame de Scheut, treize vitraux représentant la Passion, et quarante-trois vitraux au cioitre, qui, dit-on, n'avait pas son pareil en Belgique4. En 1521 et 1522, Daniel Louis, « vitrier, » exécuta de nombreuses peintures sur verre dans les églises de Saint-Bavon et de Saint-Sauveur et dans la chapelle de Jérusalem, à Gand, dans les églises de Papingioo, de Mendonk, d'Ackerghem et de Wondelgem, ainsi que dans les maisons de plusieurs particuliers 5 ; et Pierre Coeck, d'Alost, orna de plusieurs vitraux la cathédrale d'Anvers 6.

• « A Antoine Gasex, commis aux ouvraiges de la chapelle de Noire-Dame d'Aire, par lettre du xiiije de décembre xxiîij, sur les biens des François, pour une verrière ou deux, Ix livres. — Aux prieur, religieux et couvent des frère* prescheurs à Ltrecht, par lettres du xviij» d'avril xxiiij après Pasques, pour une verrière, i livres. — A l'abbé de Boneffe, par lettres patentes du xxiv d'aoust xxx, pour une verrière, iiij »« livres. — Aux prieur, religieux et couvent de Sainct-Pol au Rouge-Cloistre au bois de Soigne, par lettres du xxiiij* de février xxiiij, pour une verrière, c livres. * Revenus et dépenses de Charles- Quint, f° ij r Ixiiij

' • Don de cent florins aux carmes de .Malines, pour une verrière. • Reg. aux dépêches et mand. des finances de 1546 (n° 20729). 1 Histoire de Bruxelles, III, 270.

♦ Ibid , 634.

1 M. Jules db Sai.>t-Ge.nois, Notice sur ces peintures. Messager des sciences historiques, 4836, 328.

« D« Reiffexrerg, Pièces relatives à la construclion de la cathédrale d'Anvers. Bulletins de lAcadémie, XII, t" partie, 50-51 . — Parmi les peintres verriers de cette époque, outre ceux qui viennent d'être mentionnés, on cite encore Dierick, probablement le même qu'Albert Durer mentionne dans son journal de voyage, sous le nom de Dietrich; Jacob Felaert ; Corneille Van Daele ; Josse Vereghen (Gucciardis) ; Borghèse (Vasari, IX, 347), d'Anvers; Jean Dox

L'école flamande, distinguée, à son origine, par l'imitation simple et naïve de la nature, n'avait pas encore perdu son cachet d'indépendance, que lui enleva, à la fin du xvi* siècle, la révolution opérée dans les arts par Raphaël et Michel- Ange. Mais déjà son épanouissement s'était arrêté : les peintres belges allaient en Italie étudier ces grands maîtres , et la plupart devenaient des imitateurs. L'art perdit son caractère national, et cette altération du style primitif eût été fatale peut-être, si, au xvir siècle, l'école ne se fût régénérée au souffle d'un puissant génie. Néanmoins, les encouragements de Marguerite, la protection de Charles-Quint, à qui tout sentiment de grandeur était naturel, dotèrent la Belgique d'une nombreuse phalange d'artistes éminents.

La seule ville de Malines comptait plus de cent cinquante peintres 1 que la cour y avait sans doute attirés. La plupart des villes avaient des corporations d'artistes 2. En 1510, un nommé Georges Formentel fonda l'Académie de peinture et de sculpture d'Anvers; il lui donna pour emblème une

[Histoire de Bruxelles, III, 263) ; Nicolas Rombouts, de Bruxelles (note 6, p. 78) ; Pelgrim Roesen [Histoire de Bruxelles, III, 264) ; Jean Assays; Jean Offhuusou Ofhuys; Corneille Tamburch {voir, pour ces trois derniers artistes, * les notes 6, p. 75, 2 et 5, p. 76) ; le fameux anabaptiste David Jorisz, de Gand ( Moreri . — D'autres le font naître à Delft) ; Gaultier et Georges de Flandre, qui firent en Toscane, pour le duc de Florence, quantité de belles verrières, d'après les dessins de Vasari (Vasam, IX, 347) ; Corneille Rombouts, verrier de Charles- Quint; et son successeur, Nicolas Van Coninxloe, dit Schernier. Ce dernier fut nommé le 20 août 1527. M. Waltbrs, Roger Van der Weyden, Revue universelle des arts, I. c, 96, note i. — Il était sans doute fils du peintre Corneille, qui figure dans le compte des obsèques de Philippe le Beau. (M. Gâcha un, Anal, hist., I. c, V, 310). —Ce fut un bourgeois d'Anvers, Aert Van Oort. deNimègue, dit Guicciardin, qui inventa l'art de cuire et de colorer le verre cristallin.

1 Descamps, Vie des peintres flamands, allemands et hollandais, I. 92. — M. Alfred Michiels. — D'Argbnville. — Sirbt, etc. ■ Histoire de Bruxelles — M. Devillers, 1. c, 66.

colombe portant un rameau d'olivier dans le bec et volant vers l'arche de Noé , avec cette légende : Ecce gratta. Il est assez probable que cette institution fut établie sous les auspices de la confrérie de Saint-Luc, existante déjà au commencement du xv' siècle '.

Guicciardin nous a laissé une liste des peintres renommés en Belgique dans la première moitié du xvie siècle. C'étaient : Quintin Matsys, simple ouvrier élevé par son génie à l'intimité d'Érasme et à l'admiration de ses contemporains et de la postérité; suivant les traditions, c'est l'amour qui de l'habile forgeron fit un grand peintre 2; — Josse de Clèves, ou plutôt Joseph Van Cleef, d'Anvers, regardé comme le meilleur coloriste du temps 3 et qui fut chargé à la cour de France de peindre les portraits de la famille royale; — Bernard Van Orley, ou plutôt d'Orley 4, de Bruxelles, peintre de Marguerite d'Autriche et de Marie de Hongrie5, ami de

1 M. J. C. E. Va* Eetbor*, Notice sur l'Académie d'Anvers.

* Connubialis amor de mulcibre fecit Apellem. ' Descamps, 1. c, I, 64. — Vasam, 1. c, 343.

* Bernard d'Orley, et non Van Orley, comme on l'a flamandisé à tort, était sans doute parent de Bernard d'Orley, écuyer, seigneur de Seneffe, deTubize, conseiller et panetier de Philippe le Beau, bailli de Nivelles et du roman pays de Brabant, dont les Archives possèdent des comptes de 1498 à 1505. Le fils de relui-ci, Philippe d'Orley, dont il a élé et dont il sera souvent question, fut aussi bailli de Nivelles et du roman pays de Brabant. On trouve encore un Englebert d'Orley, écuyer, bailli de Bouvignes, dont on a des comptes de U59 a 4484, et un Jean d'Orley (ou Dourley, comme s'écrit quelquefois dans les comptes le nom du peintre), chevalier, seigneur de Beaufort, prévôt de Luxembourg, dont il existe des comptes de 1464 à 4463. Enfin, on trouve un d'Orley justicier des nobles dans le Luxembourg.

4 « A maistre Bernard Dorlich, painctre de madame, la somme de cincquantecinq livres, pour certaines belles pa indurés et tableaux que luy a fait. » Compte de J. de Marnix de 1524 (n° 4800), l* ij « xxvij »°.

* A Bernard d'Ourlech, painctre de madame, la somme de quarante livres,

Raphaël et d'Altœrt Durer, et non moins célèbre par ses cartons des tapisseries dont Charles-Quint et sa tante ornaient leurs palais, que par ses tableaux d'histoire; — Jean de Beer et Mathias De Cock, d'Anvers ; — Simon Benninck, Gérard et Lancelot Blondeel , de Bruges, tous trois habiles et dont le dernier excella dans l'art de rendre les effets de lumière1;

pour le récompenser de cortaines painctures qu'il a naguère* faictes et livrées à icelle dame. » Compte de J. de Marnix, de 4526 (n» 4802), f» vj u vj

« A maistre Bernard Dorlel, painctre de feue madame, la somme de quatrevingt-deux livres, pour son paiement des parties d'ouvraiges de son mestier cy-après déclarées, lesquelles il a faictes, furnies et livrées, par expresse ordonnance de madite feue dame, du temps de son vivant, ainsi quesensuit : premier, ung grant tableau exquis sur bois, fait à huille, composé et ordonné par madite feue dame, sur la vertu de Parieve (?) duquel tableau madite feue dame fayt don à monsieur le comte d'Hocstraete , pour icelluy mectre et poser devant la cheminécde la chambre où elle se lougeoit au cbasleaul d'Hocstraete quand elle y alloit, et aultres sept tableaux de la pourtraicture d'icelle feue dame, donnez, par son ordonnance, assavoir : au prieur de Pouligny ung, a feue madame de Homes ung, à madamoiselle de Thoulouze ung, à madame de Praet en Galilée à Gand ung, au bailly de Terremonde ung, à ung gentilhomme de Lorraine ung, à monsieur le trésourier Ruffault ung. « Compte de la veuve et des hoirs de J. de Marnix (n» 4832), f ij • iij.

« A maître Bernard Dorlet, peintre de la reine, pour un tableau de la portraiture de la reine, fait après le vif, au mois de février 4532, duquel elle a fait don à la comtesse de Salm, 43 livres. — Pour trois autres pareils tableaux faits au mois de juillet 4533, lesquels elle a retenus en sa chambre, pour en faire son noble plaisir, 39 livres. — Pour les portraits de l'empereur, du roi des Romains, de la reine et de mademoiselle Lucrèce, 52 livres. — Pour deux portraits du roi Louis de Hongrie et deux de la reine, 52 livres. — Pour la façon de la portraiture et figure au vif du feu roi Louis, fait sur toile, de la grandeur qu'il estoit en son vivant, 28 livres. — Pour la façon de la portraiture et figure au vif de la duchesse de Milan, fait sur toile, de la grandeur qu elle est, 30 liv. — Pour un portrait de M. de Sempy, 43 liv. — Pour un portrait du roi Louis. 43 liv. » (Compte de Jean de Ghyn, penninck-maltre de la reine Marie, pour l'année 4535, aux Archives de Lille. Rapport de M. Gacharo, précité.)

• Vasari, Le, 343. — Il y a un beau tableau de ce maître (la sainte Vierge et le Sauveur sur un trône, et d'un côté saint Luc et saint Éloi) dans la cathédrale de Bruges.

BELLES-LETTRES. SCIENCES. BEAUX-ARTS m

— Jean Gossart, dit de Maubeuge, protégé par Philippe de Bourgogne, par Marguerite d'Autriche et par Charles-Quint ; il porta d'Italie en Flandre l'art de peindre le nu et les sujets poétiques 1 , » et acheva la révolution que l'enthousiasme pour les grands maîtres italiens avait produite en Belgique;

— Joachim Pattenier, de Dinant, le premier peut-être qui, dans le paysage , étudia uniquement la nature ; — Henri de Bles, ou Met de Bles, de Bouvignes, imitateur et quelquefois émule de Pattenier . dans le paysage, disciple de Lucas de Leyde et de Maubeuge dans les tableaux d'histoire; — l'architecte Pierre Coeck, d'Alost2, moins connu par ses tableaux qui dénotaient une riche imagination , que pour avoir ■« transporté dans les Pays-Bas la vraie pratique d'architecture 3; » — Jean de Calcker, qui s'assimila la manière italienne avec une telle perfection, dit Vasari, qu'il était impossible de prendre ses ouvrages pour ceux d'un Flamand 4 ;

— Charles, d'Ypres 5 ; — Lucas Horenbout, de Gand ; — François de Vriendt, dit Frans Floris, surnommé par ses admirateurs le Raphaël flamand, fut le chef d'une pléiade d'artistes qui répandireut dans toute l'Europe la gloire de son nom ; — Martin de Vos, son plus brillant disciple, se fit remarquer non moins par la beauté de son coloris, que par la correction de son dessin 6 ; — Jérôme De Cock, « éditeur des œuvres de Jérôme Bosch 7 et d'autres peintres; » —

• Vasami, Le, 344.

• Voir sur cet artiste Bulletins de l'Académie, XII, partie, 51 .

• Guicciaidis. — Il a fait aussi de magnifiques cartons pour des tapisseries. Vasari, IX, 344. — ♦ Ibid., 343. C'est à cet artiste que l'on doit les dessins du livre d'anatomie de Vésale.

• Descamps, I, 54. — 1 Vasari, l. c, 345.

» J. Bosch, dont le véritable nom est Jérôme Van Aeken, naquit à Bois-le-Dur vers 1470. et y mourut en 1516. Voir M. Pinchart, Archives, 267.

Louis Van Hort; — Jacques Griramer, paysagiste, qui reproduisit les environs d'Anvers 1 ; — Jean Bol 2 , Crespin et Henri Van den Broeck, dits Paludanus, de Matines, qui furent accueillis à la cour de Florence ; — Michel Coxie, de Malines 3, célèbre, de son temps, par la gravité de ses compositions et par la physionomie sévère et virile de ses personnages \

Parmi les femmes artistes, Guicciardin cite : Susanue Horenbout, sœur de Lucas ; attirée par de brillants avantages à la cour de Henri VIII, elle mourut en Angleterre ; — Claire Skeisers, de Gand, qui, dit-on, mourut vierge à l'âge de 80 ans 5; — Anne Segher, d'Anvers; — Lievine, fille de Simon Benic, de Bruges, appelée aussi en Angleterre par Henri Vfll et honorablement mariée par ce prince ; — Catherine Hemssem, fille de Jean ; cette artiste et son mari, Chrétien, qui était musicien, plurent tant à Marie de Hongrie, qu'elle les emmena en Espagne 6 ; — Marie de Bessemers, de Malines, veuve de Pierre Coeck;— et Anne Smyters, de Gand, femme du sculpteur et architecte Jean de Heere, et mère du peintre Lucas de Heere.

Que de noms à ajouter encore à cette liste , sans même avoir la prétention de les citer tous ! Les trois descendants de l'illustre Roger Van der Weyden, de Bruxelles, appelé

• Dbscamps, I, 87. — Il fut reçu dans la confrérie de Saint-Luc, en 1546 ' Descamps, 81 .

• Histoire de Bruxelles, III, 46.

• Vasaei, 1. c, 345. — « Il pénétra si avant dans le sentiment et dans les secrets de l'école romaine, qu'une Sainte Barbe, touchée par ce pinceau flamand, et conservée à la Pinacothèque de Munich, pourrait à la rigueur être prise pour un Raphaël. » M. Foetoil, Histoire de l'Art en Allemagne, H, 184.

1 Vasaei, 1. c, 346.

6 Guiccjaedin. — Vasaei. —«En somme, ajoute ce dernier, beaucoup d'autres Flamandes ont exercé le même art avec distinction. » IX, 347.

aussi Roger de Bruges : Pierre Van der Weyden ; — Gosuin Van der Weyden, petit-fils de Roger (il peignit, à l'âge de 70 ans, la Mort et l'Assomption de la Vierge, qui se trouve au Musée de Bruxelles); — et Roger Van der Weyden, auquel on a longtemps attribué une partie des œuvres de son prédécesseur homonyme 1 ; — Pierre Bovelant, Simon Portugalois, Arnoul Vandervekene, Corneille Van Berghem, François Dreyselere, Ange Ingelssone, Henri Simons, que Gosuin Van der Weyden reçut successivement comme élèves dans la célèbre confrérie de Saint-Luc à Anvers, de 1503 à 1517 2; — Jean Hervy, auteur des dessins de la belle grille de fer qui entourait autrefois le mausolée de Marie de Bourgogne , ainsi que de la custode ornée de huit grands blasons qui le recouvrait3; — Jean Vermay, ou Vermeyen, de Malines, portraitiste distingué4, qui accompagna Charles-Quint en Afrique, reproduisit la conquête de Tunis dans de grands tableaux conservés par la ville des empereurs , au Belvédère et au palais du prince Eugène, où sont déposés les trophées enlevés aux Turcs 5; — Grégoire Vellemans, chargé, en

■ Voir les curieuses et savantes notices que M. A. Wauters a publiées sur Roger de Bruges dans le Messager des sciences historiques, ann. 1846, et dans la Hervé universelle des arts, I et II.

* M. Waiters, fioger Van der Weiidcn. Revue universelle.

1 • Je, Jehan Hervy. peintre, demourant a Bruges.... oM. A. Pixchart. Notice historique sur Pierre Debeckere. Bulletins de l'Académie, XVIH.

* ■ A Jehan Vermcyn, Jehan Van Vasseleet Paul Tubach, painctres, demourans à Malines, la somme de trois cens soixante dix livres ung sol, pour les paincturesde cottes d'armes, blasons et aultres parties de leur stil et art qu'ils ont faites et délivrées pour le fait des obsèques de ladite deffunte. » Compte de la veuveet des hoirs de J. de Marnix. de 1531 (n» 1832), f» viij *« *u

l oir M. A. Pixcuart, Tableaux et sculptures de Marie de Hongrie. Revue universelle des arts. Mai t856.

Marguerite lui donna une pension annuelle de cent livres

* De H \mmer Histoire de l empire ottoman, i . xwin

1599, par le magistrat de Matines de peindre le couronnement de Charles-Quint 1 ; — Jacques Van Laethem, peintre de l'empereur ; — Jacques et Jean Van Battele 2 qui, en 1517, peignirent pour Malines, un portrait du jeune souverain des Pays-Bas 3 ; — les paysagistes et peintres de genre Martin Willemsz, d'Heemskerk, dont il prit le nom, et François Mostaert 4; — Jean Schoof, chargé en 1514, par le magistrat de Malines, d'exécuter un tableau représentant le grand conseil tel qu'il avait été établi par Charles le Téméraire 5 ; — Jean Leboucq, héraut de l'empereur, portraitiste; — Jean de Bois-le-Duc, qui exécuta pour Marguerite d'Autriche « ung beau tableau de paincture6; — Jean Van Coninxloe ou Scher-

' Voir t IV, page 270, note 6.

* <• A maistre Jacques Van Laethem et Jehan Van Battele, painctres, pour cent pelitz blasons armoyez et couronnez aux armes dudit feu roy d'Angleterre ( lors de ses obsèques à Coudenberghe), au prix de deux sols six deniers pièce, xij livres xsols. » Compte de J. Micault, de 4509 (n°4880).

« A Jean Van Battele, painctre, demourant à Malines, la somme de quatorze livres dix sols dudit prix, qui deue lui estoil pour les bois, ferrage, or, asur et aullres couleurs et aultres parties qu'il a faites, vendues et délivrées, pour en acoustrer et paindre des armes de mondit seigneur et d'autres plaisantes painctures, et ung chariot pour mesdames ses sœurs, pour aller jouer dessus à leur plesir et passetems. » Ibid.

« A maistre Jacques Van Laethem, varlet de chambre et painctre du roy, la «>mme de ix « xiij livres xj sols. » Ibid., de 4516 (n° 4882).

« A maître Jacques Van Laethem, valet de chambre et painctre du roy, iiij 1 xxxviij livres viij sols. » Ibid., de 4547 (n° 4883).

- A maistres Jacques et Jehan Van Râtelle , painctres, pour leurs parties qu'ils faisoient lors pour la feste du Thoison d'or, ij « livres. »» Compte de Henri Stercke, de 4543 fn° 4894 ).

' Azevedo. - * Vasaw, IX, 342 et 343.

1 Azevedo, ad ann. 4544.— Ce tableau, placé dans l'église de Saint-Rombaut, fut détruit par les iconoclastes. Poxtis Hei terls, V. cap. 9.

" « A maistre Jehan , de Rois-le-Duc, painctre, qui a donné à madame ung beaul tableau de paincture, x carolus. » Compte de J. de Marnix, de 4529 (n- 1805), f- iiij «« xix

nier, le même probablement qui, sous le nom de Jean de Bruxelles, aidait, en 1502, François d'Anvers à décorer la cathédrale de Séville, et qui travailla fréquemment pour le souverain et pour la ville de Bruxelles; — Gaspard Van Coninxloe 1 ; — Corneille Schernier , qui peignit et dora la voûte et les petits tabernacles de la chapelle du Sacrement de Miracle, à l'église de Sainte-Gudule 2 ; — Guillaume Scrots, peintre de Marie de Hongrie , qui lui alloua une pension de six sous par jour 3; — Gérard Horenbout, de Gand, qui exécuta pour Marguerite d'Autriche d'importants travaux4, el devint premier peintre de Henri VIII ; — Éverard Hasembourg et Lucas de Heere, de Gand, tout h la fois artiste et littérateur; — Jean Stradan 5, Michel Van Vlieten6, Pierre Claeyssens, Marc Geerarts, de Bruges; — Dirk, de Louvain 7; — Roland Maille8; — Vanderstoct ou Vanderslochl ; — Jacques de Kempeneer; — Jean Colairt9; — Joseph

■ M. Waiters, Roger Van der Weyden, l. c — ' Hist. de Bruxelles, III. 264. « Vingt livres payées à Jehan, de Bruxelles, painctre, pour son sallaire.

labeur et façon de vingt-sept patrons de seaulx, faiz par ordonnance de lempereur à ses armes, pour selon iceulx graver les seaulx dont il entendoit faire user en ses chancelleries. • Compte rendu, en 452t, par la veuve et les héritiers de Philippe Hancton, des droits et émolumens du sceau de l'empereur n* Î04U), f-liiij Archives du royaume

1 M Gachard. Rapport sur les Arc/tires de Lille, 42 — M. A. I'im.ijart. Tableaux et statues de Marie de Hongrie, I. c

« M. A. Pinchart, Archives de* arts, des sciences et des lettres.

» Vasami, IX, 343.

■ • A Michel Van Vlieten, painctre demeurant a Bruges, la somme de dixhuit livres. » Compte de la veuve et des hoirs de J. de Marnix (n° 4832). f» viij »« xiij.

* Vasaki, 1. c.

■ ■ A maître Rolland Maille, painctre, demouraut à Bruxelles, la somme de deux cent soixante quinze livres dix-sept sols, pour les parties par luy faites et livrées pour les obsèques de feu lïmpératrice. » Compte de Henri Slerrke. de 1510 n« 1890). - » M. A. Waiters. I c.

ss RÈGNE DE CHARLES-QUINT EN BELGIQUE.

Van Liere , de Bruxelles ; — Jacques de Backer, Joachim Beuckelaer, d'Anvers; — Jean Van Vassele \ Paul Tubach 3, Henri Van Muysen8, Lucas et Martin de Valckembourg, Jacques de Poindre, Corneille Enghelrams, Marc Willems, de Malines ; — Lambert Lombart , ou Susterman (Suavius) de Liège, déjà cité comme architecte, que Vasari range parmi les peintres fameux de son époque; — Lucas Gossel Van Helmont, Arnould de Beer, Adrien \ François Crabeth, Grégoire Beerings 5, François de Jonghe 6, Gaspard Everart, qui restaura, en 1545, les écussons des chevaliers de la Toison d'or placés dans le chœur de Sainte- Waudru \

• •< A maistre Jehan Van Vasselle , le paintre, xxiiij ducatz. » Compte de Jean de Douvrin, de 4816 — « A Jehan Vasselle, paintre, demourant à Malines, la somme de vj »* v livres du pris, pour la fachon de son mestier, d'avoir verny et doré le chariot triomphant, les personnages, etc. (obsèques de Ferdinand d'Aragon). » Compte de J. Micault (n° 1882).

' « A Paul Tubach, painctre, archer de corps de madame, la somme de quatre livres, en paiement de frais et labeurs qu'il a faicts et suppourtez à dorer les bords de deux pièces de bourdurcs, selon que icelle dame lui avoit donné de charge. •» Comptede J. de Marnix, de 4526 4802), f° ix h x.

■ A Paul Tubach, painctre, la somme de trois livres, pour plusieurs blasous qu'il a faiz pour verrières au cloistre de madite dame des Sept-Douleurs, lez la porte des Asnes à Bruges. » Ibid., f* ij « »° ij.

« A Paul Tubach, archer de corps de madame, la somme de douze livres, pour certaing ouvraige de paincture qu'il lui a fait. <• Ibid,, de 45i7 (o* 1803). P» ciij vo,

5 • A Henry Van Muysen, painctre, demourant à Maliues, pour la façon de < xxxij blasous de l'empereur, pour mettre sur les coffres que l'on envoyoit eu juing xxvij, et pour le blanc fer, xxj livres vj sols. » Hevenus et dépenses de Charles-Quint, 4520-4530, f ij « iiij n xj.

* A Adrian, painctre, pour avoir, à l'ordonnance de messieurs du conseil, pourtraict l'artillerie estant au chasteaulx de Luxembourg, pour envoyer à monsieur de Nassouw, luy payé pour les paines ung florin cinq gros iiij deniers. » Comptede Jacques de Lailre, de 4320-1524 (n« 2635), 1° xx.

- Voir Descamps, pour la plupart de ces derniers peintres.

b Compte de J. de Marnix, de 1523. f" vij et vij •* - Voir chap. XXXVI.

s M. Demllers. I. c.

Beaucoup de ces noms sont oubliés; beaucoup de ce> œuvres ont disparu, au milieu des tourmentes qui mainte fois faillirent engloutir la Belgique. Cependant quelques-uns de ces peintres méritent de contribuer à la célébrité dont l'école flamande n'a cessé de jouir auprès de l'étranger « C'est des Pays-Bas, dit Guicciardin, qu'on voit se répandre des maîtres et artistes parfaits en Angleterre, en Allemagne, notamment en Danemark, en Suède, en Norwége, en Pologne et dans les autres pays septentrionaux, sans parler de la France, de l'Espagne et du Portugal, où les appellent souvent les princes, les seigneurs et les villes, qui les comblent de présents ; ce qui est non-seulement merveilleux, mais encore honorable pour ces hommes et pour leur patrie. » — « Les Belges, dit l'ambassadeur vénitien Badoaro, excellent plus qu'aucune autre nation à peindre le paysage et les animaux2. »

La sculpture présente une série tout aussi brillante d'habiles maîtres : Jean de Daele, sculpteur et poète ; — Pierre de Beckere, auteur du tombeau de Marie de Bourgogne

' On lit dans les comptes des dépenses de François I", î décembre 45i9 ; • A Jehan Duboys, marchant, demourant à Envers, la somme de sept vingt dix neuf livres dix huit sols tournois, pour son payement des choses qui sensuyvent : c'est assavoir : 73 livres <6 solz tournois, pour troys tableaux en toille esquels sont figurez, assavoir : en l'un le fantosme de sainct Anthoine, en l'autre une dancede paisans, et en l'autre ung homme faisant ung rubec de sa bouche. — 28 livres 44 sols, pour deux tableaux de la Passion, faicls a l'huille. — 67 livres 8 sols, pour quatre aultres tableaux, aussi fuictz à l'huilie. en l'un desquels sont portraictz deux enffans eulx baisant ensemble; en ung autre, ung enfant lenant une teste de mort; et en l'autre une dame d'honneur a la mode de Flandres, portant une chandelle en son poing et ung pot en l'autre; lesquelz tableaux ledit seigneur a achaptez, et dïceulx fait prix avec ledit Duboys, et iceulx à ceste fin, fait mectre en son cabinet du Louvre. » [Archive» curieuse* tU la France, 1" série, III, 81-82.)

• Hetalions, 78.

à Bruges '; — Pierre Dupréau, dit Pierre Marmouzet, auteur des bas-reliefs en pierre blanche qui ornent l'église abbatiale de Vicogne 2 ; — l'architecte Jacques du Brœcq , de Mons, qui était aussi sculpteur et graveur; il orna l'église de Sainte-Waudru, à Mons, d'autels, de bas-reliefs, de statues, et d'un magnifique jubé (détruit à la fin du siècle dernier), et fit de nombreux ouvrages de sculpture et d'architecture pour Marie de Hongrie3; son élève le célèbre Jean de Bologne, et son collègue Jean de Thuin, qui était également un habile tailleur d'images 4 ; Jean Fourmanoir, qui termina le jubé et les stalles du chœur de Sainte-Waudru, et exécuta une partie des bancs avec pupitres destinés aux autorités 5; — Jean de Heere, de Gand, l'un des grands sculpteurs de son temps; auteur du mausolée d'Isabelle d'Autriche dans l'église de l'abbaye de Saint-Pierre à Gand , et du jubé de Saint- Bavon, détruit par les iconoclastes en 1568 6 ; son compatriote et son contemporain, François Vandevelde, Sculpteur, géographe et géomètre distingué, qui exécuta de beaux retnbles pour l'église de l'abbaye de Saint -Pierre, à Gand 7; — Corneille Floris, aussi célèbre comme statuaire que comme architecte; il introduisit les grotesques dans les Pays-Bas et fit la décoration du jubé de la cathédrale de Tournai 8; — Guillaume Van den Broeck, dit Paludanus,

' M. Pi.\ciiart, Bull, de l'Académie, XVIII, et Tableaux et sculptures de Marie de Hongrie, I c. — Vabari, IX, 347. ' Sotice sur le Musée de Valcnciennes, \ 77.

' Pu Baert, I. c, ;»37. — M. Devillers, 1. c. — M. A. Lacroix. Recherches sur Jacques Du Bracq 4 Ph. Baert — M. Devillers, 1. c. — 5 Ibid.

" Dest.amps, I. c, 1, 89. — Marc Van Vaer.newyck, Historié van Btlgie, II.

fil. — Pli B.1FRT.

- Van Vaernbwyck, Spiegel der Nederl. oudtheyt, f»cxix^. * Pu. Bakrt. — Schaves, Histoire de l'architecture.

père des peintres de ce nom, sculpteur fort estimé1; — Lambert Van Eersele, qui exécuta, en 1527, un crucifix en fer, du poids de l,G00 livres, pour la place de Meer, à Anvers2; — Mathieu Mannemaeker, d'Anvers, et Georges Robin, d'Ypres 3 ; — Jean Van Roome, dit Jean de Bruxelles, qui donna les modèles dds statues et des figures d'animaux, destinées a orner les bailles du palais des ducs de Brabant \; — Conrad Metz ou Meyt, à Malines, « tailleur dymaiges » de Marguerite d'Autriche et de Marie de Hongrie, et peut-être le plus célèbre sculpteur de son temps; on lui doit, entre autres travaux, les belles sépultures en marbre blauc, de l'église de Brou , et des mausolées de Jean II et de Philibert de Chàlons, destinés à l'église des Cordeliers, à Lons-le- Saulnier5; — Guyot de Beaugrant, de Malines, auteur du

1 M. A. Pixcuart, 1. c. — « Beeldsnyder gepreseu iu t leven. » Voir son epitapoe rapportée par Ph. Baert. — Voir aussi Gucciardix.

• M. Visscheiis, lels over Jacob Jonyetinck, G. — Ce monument fut renversé en 1580.

1 Glïcciardin. — * Histoire de Uruxelles, III, 383.

1 « A Conrad Meyt, tailleur d'ymaiges de madame, la somme de xl livres, de laquelle somme madile dame luy a lait don, tant pour achester ung cheval pour aller au couvent de Brouz lez Bourg en Bresse, où elle l'a naguéres envoié pour aucunes ses affaires que pour fournir aux frais et despens qu'il luy conviendra faire auxdits voyages. » Compte de J. de Marnix, de 4524 (4800), f° vj « vjij.

• A Conrad Meyt, tailleur d'ymayges, la somme de vingt-deux livres, pour avoir faict une ymaige de bois de la représentation de feu monsieur le duc de Savoye mary de madicte dame, auquel ouvrage il a vacqué ung ang, et aussi faict peindre et colorer ladite ymayge. - Ibid , de 4526 (u» 1802), f c xviij

- A Conrad Metz, tailleur d'ymayges de madame, la somme de neuf livres, pour une ymayge de bois qu'il a faict et taillé de Notre-Seigneur en figure de jardinier. — A luy, la somme de cent livres, pour un tiers dan de ses gaiges de iij livres dudit pris, à quoy madame a convenu et accordé avec luy pour iij ans durant, moyennant que durant lesdits iij ans il luy rendra faictes et parfaites certaines sépultures de marbre blanc qu'il a promis luy faire et poser en son couvent de Brouz lez Bourg en Bresse. » Ibid., î° viij «i vj »" et vij.

• A Conrad Meyt, jadis tailleur d'ymayges de feue madame, la somme de

mausolée de François d'Autriche, dans l'église de Saint- Jacques, à Bruxelles \ et de la cheminée du Franc, à Bruges 2 ; — Jean Borreman , de Bruxelles , qui modela en bois les statues des bailles du palais de cette ville 3 ; — Pierre Kelderman et Guillaume Lessens , également de Bruxelles, qui édifièrent ensemble l'autel de la chapelle du Sacrement de Miracle, à Sainte-Gudule 4 ; — l'architecte Henri Van Pede, sculpteur des sept tabernacles de cette chapelle \ ainsi que

cent livres, que, par ordonnance de la majesté de l'empereur et suivant sesdites lettres patentes datées du xxj* jour de mars xv « trente, et l'advis de messieurs les exécuteurs dudit testament, luy a délivré et baillé en faveur et pour le récompenser des services par luy faits à icelle feue dame pendant le temps qu'il a esté et demeuré avec elle en son service et jusques à l'heure de son trépas. » Compte de la veuve et des hoirs de J. de Marnix, f° ij r Ix T°.

« Il existe aux archives de la préfecture du Douhs, un traité du 23 janvier 4521, conclu avec Conrad Mai, Flamand, et J. B, Mariani, Florentin, maîtres sculpteurs, pour l'érection d'un mausolée du prince Philibert (prince d'Orange), dans l'église des Cordelière de Lons le Saulnier, moyennant la somme de 4 0,000 francs, o M. Duve»noy, Annotations de Loys Gollut, 4612, note 3.

' « A Guinot de Beaulgrant, tailleur d'ymayges, demeurant à Malines, la somme de trente livres, sur et à bon compte de la somme de ij e x livres, à quoy madite dame a convenu et appoincté avecq luy pour une sépulture de marbre blanc et noir, qu'il promet faire et poser en l'église de Cauberghes à Bruxelles, déans la sainct Jehan prochaine venant en ung an, pour feu monsieur François, frère de madicte dame, que sera une ligure couchant de la longueur d'ung enfant de xviij mois, ou selon que la pierre le pourra porter, ung roussm soubz la teste et un lyon au pied, etaccoustré en linge comme il est au patron, cl aux quatre coings de ladite tombe à chacun ung euffant assis de telle longueur que le marbre pourra pourler. — Nouvel à compte de 30 livres. » Compte de J. de Marnix, de 4526 (n» 4802), f" viij « vj et ix ** xj.

' M. Db Hondt, Xotice sur la cheminée du Franc.— En 4533, cet artiste était à Biîbao, en Espagne, avec Jean, son frère et son élève. Il exécuta un grand retable pour l'église Saint-Jacques de cette ville. M. Pinchart. Archives, I. 263

1 M. DëVH.I.BRS. I. C.

» Histoire de Bruxelles, III, 322.

' Ibid , 262.

des chapiteaux et des autres ornements d'architecture 1 ; — Alexandre Colin, de Malines, auteur du magnifique mausolée de Maximilien dans l'église des Franciscains, à Inspruck *;

— Pierre Van Àelst, sculpteur et peintre; il fit, en 1534, le fameux géant d'Anvers 3 ; — Rombaut de Dryvere, de Malines, à qui l'on attribue les tabernacles de Léau et de Tongerloo 4 ; — le célèbre poète Jean Second, qui reproduisit par le marbre les traits de sa Julie, la belle Malinoise, pour laquelle il composa une grande partie de ses Baisers ; 5 — Albert de Brûle ou Van den Brulle, d'Anvers , auquel Venise doit la superbe boiserie du chœur de l'église de Saint- Georges- le- Majeur 6; — Jacques Jongelinck, d'Anvers, auteur du mausolée de Charles le Téméraire, à Bruges, et de la statue que se fit ériger le duc d'Albe 7 ; — Jacques Daret8; — Godefroid Van der Loy 9; — Édoward Burgot, doyen de la confrérie de Saint-Luc, à Anvers, en 1535 10 ;

— le liégeois François Borset, auteur de la colonnade du palais des princes -évêques, à Liège 11 ; — Henri Cools, de Herenthals, qui exécuta (1535-1540), dans un style gothique très-délicat et très-orné, le buffet d'orgues de Tongerloo; —

1 Compte de la fabrique, aux Archives de Sainte-Gudule, III.

* Voir la Notice de M. M» De Ring sur cet artiste. Messager des sciences historiques, 4844, 93-433.

1 Geschiedenis van Antwerpen.

i PH. BaERT. — SCHAYES.

» Voir le remarquable travail de M. Tissot sur ce poêle. « Ph. Baert.

7 Ibtd. — M. A. PlICHART.

• • A Jacques Daret, tailleur d'ymaiges, la somme de Ixxvj livres viij sols. » Compte de J. Micault, de 1546 (1882). - Voir t. II, p. 459, note 4.

i Dietsche Warande, 4* année.

»• M. Va* Straelex, Jaerboek der Sint-Luca* Gilde.

"M. Polaiji, Liège pittoresque, 248.

Jean Van Dyck , auteur du jubé qui séparait le chœur de la nef de l'abbaye de Tongerloo 1 ; — J. Van Santvoort, de Malines, auteur des statues et des ornements du tabernacle de cette abbaye ?; — Wautier Van der Elstmer, qui exécuui le buffet d'orgues de style ogival tertiaire de l'église Saint- Sulpice, à Diest; tandis que Godevaert de Roose et Wilhem ornaient l'église primaire de cette ville d'un tabernacle et du retable de l'autel Sainte -Barbe 3; — Jean More, auteur du retable du grand autel de l'église de Hal 4; — enfin, Roch, « excellent ouvrier en son art et fort honncste homme, » lequel, malgré ces rares qualités, fut brûlé vif comme hérétique par l'inquisition d'Espagne s.

' Pl. Baert, Manuscrit de la bibl. royale, n» H05i. ■ Heylen, lits t. Yerhantlelinge over de voornaemste opkoinste en voordgang der land-Uouw in de Kempen, <58, 4 59.

* M. Rayemaekers, iïotice sur l'église Samt-Sulpice. Messager des sciences hist. 4857. — Van der Elstmer était, en «560, doyen de la confrérie de Saint- Luc, d'Anvers, M. Van Straeien, 1. c.

* Splendeurs de l'art en Belgique, 200.

* Cette histoire du pauvre « imager flamand » est racontée, dans une forme aussi dramatique que naïve, par un auteur contemporain : « En une ville d'Espagne qu'on appelle San-Lucar, demouroit un imager deBrabant appelé Roch, excellent ouvrier en son art, et fort honneste homme. Or. pource qu'il avoit eu quelque petite cognoissance de la vraye religion, il se desplaisoit grandement en son mestier, et pourtant avoit-il désisté de faire images pour idolâtrie et superstition, et n'en faisoit plus que quelques-unes d'excellence et où ou peust voir quelque singularité de son ouvrage. In jour il avoil fait une image en bois de la Vierge Marie, d'un excellent artifice, et la tenoiten sa boutique exposée en vente. L'n des inquisiteurs qui passoit d'aventure, la vit et luy demanda combien il la faisoit. Lymager lui dit le prix; l'inquisiteur n'en otïrit pas lu moitié. L'autre luy dit que s'il la bailloit pour ce prix, après y avoir mis tant de temps et de peine, il n'y gagueroit pas de l'eau à boire. L'inquisiteur dit qu'il n'en bailleroil pas davantage et qu'il la devoit avoir uéantmoins. Vous l'aurez, dit l'imager, si vous en donnez prix raisonnable, mais autrement je la rompra y plustot que de la bailler pour le prix que vous dites. Rompez-la pour veoir, dit l'inquisiteur. Alors Roch prit un de ses outils le premier qu'il trouva, et le jeta

L'invention de l'imprimerie n'avait pas détruit immédiatement l'art des calligraphes et des enlumineurs; il existe encore beaucoup de manuscrits copiés et enluminés, au commencement du xvie siècle, pour Marguerite d'Autriche \ qui accorda, en 1523, un subside de 120 livres de 40 gros, monnaie de Flandre, à Gauthier Chastelain, « pour faire grosser la chronique écrite par son père3. » D'autre part,

contre son ouvrage, de sorte qu'il luy rompit un peu du visage. Tout soudain il fut mené en prison comme s'il eust commis quelque grand crime. <Juoy, disoit-il, n'est-il pas en ma puissance de deffaire et de refaire mou ouvrage à mon plaisir; elle ne me plaisoit pas ainsi, je la vouloys refaire autrement. Mais tout ce qu il allégua n'eut point de lieu, on ne le voulut point ouyr. Trois jours après il fut mené au supplice pour estre bruslé comme hérétique, à cause qu'il avoit blecé la Vierge Mario. Adonc comme il estoit prest d'entrer dedans le feu, il demanda à haute voix s'il y avoit pas là de Flamants. Quelques-uns qui estoyent présens respondirent qu'ouy, et qu'il y avoit au port deux navires qui n aUendoient que le vent pour s'en aller en Flandres, et parlant s'il y vouloit mander quelque chose, qu'il le dist franchement, qu'ils feroient fidèlement tout ce qu'il leur dirait. Las ! rien autre chose, dit-il, sinon que vous annonciez a mon père qui demoure à Anvers, que j'ay esté bruslé en ceste ville, mais non pour autre chose que pour ce que vous avez ouy. Ainsi fut bruslé ce pouvre homme. Et afin que vous ne pensiez pas que ce soit fable ce que je vous dy, j'ay moi-même cherché diligemment a Anvers, à cause que la chose me sembloit trop estrange, sy je pourrais trouver quelque certitude de ceste histoire, et si le* maitres de ce mestier là en avoient ouy quelque chose; j'ay trouvé à la fin les parents de Roch, qui avoyeut demoure avec luy en Espagne et en Anvers, lesquels m'ont asseuré en la sorte que je vous l'ay racontée. Mesrae il m ont dict que le père de Roch en estoit mort de tristesse. » De l'estal du pais bas et reUyion d'Espagne, par Fbaxçois di Chesxe (Enzinas) ; Sainte-Marie, MDLVIU, 173-174.

• i otr les Manuscrits de la bibliothèque de Bourgogne.

■ Hevenus et dépensa de Charles-Quint, f ij * iiij — De U6Q à 1517, on a trouvé les noms des enlumineurs suivants, dont les ouvrages sont inconnus : Coppiu, Jacob, l'enlumineur; Étienne Toetsocn; Nicolas Knodde; Barbet Boons, à la Vigne; Germain Viellaerl; Théodore, fils de Jacques Van Gavere, Tbiebaud, l'enlumineur; Louis Liedet ; Guillaume Vrelant; BertinetteYweins; la femme de Jacques Lantsheere; Philippe de Marcke; Arnould de Cat; Clovekin, l'enlumineur; Jean Spierinck; Lievin Jaumaert, de Gand ; Jean Moke;

l'invention de la gravure en taille-douce par l'orfèvre Finiguerra, élève de Ghiberti, et les travaux de Marc Antoine, d'Albert Durer et de Lucas de Leyde, avaient exercé trop d'influence pour que les artistes de nos contrées demeurassent étrangers à ce merveilleux progrès. Lucas de Leyde surtout modifia la manière des graveurs et des peintres; la vérité de la perspective et celle du clair -obscur, source spéciale de sa grande réputation, restèrent « le principal sujet d'études, et l'on pourrait dire le patrimoine de l'école des Pays-Bas \ »

Philippe, l'enlumineur; Martin Van Axele; Jean Van Veldekens, dit Moens; Simon, l'enlumineur; Jean Macquardt, de Lille; Antoine de Trumper; Michel Mertens; Pierre Van Niederblyk; Raphaël de Busere ; Fabien, le peintre; Louis deBlock; et Simon Benninck, que Guicciardin range parmi les peintres, et dont le fils devint peintre de Henri VIII. (M. le chanoine Dbsmet, Quelques recherches sur nos anciens enlumineurs et calligraphes . Bulletins de l'Académie, XV, 2" partie, 76.) On peut citer encore : Evcrard Hasembourg, de Gand [Voir t. IV, p. 393); Gérard Horenbout; Thierry Jacobssone; Arnoukl Gelasemekere; Adrien Reynicrs, de Bruxelles (M. A. Pinchart, Archive». — Biographie) ; Jean de Roovere (« A Jehan de Roovere, illumineur, ci-devant clerc de l'oratoire de la royne de Portugal, la somme de dix-huit livres de xl gros, monnoîe de Flandre, laquelle somme madite dame, par ses lettres patentes en dale de ixe jour du mois de décembre xv « xxvj, luy a ordonné prendre et avoir d'elle pour une fois en paiement de deux pièces dillumineure qu'elle luy a fait faire pour mectre en tableaux. » Compte de J. de Marnix, de 4526 (n° 4802), f° ij • xiij *») ; Jérôme de Roovere (M. Pimchart, Archives. N, p. 24) ; Corneille le Lorimier, qui devint un des promoteurs de l'inquisition [Ibid., I, 97; II, 24); Guillaume Dulken; Jacques Voewaters; le chroniqueur Égide ou Gilles Van der Hecken, de Bruxelles; (M. A. Waitbrs, Histoire des environs de Bruxelles, III, 698) ; et le chroniqueur Gilles de Wilde, qui orna ses ouvrages de riches miniatures. (M. Goethals, Lectures, I, 32.)

• Émbric David, Histoire de la gravure. — Voir aussi la remarquable Sotice de notre ami Félix Stappaerts, sur 1 Histoire de la gravure dans les Pays-Bas. (Revue de Belgique, 2* série, III).

Parmi les graveurs belges de la première partie du xvi« siècle, brillent Théodore de Bry, de Liège, que recommande sa manière délicate; les peintres Henri Van Cleef, Lancelot Blondeel , Lambert Lombart, Jérôme Bosch, Jérôme

Pour juger combien le goût des lettres et des arts régnait alors aux Pays-Bas, il suffit de rappeler qu'on y comptait deux cents cabinets de médailles. La collection formée à Bruges, par les deux frères Lauwerein, seigneurs de Watervliet, connus sous le nom de Laurini, et d'après laquelle Hubert Gollzius a fait ses magnifiques ouvrages, était telle, «jue celle d'aucun souverain ne l'a dépassée. Malheureusement les guerres civiles la dispersèrent !. L'industrie se ressentit

Cock (Futaie David. — M. F. Stappaerts); le sculpteur Jacques du Brœrq (Gucciardi») ; Josse Lambert, de Gand, tout à la fois grammairien, poète, imprimeur et graveur {Messager des sciences historiques, 4842, 36); Jean Ltefrinck, qui exécuta une suite de planches représentant le siège de Heynsbergb, en 4543 (d'Anvers il alla s'établira Leyde, où il exécuta les dessins de la monnaie obsidionale, en 4 574. Voir les Derichten de la Société d'U trecht, 2* partie, 1 ), et les graveurs sur bois Hubert De Croc (M. A. Pimchart, Archives des Arts) et Lambert Boss (M. Van der Haegrex, llibliographie gantoise j.

• M. Octave Delepierre, Guide dans tlruges, 46, ad aun. 1515. — Aussi les graveurs de sceaux et de médailles sont-ils nombreux à cette époque, ce sont : Thomas Grammaie, » maître général des monnoies des Pays-Bas, » qui, avec Thomas Muller, essayeur de la monnaie d'Anvers, fut envoyé à Bayonne en 4530, pour recevoir la rançon des ûls de François I"; l'orfèvre Augustin de Wynler, de Bruxelles, qui grava les sceaux du conseil d'Artois; l'orfèvre Marc de Blasere, de Bruges ; l'orfèvre Antoine de Gruler, de Malines ; 1 orfèvre Pierre Huzuweel, de Bruxelles; l'orfèvre Rombaul Van deu Dorpe, de Malines, qui grava le sceau et le contre-sceau du grand conseil ; l'orfèvre Gilles Horrion ou tiorioen qui grava le sceau de Philippe 11, à son avènement au duché de Brabant. en 1555; l'orfèvre Philippe Van den Berghe, de Bruges, qui fut appelé aux fonctions de conseiller et maître général des monnaies des Pays-Bas (4500- 1510} ; l'orfèvre Henri Van der Maelen, qui grava le sceau et le contre-sceau du Brabaut, en 1524; le poète et sculpteur Jean Second, quia gravé un assez limnd nombre de médaillons et de médailles; Frédéric Croes ou Croos, Jean Pollet, graveur ou tailleur des coins de la monnaie de Flandre; Pierre Noirot, •jui le remplaça dans ces fonctions, en 4504; Jean Noirot, qui fut appelé aux mêmes fonctions en 4523, après avoir été essajeur de la monnaie de Flandre, et qui organisa, en 4525. la nouvelle monnaie de ce comté. [Herrnus et dépenses de t.harles-Qumt, 4520-4530. f° ij 1 xlv 11 devint, en 4535, conseiller et maître général ordinaire des monnaies des Pays-Bas.) L'orfèvre Jean Van der Perre, son successeur, qui exécuta un grand nombre de sceaux ; Claude V. 5

m KÊGNE DE CHARLES-QUINT EN BELGIQUE.

de ce mouvement intellectuel. « 0 y avait à Anvers rapporte Guicciardin , cent vingt orfèvres , outre un grand nombre de lapidaires et autres tailleurs et graveurs de pierreries, lesquels, ajoute-t-il, font des œuvres admirables '. »

Noirot, qui fut graveur de In monnaie de Hollande, et exécuta la gravure du nouveau carolus, frappé en 1554; Jean Van der Meer, graveur de la monnaie du Vroenhoven,à Maestricht; ses successeurs, Ulric Peeters. qui exécuta, en (521 , les coins des nouvelles monnaies d'or, Jean Haesen et Laurent Alaertsz ; l'orfèvre Corneille Plum, de Namur, qui occupa la charge de graveur des coins de la monnaie de cette ville; Lievin Vau Laethem; le sculpteur Pierre de Beckere; Antoine Van Trier, qui, « après avoir passé ses preuves de son idonyté, ■ fut nommé « tailleur des coingz et fers » de la monnaie de Campen ; Jacques Jongbelinck, non moins estimé comme graveur de sceaux et de médailles que comme sculpteur ; l'orfèvre Thomas Van Gheer, d'Anvers, qui exécuta, en 1555 et en 1556, les sceaux et les contre-sceaux de Philippe II; Jacques Zagar 1554-1573) ; et le plus célèbre de tous, Jean Van Vlierden, dit Van Nymmeghen, l'habile orfèvre, qui fut graveur des monnaies de Malines et d'Anvers; il exécuta un grand nombre de matrices pour les ateliers monétaires du Brabant, • le la Gueldre et de la Hollande, et plusieurs sceaux pour Philippe le Beau et pour Charles-Quint. Voir le consciencieux et inléressant travail de M. A. Pinchart, biographie des graveurs de sceaux, de médailles et de monnaies des l'ays-Bas, publié dans le Messager des sciences historiques. — Nous n'avons pas compris dans celte liste Corneille de Bont, qui mourut vers 1504, après avoir exécuté la plupart des sceaux de Marie de Bourgogne et de Maximilien.

Parmi les orfèvres de cette époque on cite : Pierre Leconte, Augustin de Wynler, Pierre Huzuweel, Gilles Horrion, Jean Van der Perre, tous de Bruxelles, et la plupart déjà mentionnés comme graveurs de médailles, ainsi que plusieurs des orfèvres qui suivent [Histoire de Bruxelles. — « A maistre Jehan Van der Perre, orfèvre, demourant a Bruxelles, pour vasselle d'argent ; item, une éguiere couverte; item, deux chandeliers pour la chappelle; item, deux bassins d'argent doré et une tasse dorée. — A luy, pour l'orfèvrerie dorée et blanche qu'il a faite pour les cent savons des archers pour aller a Aix. — A luy, pour l'orfèvrerie du savon du capitaine desdits archers. — A luy, pour l'argent et façon de deux flacons d'argent que l'empereur a fait prendre de luy et mettre en sa chambre des joraulx. — Pour l'argent et façon de iiij ■ de jectons, délivrés aux archevesque de Palerme, viee-roy de Naples, comte de Gavre. et maître Laurent du Blioul, audiencier, en l'an xxij. — Pour ix mille de jecloiis d'argent pour madame et ceulx des finances de l'année xxiij et

L'orfèvrerie, digne, à cette époque, detre rangée dans la noble famille des beaux-arls, ne fut pas la seule branche de

aultres de cuyvre. ■ Revenu* fi dépenses de Charles-Quint, 1520-1530, f° ij « iiij « xij *"} ; Marc de Blasere, de Bruges, un des artistes chargés de l'exécution des magnifiques reliquaires de l'église de Brou (M. A. Pinchart, Biogr.); Philippe Van tien Berghe, de Bruges, qui, de 4499 a 1506, livra à Philippe le Beau, pour l'usage de sa cour, de sa chapelle, et pour présents offerts à des ambassadeurs, des objets d'orfèvrerie et de la vaisselle, payés plus de 100,000 livres de Flandre, etc. (« A Marc de Blasere, orfèvre, demourant à Bruges, pour l'or, argent et façon de deux grands barrets d'or, et de deux torchiers sans dorure, et pour les custodes qui furent faits en l'an xxj, et délivrez en la garde des joyaulx de l'empereur. — A luy, pour or et la façon d'avoir reffait mipetit signet pour le fait des finances. • Bev. et dep., f« ij « iiij " xiij) ; Corneille De Witte, Léonard Vertellen et Jean deThillye, orfèvres de Bruges, qui furent employés par le gouvernement « louchant le fait des monnoies ; • Alexandre Van Bruxelles, Martin De Wille et Van Velde, orfèvres d'Anvers, qui furent chargés d'estimer les joyaux laissés par Maximilien (Ibid., f» ij • xxxix *°) ; Jean Noirot, qui exécuta, pour Marguenle d'Autriche, un magnifique calice d'or, orné de pierreries et de fines ciselures; Corneille Plum, de Namur; Etienne Cappelle [voir t. IV, p. 244, note IJ, Alexander, Thomas Van Gheer et Aert Van Rynevelt, d'Anvers [Revenus et dep. de Charles-Quint, f- ij « iiij »« xij) ; Jean Van Vlierden , dit Van Nymmeghen, cet « ouvrier plein d'apparence, » que Jean Lemaire invoque dans sa Couronne Maryarittque (M. Pinchart, 1. c— En 1526 Charles-Quint le chargea d'exécuter deux belles coupes en argent -Joré, qu'il donna à l'ambassadeur de Suède. Revenus et dépenses de Charles- Quint, f° ij c lix »"); Jean de Coster, de Malines, qui cisela un saint Rombaut, en argent doré, sur la coupe que cette ville offrit, en 4515, à la comtesse de Nassau (Ce travail lui fut pajé 25 livres 41 escalins 2 deniers. Azeveoo) ; Antoine de Gruter, également de Malines; Pierre de Beckere, de Bruxelles, l'auteur du mausolée de Marie de Bourgogne, à Bruges (Pieteren de Beckere, goutsmet, wonende in deser stadt van Brusse)..., van dat hv over xviij of xx jairtn geleden, gewacht, gesneden eude vergult hadde die tombe ende sepulturen van wylen vrouwen Marie, herloginnen van Oostrycke ende van Bourgongnien, enz... — Voir la Notice de M. Pimchart sur cet artiste. Bulletins de l'Académie, XVIII) ; le sculpteur et graveur Jacques Jonghelinck; le géographe Jacques Surhon ; Rombaut Van den Dorpe, de Malines, le même peut-être qui est connu comme sculpteur sous le nom de De Dryvere [Il exécuta de magnifiques ouvrages d'orfèvrerie pour Philippe le Beau et Marguerite d Autriche. M. Pimhaht, I. c. — Revenus et dépenses de Charles-Quint, f°ij c iiij «» xij) ; Aert Van Houtveld ( Revenus et dépenses de Charles-Quint, v» ij • iiij *» xij »u) ;

l'industrie qui leur dut ses progrès et son éclat '. Leur puissante influence s'étendit à toutes les applications industrielles, qu'ils stimulèrent et vivifièrent, en même temps qu'ils répandaient, en l'épurant, le sentiment du beau.

La Belgique eut une large part à la révolution qui, au commencement du xvie siècle, s'opéra dans la musique, comme dans l'architecture, la peinture et les autres expressions de la pensée humaine. De tout temps, nos compatriotes eurent la réputation d'excellents musiciens, et dès l'époque de Philippe le Bon, la musique de la cour de Bourgogne était considérée comme la meilleure de l'Europe. Plus tard Maximilien emportait des Pays-Bas en Allemagne les véritables traditions de l'art musical ; en France et en Italie c'étaient aussi des artistes belges qui excellaient 2. Aussi appelait-on les Belges les maîtres et les restaurateurs de la musique. « Ce sont eux, dit Guicciardin, qui l'ont relevée et amenée a la perfection. Ils y sont si propres, que hommes et femmes chantent

l'ierre de Nyvelaere, Rev. et dépenses de Charles~Quint, f" ij * iiij »* xiij- ; etc. — Ajoutons-y Antoine Van fîravenberch, le graveur et tailleur de pierres de Charîes-Quint. Ibid., t°* ij « lxxvj et ij « iiij « viij

■ Les fondeurs belges, entre autres, jouissaient alors d'une grande réputation. On cite particulièrement les frères Moer, qui fondirent, en <5I5. la célèbre cloche de Saint-Servais. à Maestricht (M. A. Scbakpkens, Mémoire sur tes cloches et leur usage. La Belgique, 4857) ; René Van Thienen, de Bruxelles, des creusets duquel sortirent les statues de bronze des bailles du palais {Hixt. de Bruxelles. I, 322); Médard Waghewyns et Simon Giclis, de Malines, qui roulèrent plusieurs cloches pour les églises de cette ville (Auvkdo, adann. 1521 et <S25).

* ■ Il n'est pas inutile de remarquer, dit l'auteur des remarques sur Rabelais, que la plupart de nos anciens musiciens étaient Flamands et qu'on leur doit les progrès de la musique eu France *

« Plusieurs de ces fameux musiciens flamands, nommés par Guicciardin, dit Arteaga, séjournèrent longtemps en Italie, et acquirent une si grande autorité en perfectionnant le contre-point, qu'ils firent entrer leur goût national dans la musique italienne » Révolutions du théâtre musical de Vltulie.

comme d'instinct, avec mesure, avec grâce, avec mélodie. Ils jouent de tous les instruments, et il n'y a pas de cour de prince chrétien où il n'y ait de musicien belge. » — « Les Belges, écrivait l'ambassadeur de Venise, F. Badoaro , paraissent nés pour la musique, et ils possèdent des compositeurs du mérite le plus éminent '. » — « On peut dire avec vérité, ajoute V. Quirini, qu'en Belgique la musique est parfaite \ »

Charles-Quint, Marguerite d'Autriche, Marie de Hongrie accordèrent à la musique de sympathiques encouragements, et, sous leurs auspices, se forma une pléiade d'artistes qui répandirent la gloire de notre patrie dans l'Europe entière. Le xve siècle avait produit Jean le Teinturier, de Nivelles, qui fonda a Naples, de concert avec Gaflbrio et Garnier, la célèbre école à laquelle l'art musical dut tant de progrès en Italie ; — Simon Van der Eycken, de Bruxelles, le maître de musique de l'églie e métropolitaine de Saint-Ambroise à Milan ;

— Josse Van Ockeghem, de Termonde, le père du contrepoint moderne, le fondateur des premières écoles de musique, qui eut pour élèves les plus célèbres maîtres du xvie siècle,

— entre autres, Josquin des Prez (Josse Van den Bemden), de Berchem-lez-Anvers, a l'idole de l'Europe ; » Garnier et Pierre Delarue, de la Flandre, dont quelques productions sont encore citées comme des chefs-d'œuvre. Continuer la renommée de tels hommes était une lourde tâche, et cependant leurs successeurs n'y faillirent point.

C'est avec orgueil que nous pouvons citer les noms d'Adrien Willaert, qui fut maître de musique de l'église de Saint- Marc, à Venise, forma des élèves devenus l'honneur de

• Relation*, 78.

• Monum de la diplomatie vénitienne, l e.

l'Italie, et inventa, dit-on, la musique à plusieurs chœurs ; — Alexandre Agricola, le célèbre contre-pointiste flamand; — typrien de Rore, de Malines, surnommé le Divin; — Hubert Waelrant, d'Anvers, qui le premier tenta de réformer l'échelle musicale ; — Roland de Lassus, de Mons, qui reçut de ses contemporains, le titre de Prince des musiciens, brilla dans les cours de Naples, de Sicile, de Rome, de France, de Munich, fonda un grand nombre d'écoles, et laissa des œuvres immortelles ; — Nicolas Gombert, auteur de ce magnifique Ave Maria qui a mérité, de nos jours encore, de si vifs applaudissements 1 ; — son successeur dans les fonctions de maître de la chapelle de Charles-Quint, Thomas Créquillon, placé au rang des plus fameux compositeurs de son temps ; — Philippe Verdelot, son émule ; — Anselme de Flandre ou le Flamand, considéré par quelques auteurs comme l'inventeur de la gamme moderne ; — Gérard Geerkin de Hondl , auteur de la mélodie de Grysaert, dont la popularité semble n'avoir pas complètement cessé; — Chastelain, maître de chapelle de Soignies, qui refusa de devenir maître de chapelle de Philippe II; — Jean Ronmarché, d'Ypres, maître des enfants de chœur a la collégiale de Courtrai, qui accepta les offres repoussées par Chastelain , et compléta avec des musiciens flamands la chapelle royale de Madrid ; — Josquin Baston, dont les motets eurent un grand retentissement; — Jacques de Kerle, d'Ypres, qui, après avoir dirigé la musique de la cathédrale de Cambrai, composa la musique des prières chantées au concile de Trente; — et enfin son contemporain, Philippe de Mons, le dernier des compositeurs illustres qui

1 II a été exécuté au premier des concerts historiques organisés par le savant directeur du conservatoire de Bruxelles, M. Fétis, au bénéfice des incendié» du grand théâtre de cette ville, le 24 février 1855.

avaient donné h la Belgique une si éclatante et si légitime suprématie dans le monde musical '.

Cette suprématie fut reconnue par l'Italie et par l'Allemagne mêmes; Roland de Lassus fit accepter son œuvre comme modèle, et tous les souverains de ces contrées prirent successivement des maîtres de chapelle belges. La première chapelle qu'il y eut en Espagne, y fut formée par des artistes

' On peut citer encore Charles Frenand ou Fernaud, de Bruges, qui fut à In fois littérateur et musicien distingué, que Charles VIII nomma son « premier musicien (De la Ser.ua Sajitander. — M. Goethals) ; » Brumel ; Pierchon ; Compère; Verbonnet; Prioris; Gaspard des Prez; Martin Bourgeois, chapelain des maîtres d'hôtel de Marguerite (M. A. Pinchart, Archives des arts) ; Jacques Bouquet, Buquet ou Boquet, qui fut successivement organiste de cette princesse, de Charles-Quint et de Marie de Hongrie (Comptes de J. de Marnix. n* 4805 et suiv. — M. Gaciurd, Rapport sur les Archives Je Lille. — M. Pinchart, la Chapelle des souverains des Pays-Ras ) ; Henri Bredeniers, organiste de Philippe le Beau et maître de la chapelle de Charles-Quint (Revenus et dép. de Charles-Quint, 45ÎO-4.H30, f° ij «Ixxiiij •*); son élève, Étienne Diedegbem (M. Pinchart, Archives) ; Pierre Van den Hove, qui composa plusieurs livres de chant pour la chapelle de Charles-Quint ; les maîtres de chapelle et orgar nistes de ce prince Florent Nepotis (Compte de Jean de Douvrin, précité, f* xxxix »•), Nicolas Champion, dit Liégeois (M. Pinchart, la Chapelle); ses chantres Godelscalck Oem, Gilles Reyngot [Revenus et dépenses de Charles- Quint, 1. c, f°* ij « lxlj ij « xlij etij « I *"), Henri le Liégeois (Compte de J. de Marnix, n«4798, f» ix « xix) ; Jean Goessens • Benoit d'Appenzell, dit Benedictus, maîtres des enfants des chapelles de Marguerite et de Marie de Hongrie; Sigismond Yver, Roger Pathie, organistes de la douairière de Hongrie; son joueur de viole, Vincent Rigler (M. Gachard, Rapport précité) ; Jean Fuisnier, d'Ath, « savant et excellent musicien, docteur en droit, poète lauréat et célèbre mathématicien, qui après avoir été directeur de musique de l'archevêque de Cologne, devint précepteur des pages de Charles-Quint, et accompagna

• « A maittre Jehan Gotsit», mai»lrc de* enffaos de la cbappelle de feue madame, la tomme de 95 livre* 18 sol» dudil prii de aitaroir : iiij ** v livre» viij *ol«, pour avoir enfreieno Joacbim de T«Jle*M#re, dit Cabiflau, jadis l'ong dra enfant de *a cbaprlle, da Uble , gifle, nretoyage , de linge et -uiir. mmi ra lotitea aullre* manière*, comme lu aoirea enffana de la cbapprlle de audits frae dame, l'eapace de siiij aaoia; et I livre* I »ol», pour, par ordounance de madile feue daaae, avoir rate è* lieux de Haynau, Flandre* et Terremonde, ou il a varqul, 4 aerrber et trouver aog enfant propre et duiiant pour aervir en ladite ebapelle, îîiij jour* enlirr*, au prit de x »oli par jour. » Compte de la veuve et dr» hoir* de Jean de Marnix, prêche, fo ij c iiij.

belges amenés par Philippe le Beau; sous Charles- Quint 1 et sous Philippe II 2, ce fut la Belgique qui lui fournit des musiciens. On voit Ferdinand prier Marie de Hongrie de lui envoyer un maître de chapelle flamand 3, et ses successeurs n l'empire suivirent son exemple. La chapelle de Charles-Quint était, dit un contemporain, la meilleure et la plus complète qu'on pût rencontrer, les chantres, au nombre d'une quaran-

ce prince, en qualité de musicien , dans son expédition de Tunis (De la Serna Samtauder); Pierre Alamire, qui composa plusieurs œuvres de musique pour la chapelle impériale (Revenus et dép. de Charles- Quint, 1. c, f° ij * iiij " x) ; Thierry de Relmont, maître des enfants de chœur de l'église de Sainte-Gudule. à Bruxelles (Compte de J. de Marnix, n° 4805, f° ij e xxiiij) ; Pierre de Vicq, de la Flandre (De la Serna Sa.-stander) ; Louis Brooman, de Bruxelles {Histoire de Bruxelles) ; Henri lsaac, Jean Mouton, dont parlent Rabelais et l'auteur du Rellum musicale; Guillaume Crétin; Jacques Arkadelt, chanteur belge de la chapelle pontificale à Rome ; Benol! Hertogs ou Ducis, qui alla se fixer en Allemagne; Jean Richaforl; Jacques Clément; Gérard Dussaulx, de Turnhout; Charles Lejeune, de Valenciennes ; Severin Cornet, delà même ville, maltiv des enfants de chœur de la cathédrale d'Anvers (M. F. Delhasse. le* Belges musiciens des diverses époques. Le Guide musical, 4855) ; Tilman Susato. compositeur et éditeur de musique à Anvers, 4542-4556 (M. A. Pinchart, la Chapelle) ; Jean Ghiselin ou Ghiselain, du Hainaut; Pierkin de Raedt, de la Flandre; Jean Régis; Jean Guioz, de Châtelel ; Corneille Canis; Jacques de Berchem ; Jacques de Weert, auteur de messes, de motets et de madrigaux, qui fut maître de chapelle de Ferdinand I"; Jérôme de Vinders, connu par une lamentation à sept voix sur la mort de Josquin Des Prez ; Matthias, qui brilla à Milan et à la cour de Saxe.

Consultez, au sujet de nos gloires musicales : De la Serna Santander, 1. c. — Le Maveur, 1. c. — M. F. J. Fétis, Biographie universelle des Musicien*.— M. É. Fetis, les Musiciens belges. — M A. Tnvs, Historique des Sociétés chorales de Belgique

' « A Jehan de Montmorency, seigneur de Courrières, en prest pour lever aucuns chantres et les envoyer en Espagne, v e livres » Revenus et dépenses de Charles-Quint, 4520-4530, f» ij « iiij " x. — M. Pinchart, Archives des arts, I, 235.

• loir les lettres de Philippe II à Marguerite c*e Parme et au duc d'Albe, publiées par M. Ê. Fétis, les Musiciens belges. 3 Ibid.

laine, ayant été choisis dans les diverses provinces des Pays- Bas, t qui sont aujourd'hui, ajoute-t-il, comme la source de la musique'.» Ce brillant mouvement fut malheureusement arrêté par les terribles événements politiques qui marquèrent la fin du xvi* siècle. Les écoles se fermèrent au milieu de luttes sanglantes; nos musiciens ne trouvèrent plus, dans la patrie opprimée , ni inspirations , ni ressources , et l'Allemagne , recueillant nos proscrits et nos émigrés, ramassa le sceptre musical qui s'échappait de nos mains.

' Relation de M. Cavalli, I. c. — Dans le registre des Revenus et dépenses de Charles-Quint, de 1520 à 4530, on lit, au f° ij « xviij : « A maistre Jehan Goessens, maistre des enfans: Guillaume, chantre bas-contre; Jehan de Lewaerde, hault-contre; Jacques Bugnot, organiste: Philippe Bouton, Joachim de Toilenaere, dit Cahillau, et Guillemin Brunneau, enffans; et Pierre Maillotin, souffleur des orgues de la chapelle dudit seigneur empereur, ordonnés vers madite dame à cause de leurs gaiges, assavoir : ledit maistre Jehan Goessens, de xhij sols, ledit bas-contre, baull-contre et organiste, chacun de ix sols par jour; lesdits iij enfans, iiij sols par jour ; et ledit souffleur, ung sol par jour, que l'empereur leur a ordonné le xxvj* de décember xxviij. »

Dans le Catalogus familiœ totius antœ cœsareœ, publié, pour les années 1547 et 4548, par Nicolas Mamera.ms (De Marner), on trouve mentionnés comme chantres de l'empereur : « Vox pressa; bossus : Mathias Radumel, Johannes Hermannus, Petrus Mustœus, Antonius Coquus. i os média, ténor : Michael Lupus, Victor ab Harlemio, morluus Ulmœ, 2 martij, anno 47, Petrus Brabantius, Nicolaus Lenglesius, jam dimissus, Hupertus Hanteletus, Johannes Bertaus. Vox alla; altus : Carolus Bursa, Antonius Cauvenbergus, Egidius a Molendino, Natalus Tonnequinus. Vox acuta; discantus : Johannes Custodis. Pueri decem. Magister Adrianus Lovius et puerorum sacelli prœceptor. Magister Johannes Lestanuier, organiste.

Page 1