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Histoire du règne de Ferdinand et d'Isabelle

cklafin da xv* sibilo. — ÏUktions plus intimea entre le» Ëtots. — Ia politique italienne. — Fr£tealîoiu de Cliarlea VIII sur le (Dyaxne de I^&ples. — Tnûté de Barcelone. — InTasioD française à Sspka. — Mécontentement de Ferdinand. — Tactique et troapea des fifizoïtes n&tîons. — Préparatifs de l'Espagne. — Bnvoi d'une iwlusiiiiiLi à Charies TIII. — Hardiesse de» enTOjés. — £nti£e dea Trastaig k Naples.

NoosToici aiTÎTés è cetle époque mémorable, où les diffé-

foles nations eDropéenaes, fraDchissant les barrières qui

ksam'eDljDsqae-lîi séparées, portèrent, comme par un éiao

naJlaaé, leurs forces hostiles sur on théâtre commun

'actwD.Dans la première partie de cette histoire, bous avons

ntoaunent l'Espagne se prépara à la lutte par la réunion .

et Ki différents États en un seul et par les réformes inté-

lienres qai permirent au gouvernement d'agir avec vigueur.

Legéaie de Ferdinand se montrera aussi prééminent dans

la reJalioDS extérieures du pays, que celui d'Isabelle dans

raJfflinistratioii même du royaume; c'est ainsi que l'histo-

rien exact et bien infornié, qui a jeté le plas de jour snr cette partie des annales Dationates, ne cite même pas le nom de la reine dans son introduction et attribue exclusivement la conduite de ces affaires à l'ambitieux Ferdinand. Cette opinion est suffisamment justifiée à la fois par le caractère prédominant de la politique suivie, bien différente de celle que révélèrent les actes d'Isabelle, et par ce fait que les conquêtes étrangères, quoique dues aux efforts réunis des deux couronnes, furent entreprises au nom de l'Aragon, qui finit par se les approprier.

La fin du xv° siècle présente, dans son ensemble, le point de vue le plus saisissant qui soit dans l'histoire moderne ; nous pouvons de là contempler l'achèvement d'une importante révolution dans l'organisation de la société politique et la première application de plusieurs inventions, destinées à exercer la plus grande influence sur les progrès de la civilisalioa. Les institutions féodales oa plutdt le principe féodal, qui agissait même dans les endroits où ces institutions, à proprement parler, n'existaient pas, après avoir rempli sa destination, s'était peu à peu affaibli, car il ne pouvait satisfaire aux exigences nouvelles d'une société en voie de transformation. Ce partage de la puissance entre les membres d'une aristocratie indépendante, s'il avait convenu h des temps barbares, excluait ce degré de sécurité personnelle et de tranquillité, sans lequel la civilisation ne peut guère progresser; n répugnait Clément k ces sentiments patriotîqaes, qui, essentiels à l'indépendance nationale, devaient languir chez un peuple dont les sympathies, au lien de se concentrer sur l'État, se portaient sur cent maîtres différents, comme il arrivait dans tout pays féodal. Cette conviction fit désirer au peuple le transfert de l'anlorilé dans d'autres

EXPEDITION DE CHARLES TIII EK fFALIE. 9

■ÛBft. DOD dans les siennes , — il était trop ignoraDt et tukilaé depuis trop longtemps k une position subordonnée, iêpcMbate, — mais dans celles du souverain. Ce n'est que -mis siècles plus tard que la condition de la masse de la luioaderaii être assez améliorée pour qu'il lui fUt possible de tàime* et de naaioteoir la considération politique à laquelle :âle a droit.

A quelque degré que l'opinion publique et la marche des K fassent favorables ïce changement, le monarque e devait évidemment y conlriboer beaucoup par son anctère personnel, car les avantages de sa position ne «fisaîcat pas ponr le mettre en étal de lutter contre les ;«rces combinées de ses redoutables vassaux. Fait remar- ^obleet, dirait-on, providentiel, les principaux souverains le l'Europe, dans la deinière moitié du xv* siècle, furent '^ que les réclamaient les circonstances : Henri VII d'Anziclefre, Louis Xf de France, Ferdinand de Naples, Jean II l' Aragon et son fils Ferdinand, enfin Jean II de Portugal, si Méreats sons d'autres rapports, se distinguèrent tous par ■KUgacité qui leurfit imaginer les plans politiquesles plus ■tites, les plus subtils, et leur fournit mille expédients pour inmpff des ennemis puissants qu'il eût été dangereux d'ataqger ouvertement.

1/s eflbrts de ces princes, dirigés vers le même but, inst couronnés d'un égal succès; ils élevèrent la prérogaliie ronde aux dépens de la noblesse, avec plus ou moins {<piA aux droits du peuple, selon les pays ; eu France, par aaafk, eeax-ci Tarent l'objet d'une indifférence presque ùmÀae, tandis qu'en Esp^e ils furent respectés et protégés io«radmii)istratîon pateroellede la reine, qui tempérait la ulitiqae moÎDS sc^rupuleose de son époux. Partout cepen-

10 RÉGNE DE FERDINAND ET d'iSABELLE.

dant la nation, en géaéral, gagna beaucoup à cette révolution qui s'opéra insensiblement, du moins sans imprimer une violente secousse à l'édifice social, et qui, ea assurant la tranquillité intérieure et le triomphe de la loi sor la force, donna nn libre essor à ces études intellectuelles, qui détachent l'homme de la sensualité et d'une complaisance exclusive pour les besoins de sa nature animale.

Aussitôt que l'oi^aaisation intérieure des différentes nations européennes reposa sur un6 base solide, elles eurent le loisir de porter leur attention, jusque-l^ renrermée dans les limites de leur territoire, sur une sphère d'action plus importante et plus éloignée. Les relations internationales furent considérablement facilitées par plusieurs inventions utiles, qui datent de cette époque ou furent alors, pour la première fois, appliquées d'une manière étendue. Citons l'imprimerie qui répandit les connaissances avec la rapidité et l'universalité de la lumière, la poste qui, établie par Louis XI, devint d'un fréquent usage au commencement du XVI' siècle, et enfin le compas qui, guidant sûrement le marin à travers un océan inconnu, rapprocha les régions les plus lointaines du globe. Grâce à ces nouveaux moyens de communication, on peut dire que les différents États de l'Europe s'unirent aussi intimement que les provinces d'un même royaume; ils commencèrent alors, pour la première fois, à se considérer comme les membres d'un seul corps dont l'action les intéressait tous. Il s'attachèrent avec plus d'attention à scruter la cause des mouvements politiques qui se produisaient chez leurs voisins. Les missions devinrent fréquentes et desagentsaccrédités, espèce d'espions honorés, furentplacés auprès des principales cours. On étudia la science de la diplomatie, conçue d'une manière plnsétroitequ'aujour-

ED^rnON DB CHARLES TIll KS ITALIE. 11

fim',(m forma peu à peu des plans d'agression et de résis- . !iKe,coiMlnisaDt anx combinaisons les plus vastes et les pins «npliqnées. Qae Ton ne s'imagine pas toutefois qa'on eût isfl ï cette époqoe , une idée bien nette de la balance des yganees; od ne s*alliait que dans un but de conquête et de matse, DOD pour le maîntieu d'une théorie abstraite d'équi- Qn politiqae ; celle-ci fut le résultat de réflexions bien plus profondes et d'tme longue expérience.

La dÎTection des relations internationales, à la an du

n* siècle, éuit entièrement abandonnée aux souverains ; les

pciples n'y |»enaient part ou intérêt que pour autant que la

jnpriélé privée fût atteinte. Aussi ne voyait-on que trop

snvoit le monarque agir avec une témérité et une précipi-

lUtoD qui n'aoraient pas été possibles, s'il avait été contenu

pu Bne intervention populaire. Les princes témoignaient

d'ïi&eors on étrange mépris pour les droits et les intérêts de

h nation ; ils considéraient la guerre comme un jeu auquel

b s'engageaient, non pas au nom de leurs sujets mais exclu-

inenrat an lenr ; comme des joueurs acharnés, ils se dis-

pitûeot les dépouilles on les honneurs de la victoire, avec

futaat plas d'insouciance que leur position élevée les met-

lui à i'abri de tout dommage matériel. Ils luttaient avec

uwte Panimosité de sentiments personnels, employant tous

les DtoyeDS, quels qu'ils fussent, et n'en jugeant aucun con-

àmiable, s'il pouvait assurer leur succès. Les maximes

< Le • ^gaxion« * on. oorrespondance oEBcidle de ïfachiavel, duis les baratta oonrs eaiopéeruies oiiil ijtida, peat être considiri comme le moikI k idiis complet de diplomatie, ad cominenoement dn xti' siècle ; û dame ^a* de détail» curietu qu'aucune histoire régulière sur les mata intéiienrs des gonTenemetita et montre la variété , l'étendue des ^TDcn OM le miiûstre résident eut i rempUi, dès le joui où dirent créées

I» RÈCKE DE FmUaHAHD ET D'iSUBLLB.

d'État les plas boateuses étaient oaveileinaDt proressées par des bommes jouissant d'ane léputatioB d'^aoeor et dlot^rilé. Ëa mi mot, la diplomatie de cette époque recourait presque partout à àea ruses, des fourberies, des ssblerfugea, que I'od eâl juslemest Ûétria clwz ua particalier.

L'Italie était, sans doute, la grande école où s'enseignait cette moralité politique. Ce pays était divisé en un certain nombre de petits États, dont aucun n'était assez supérieur aox antres pour pouvoir prétraidre à une siliprématie abso- 1m ; cependant tous avaient besoin de la plus grande vigitaoee pour se défendre cwlre les princes voisins. 'De lii aoe cMuplicatioD d'intrigues et de combinaisons, comme jamais k monde n'en avait vue. Une politique subtile, raffinée ooafenait au génie des Il^icns; elle fut aussi, en partie, le réwllat de leur haute culture inteliectnelle, qui les porta aatorellement i se conûer, pour vider lenrs contestations, k leur adresse supérieure plutôt qu'à la force brutale, comme les barbares d'au delà des Alpes. Pour ces caoses et d'anlies, on vit pen à peu s'établir des maximes si monstrueuses, qu'elles donnèrent à l'ouvrage ofa elles forent, pour la première Ibis, réunies en nu système relier, l'air d'une satire ot non d'an écrit sérieux, et que le nom de l'attenr devint synonyme de perfidie politique ^

A l'époque ofi nous sommes arrivés, les principani ËlaU de l'Italie étaient les républiques de Venise et de Florence,

< Les tniiét polîtiqnfs de KaotÙBvel , son FrmM et «es Diteomt mtti«-LiM, pnbliéa aprtt m mort , ne caosËrnit ancsn «»iidala i l'jpoqiâ ob lia pMwnt ; ili Bortireiit DièBe du fmMca pODti&iale*, B«ec prifilige dn pnpe régHout, Clément VU. Ce n'sit qa'ue tnataiue d'onnin pliu tud qu'Us forent nia à l'index, et cel» non i, caose de l'iiQiiKmliU d«s mazimee qu'ils renferment, mua, comme Gïnguené l'a bien prouvé, dn aeomationa qui j sont portées oontce la oonr de Borne.

Exv«Drn«n de ckjirles vu kr itaub. 13

c ihcbé de MilaD, le samt-siége et le royaume de Maples ; b wtm n'élaiait, pour aûisi dire, que de simples satetivt grantant antoor de l'aiie on de l'antre de cea piiisuKo, qui refilaient et dirigeaient leurs mouvemeBts. £d lipid i ses richesses, à sa redoutable Diarine, k son ternaire dans le nord et Ji ses magnifiques possessions coloïdet, Venise poavaic être considérée comme la plus tanaidable de ccb puissances. Il n'y avait pas de gouveme- ■Mi, dass ce temps, qni tilt l'objet d'une admiration aussi pMnle, dans la péninsule et au dehws, où l'on paraissait ie regarder comme le plas beaa modèle de sagesse poli- B^; cependant il n'y avait pas de pays où le citoyen joutt k noias de liberté positire, et oii les relations étrangères HrtMseot l'empreinte d'un égoïsme ploa absolu, d'uo esprit flMétroit, fias mesquin, plus digue d'une compagnie de ■arehanda que d'on grand et puissant État. Mais Venise aekeuit loos ces défauts aux yeux des contemporains par la bbilité de ses institutions, restées debout au milieu des KTolBlions qni avaient ébranlé ou renversé tontes les autres «Italie.

Le Milanais était goaveroé par Ludovic Sforza ou Ludovic k Vore, comme ce prince est ordinairement appelé, aom fti\ devait à son teiot basané, mais qu'il conserva volontiers (BBae indiquant l'adresse supérieure qu'il se flattait de VMtter; U exerçait l'antorilé au nom de son neveu, alors ûenr, en attendant qu'il s'offrit une occasion favorable pour rasnrper ; cet homme, d'un caractère Troid et perfide, Àitt looillé de tuas les vices reprochés aux hommes d'État It* ptos corrompas de lltalie, dans ce temps.

V« centre de la péninsule s'élevait la république de Flonace, autrefois point de ralliement des amis de la liberté, et

14 RÈGNE DE FERDINAND ET d'ISABBLLE.

trop souvent des factieux, mais alors cette cité était soumise k 1^ domioatioa des Médicis, et les goâts éclairés, la noble manificence de ces asarpateurs ODt jeté sur leur administra- Uon un éclat qui a trompé les jeux des contemporains et même de la postérité.

Le trône ponliGcal était occupé par cet Alexandre VI, dont leH écrivains, catholiques ou protestants, ont également flétri la dissolution, la cupidité et la cjnîqne impadence. Ce pape avait dû sa fortune à la corruptiou, à son habileté consommée et à son éq^ie de caractère; bien qu'il fût Espagnol de naissance, son élection avait été vue avec beaucoup de déplaisir par Ferdinand et Isabelle, qui craignaient le scandale qu'elle devait occasionner dans l'Église ; d'ailleurs ils avaient peu à attendre, au point de vue politique, de l'élévation d'an de leurs propres sujets, que son âme vénale asservissait au plus haut enchérisseur.

A Naples r^ait Ferdinand I". Le père de ce roi , Alphonse V, oncle de Ferdinand d'Aragon, avait dû sa couronne il Jeanne de Naples, qui l'avait adopté, ou plutôt à sa bonne épée ; il légua sa conquête à son fils illégitime, Ferdinand, au préjudice des droits de l'Aragoo qui l'avait payée de son sang et de son or. Ce prince, bien différent de soa noble père, avait le caractère sombre, astucieux et féroce; il passa sa vie à lutter contre ses hauts barons, dont un grand nombre soutenaient les prétentions de la famille d'Anjou. Grâce à son habileté supérieure, il put déjouer tontes les tentatives de ses ennemis; il ne recula devant aucnn acte de perfidie ou de violence, si atroce qu'il fât, et eut enfia la satisfaction d'affermir son autorité, désormais incontestée, sur ses sujets tremblants. Il avait près de soiiante-dix ans à l'époque dont nous nous occupons, en 1493 ; l'héritier pré-

ETPADITION de CHARLES TID EN ITAUE. IS

kwfûfdn tr6ae, Alphonse, aussi sanguinaire, ne possédait -e» même degré que lui le talent de la dissimulation.

Ttfle était la physionomie des principales cours de la tàÏBnle, it la fin du xv" siècle. La politique italieune était Htessïiranait dominée par les tendances et les vues, cstMiidlement égoïstes et personnelles, des grandes puissKCs. Les aociennes formes républicaines s'étaient peu à M elfacées pendant ce siècle, et d'antres, plus arbitraires, feinieot remplacées; le mot de liberté était, il est vrai, isoit cDOHe sur les bannières, mais l'esprit de liberté nkdispani. Dans presque tous les Étals, grands ou petits, «IqM aventorier militaire ou quelque rusé politique a?ait i^ï s'élever sur les ruines des libres institutions de son pq,et semblait n'avoir (l'autre pensée que d'étendre encore MïBtorité et de la garantir contre les conspirations et les KnhikHis, provoquées naturellement par le souvenir de raeione indépendance. Il en était ainsi en Toscane , k Viha, à Naples et dans les nombreux États inférieurs. A B«e, le pape ne se proposait rien de pins que d'entasser <ar a bmille les richesses et les honneurs. En un mot, tout fnTcroemeat paraissait agir dans l'intérêt exclusif de son chef; Venise était la seule puissance, qui (iftt assez forte, UKi stable pour former des projets plus vastes, et cenx-ci ■cme, comme nous l'avons dit, étaient conçus dans l'esprit àroii et calcolateor d'une corporation de marchands.

Hais, tandis qae le feu du patriotisme él^it éteint dans le tmr des Italiens et qae ni l'amour du bien public, ni même la menace de l'invasion étrangère ne poutaient les décider is'eateodre ', la situation intérieure dn pays était des plus

' Om m eiit an exemple iBmarqiuble au milieu dn xt° siàole , lorsque

M RfiGNE DE FEHDIKAND ET d'iSABEUB.

florissantes. L'Italie avait bien devancé les autres nations européeDnes dan» la voie de la civilisation ; elle offrait parfont le spectacle des progrès dos k noe iocessaole activité inlellectaelle. La péninsule ressemblait à un jardin : < toutes les plaines y étaient cultivées jusqu'au sommet même des montagnes; Hère de sa nombreuse population, enrichie par un commerce immense, illustrée par la inagaificence de maint prince, par la noblesse et la beauté de mainte cité et par la majesté de ta religion, elle était ornée de tous tes dons, rares et précieux, qui rendent le nom d'un peuple glorieux entre tous. ■ Cest sur ce toa d'enthousiasme qu'on historien toscan célèbre la prospérité de sa patrie, au momenl même où te fléau de la gnerre allait eu dévaster les belles vallées.

Cette heureuse tranquillité devait être détruite par la ter> rible invasion que l'ambition de Ludovic Sforza attira sur la péninsule. Ce prince avait déjà organisé une coalition des puissances du nord de l'Italie, pour s'opposer à t'intervention du roi de Naples en faveur de soo patit-âls, te duc légitime de Hilaa, que son oncle tenait dans la sujétion, pendant une longue mioorité, tandis qu'il exerçait en son nom les fonctions réelles de la souveraineté. Ne se sentant pas suffisamment défendu par ses alliés, Sforza invita le roi de France à ressusciter les anciennes prétentions de la maison d'Anjou sur la couronne de Naples, lui promettant de Taider de tout son pouvoir; le rusé politique voulait ainsi détourner l'orage de sa tête, en donnant à Ferdinand assez d'occupation pour lui dter le loisir de l'inquiéter.

rînTasiou imminente àta Turca dans la pémnaole, peu apràa la dwtraclioa du rojauroe arabe et du bas empire, ne put ni oabner les faotiona ni fixer, mBme pour on instant, l'attenlioii dsa Etats italiena.

DE CBiRUS Vni EN HUJE. 1T

Le tfdae de France, à cetl« époque, était occupé jttf

Daries VHl ; ce moDaMpie, ï pane âgé ^ vingt-deDK ani,

tait fe Uk de L.oiiis XI, qni ki avait /ait donner une édo-

tÀn fCB cMivenalïle, hod sealeittent pour an roi, nais

»j»» pear un simple gentilhomme; il ne TOttliH pas, dît

ëruÉtaie, qae son héritier apprit d'aatre latin qne u

■uiHie faivoricle : « Qw ntêàt dissitaulare, neseit regnare. >

âarie&, devenu son propre maître, «Percha, mais avec peu

k jagement, à compléter soo iastraction; ses étades faw-

Bis éuiait les exploits des conquéranls célèbres, particu-

léKmeDt de César et de Giarl^uagoe ; ees récits rempli»-

aat sa jeune hnagination de vagoes et chimériques idées

k^iÂn. Les tmimois et les autres exercices cheTatereBqses

SB il se piMsait contrîbuëreDl Ji l'entretenir dans ses illu-

MDs, et il Huit par se prendre poar on valeureux paladm

et nm», deMÎDé b accom^ir une grande et péiilleuse

atrepnse. Un oertain indice de cette exalution de senti-

■eus fut le nom de Roland cpi'il donna à son fils nDÎ^pie,

tapis le fomeax héros de RoDCÈvanx.

Sifait par ses rêves ambitieux, Charles VIII accueillit WBpfaÎBimraeiit les artiScieuses propositions de Sfbrza; tes wB extravasante vanité, caressée par des courtisans idtlatrars il affecta de conadérer une enueprise contre Ib^commenn premier^aasdansunecarrièredeconquétes ■IvkiHaBles, qui devaient aboatir k la prise de Consta&ti- BHie et à la délivrance dn saint-sépnicre; il alla méine jÊm\ a^eter ii A-odré Paléologue, neveu «t héritier de CoKtwtin le dernier des Césars , ses droits sur l'eB^ire

Rits ne wstifiai^ d'après les principes établis anjonrfbni la reTendicatioQ do trOne de Naples par Charles Vfll.

18 RÈGNE DE FERDINAND ET d'ISABELLE.

SaDs discuter tes anciennes préteutions des maisoDS rivales d'Aragon et d'Anjou , nous nous borneroos à rappeler qu'à. l'époque de Tinvasion française ce trône avait été occupé sans iotervalle, pendant plus d'un demi-siècle, par trois princes aragonais, sotenaellemeot reconnus par le peuple, investis à plusieurs reprises par le pape et admis par tous les États de l'Europe; si tout cela ne suffisait pas pour doouer de la validité à ces titres, quelle nation pouvait espérer la tranquillité? Le roi de France, de son côté, alléguait le testament de René, comte de Provence, excluant le fils de sa propre fille, l'héritier présomptif de la famille d'Anjou, Naples étant trop notoirement un fief Temelle pour qu'il fût permis d'invoquer la loi salique. Les droits de Ferdinand d'Espagne, comme représentant de la branche légitime d'Aragon, étaient bien plus fondés.

Indépeudammeut de ces considérations, la position dans laquelle se trouvait Charles VIII rendait impolitique de toute manière l'expédition qu'il projetait. Il avait été, pendant quelque temps, eu mésintelligence avec les souverains espagnols, et il était en guerre ouverte avec l'Allemi^ne et l'Angleterre; ce n'était qu'au prix des plus larges concessions qu'il pouvait espérer le consentement de ces puissances à une entreprise des plus chanceuses et dont le succès complet même ne pouvait procurer des avantages durables ï la France : f il ne comprit pas, > dit Voltaire, ■ qu'une douzaine de villages sur ses frontières valaient mieui qu'un royaume à quatre cents lieues de distance. > Par les traités d'Étaples et de Senlis, il acheta sa récSnciliatioa avec Henri VII d'Angleterre et avec l'empereur Haximilien ; enfin, par celui de Barcelone, il régla à l'amiable ses différends avec l'Espagne.

EXPÉDITION DE CHARLES flll EN ITALIE. 19

Ce traité» qui sUpulait la restilution du Roussillon et it \i Cerdagne» était d'une grande importaoce ponr la counue d'AragoD. Ces proTÏnces, oa s'eo souvient, avaient été oga^ par le père de Ferdinand, Jean II, à Louis XI, pour Il îMuoe de trois cent mille couronnes, en récompense de fiide promise par celui-ci dans la guerre contre les Cataitts iosorgés. Bien que cette somme n'eut jamais été payée, ctfieodaBt il y avait des motifs plausibles pour réclamer ce ^n, car Loais XI n'avait qu'incomplètement lenn ses engapaenls, et le gouvernement français était déjà remboursé, « pande partie, par les revenus de ces provinces '. Depuis Ingtemps, Fépoux d'Isabelle s'occupait de ce traité; il ne lêuit même pas borné à employer des moyens diplomauqiG, mais plus d'une fois il s'était montré disposé à nfreadre de force le territoire contesté. Cependant les *égoctaiions convenaient mieux à sa politique habituelle, et, b gnerre contre les Mores finie, il les poussa avec la plus Ensde vigueur; il se rendit avec la reine à 'Barcelone, afin ^arveiller les délibérations des envoyés des deux nations, nsnis ï Figueras.

Les historiens français accusent Ferdinand d'avoir acheté ioa ecclésiastiques, joaissant d'une grande influence à leur WD-. Ces prêtres devaient tenir au jeune roi un langage fi'tfK à alarmer sa conscience ; ils réclamèrent la restitution ^ Boossillon comme uo acte de justice, se fondant sur ce fK la somme pour laquelle celui-ci avait été engagé, si elle

' Votez i ce sujet les chapitras T et TI de notre 1" partie. La plupart '•B UstMiens panûasent admettre que Loaïs XI avanpa nne Bomme ^"naf sa roi d'AraE^n , et qnelqnes-niu rapportent que celoi-ci ofiit ^ (vd de (embcmxaer an ntonaïque &aiifaia k Bonuoe poni laquelle il kitTBteagMgé ces provïnoes.

« BtGRE DB rraiHHAIlD ET S ISABELLE.

n'avait pas été payée, avait été dépensée pour la cause commune de la chrétienté, dans la guenre contre Grenade. Nul, disaient-ils, ne pouvait jamais espérer de sortir du purgatoire, si les biens qu'il avait retenus injustement pendant sa vie n'étaient tous rendus. Cette menace s'adressait évidemment k Louis XI défunt et à Charles lui<mêine, s'il ne restituait pas les provinces, comme il y était d'ailleurs obligé par la prière de son père* mourant. Ces paroles firent de l'impression sur le roi et pluB encore sur sa sœur, la duihesse de Beaujeu, qui avait beaucoup d'ascendant sur lui et se croyait elle-même en péril de damnation éternelle, par de plus grands retards. L'impatience de Charles, qni voulait à tout prix poursuivre son entreprise, ajouta, sans doute, ï l'effet de ces puissantes considérations; un traité fut enfin eoocin et signé, le même jour, 19 janvier li95, à Tours par le roi de France et à Barcelone par Ferdinand et Isabelle.

Aux termes de ce traité, les parties conuactantes se devaient mntaellement aide et assistance contre tous leurs ennemis; elles devaient préférer cette alliance à toutes celles qu'elles pourraient conclure avec un antre prince, le vicaire du Chriit excepté. Les souverains espagnols s'enga^aient à ne s'entendre avec aucun prince, k vicaire du Christ excepté, au préjudice des intérêts de la France, et k ne donner leurs filles en mariage ni au roi d'Ajigleterre, ni il celui des Romains, ni k tout autne ennemi de la France, sans le consentement du roi de ce pays, il était esân stipulé que la Cerdagne et le Roussillon seraient rendus à l'Ar^n, mais, comme des dootes pouvaient s'élever au sujet du lé^time possesseur de ces territoires, si Charles VIII le demandait, des arbitres seraient nomma ^r Ferdinand et boMle, avec pleins pouvoirs de décider la question, et les deux parties

EnbHTlOR DE CHARLES VIII EN ITALIE. SI

t de se sonmettre & lenr décision. Celle dernière , éridemment peo inquiétante pour l'Espagne, mit élé introdsite dans cet aete pour calmer jusqu'à nu arUm point le mécooteatement des Français, qui reproààM haotement à leur cabinet d'avoir sacrifié les Intérêts k b nation ; ils accasèrent même l« cardinal d'Âibi , le iriKïpal agent dans ces négociations, de s'être laissé achen par Ferdinand.

Ce irùté «osa autant de surprise que de satisfaclion dans tipéMHDle, ob le Roossillon était considéré comme une fntincx des plas importantes, non seulement à cause de ràeadae de ses ressoarces, mais à cause de sa position iicale, qai en faisait la clef de la Catalogne. Les Espagnols, fil Zarila, aUacbèrent à peine moins de prix à celle restii^oa qa^i la fmnquête de Grenade, et ils appréhendèrent ffelle ne eonvilt nn dessein plas dangereux, une politique ^profonde qu'il ne paraissait; elle n'était pourtant due ^anx ÎBspiratioQS d'noe ambition puérile.

Sn ces entrefaites, les préparatifs de Charles VIIl avaient npuda l'alarme dans toute l'Italie. Le viens roi de Naples, Feréiauid, qui essaya en-rain de les arrêter par des négoôatioBK, était mort an commencement de 4494; il fut remfiacéparson fils, Alphonse, prince plus hardi que lui, mais aotn p<^liqHe, et aussi odieux à cause de sa cruauté. Al^aese ne perdit pas de temps pour mettre son royaume a éiat de défense, mais il manquait de la meilleure de toam les défenses, rattachement de ses sujets. La répudie de Florent efte pape, dont la famille s'était alliée à b «me, emIvaBsèrent sa cause; Venise resta k l'écart, ne *ndut pas compromettre sa sécurité en se déclarant trop A et Cneor de I'oû on de Fautre parti.

91 HËGNE DE FERDINAND ET d'isABELLE.

Les puissances européennes ne jugeaient pas toat à fait de la même manière rexpédition projetée; la plupart voyaient sans déplaisir un prince aussi formidable épuiser ses forces dans une entreprise lointaine et chimérique, mais Ferdinand se montrait plus inquiet : sa famille pouvait être renversée du troue de Naples, et, djans ce cas, un voiain actif et puissant serait menaçant pour lui-même en Sicile. Il s'empressa de ranimer te courage chancelant du pape, eu lui promettant du secours. Garcilasso de la Vega , son ambassadeur & la cour de Rome, connu par ses exploita dans la guerre de Grenade et père de l'illustre poète de ce nom, joignait à nue rare sagacité politique une énergie de résolution qui ne pouvait manquer d'inspirer de la confiance; il pria le pape d'avoir foi dans son maître, le roi d'Aragon, qui^ lui jurat-il, sacrifierait toutes ses ressources, s'il le fallait, pour protéger la personne, l'honneur et les domaines d'Alexandre VI; celui-ci eût voulu avoir cette promesse par écrit, mais Ferdinand, vu ses relations avec la France, ne jugea pas à propos de se mettre jusqu'à ce point au pouvoir du rusé pontife.

Pendant ce temps, les préparatifs de Charles se faisaient avec une lenteur et une indécision qui provenaient d'embarras multipliés et d'une grande divei^^ce d'opinions : s rien d'essentiel pour la conduite d'une guerre n'était prêt, > dit Comines. Le roi était très jeune, d'une constitution faible, d'une volonté inflexible; il avait peu de sages conseillers auprès de loi et manquait d'argent. Son ardeur était excitée par celle des jeunes chevalier de sa cour, qui brûlaient de se distinguer, et par les sollicitations des exilés napolitains, qui espéraient rentrer à sa suite dans leur pajs. Plusieurs de ces derniers, mécontents des retards déjà

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