EXPÉDITION DE CHARLES VIII ES ITAUE
cfnvfés, engagèrent Ferdinand à tenter l'entreprise pour (M propre compte et à reTeadiquer ses droits sur la courtine de Naples ; il tronverail dans ce royaume, lui assa- :ûeBtHls, DU parti nombreui, prêt k le soutenir. Le pradent aourqoe savait le peu de foi qn'il faut ajouter aax rapports ii buiDis. prompts k se faire illusion sur les sentiments de ioTs compatriotes; mais, si le temps n'était pas venu de ià]a.iet se& prétentions, il était résolu de ne pas tolérer «Ses d'un antre prince.
Qiarles soupçonnait si peu ces dispositions, qu'au mois 'ji jaia il dépêcha nn envoyée la cour d'Espagne, pour iaviiB soo'adlié à exécuter le traité de Barcelone, en lui four- Ês&antdes hommes et de l'argent, et en ouvrant les ports le la Sicile à la flotte française. Il accompagna cette grawase invitation, dit Tbistorien aragonais, < de la nouvelle « àt rexpédition projetée contre les Tares, et annonça ■ DÔdemment, comme une chose sans importance, son t ialentkm de prendre Naples en route. >
Ferdinand vit qu'il était temps de faire une déclaration ccplicite ï ce sujet ; il voulut qu'un envoyé spécial remplit «tie mission de la manière la moins blessante, et conSa cote iicbe délicate à Âionso de Silva, frère du comte de Oheaies et davero de Calatrava , seigneur doué du sanghid et de fadresse nécessaires poar réussir dans la diplo- Bitie.
L'aobassadeor trouva la cour de France à Vienne, occd-
fii des derniers préparatifs de l'expédition ; après avoir
imaaàé en vain nue audience particulière à Charles, il lui
I B^le bot de son voyage en présence de ses courtisans.
1 0 loi dit gae le roi d'Aragon avait appris avec une rive sati^
I ^ftioa ses projets contre les Turcs; rien ne pouvait être plus
U RÉGNE DE FERDINAND ET b'iSABELLB.
agréable à son matlre que de voir les rois, ses cousins, tourner leurs armes contre les ennemis de la croix et employer leurs revenus dans ces guerres où un échec même éiaii plus glorieux qu'une victoire dans d'autres. Il lui offrit l'aide de Ferdinand pour poursuivre ces entreprises, fusscnt-olles même dirigées contre les musulmans d'Afrique, sur lesquels le pape avait donné exclusivement à l'Espagne le droit de conquête. Il pria le jeune monarque de ue pas employer les forces réclamées par ce noble dessein contre un prince européeu, mais de réfléchir ^oel grand scandale causerait dans la cbrétienté une pareille Taute ; surtout H le pressa de ue rien tenter contre Naples, parce que ce royaume était un fief de l'Ëglise, en favenr de laquelle des réserves avaient été expressément Faites dans le traité de Barcelone, qui proclamait l'alliance avec le vicaire du Christ et la prolcclion du saint-siége des obligations supérieures à toute autre. Au discours de Silva le président du parlement de Paris répondit par un harangue latine, dans laquelle il maintint les droits de son maître sur Naples et le déclara résolu de les feire reconnaître, avant de marcber contre les infidèles. Aussitôt qu'il eut cessé de parler, le roi se leva et sortit brusquement de la salle.
Quelques jours après, Charles demanda à l'ambassadeur si, en cas d'une guerre avec le Portugal, Ferdinand ue se croirait pas autorisé anx termes du dernier traité à réclama le secours de la France et sous qoel prétexte ce secours pourrait élre refusé. A la première de ces demandes, l'ambassadeur répondit que son maître pouirait réclamei' de i'aide, si c'était une guerre défensive, mais non, s'il était loi-même et de son plein gré l'agresseur ; explication qui ne satisfit nullement le monarque. Il ne s'attendait pas du tout.
I EXPÉDITION DB CHARLES VIH EN tTAUE. K
\ ,vn:l-il, k cette iaterprélalioa du traité; i] avait compté fie(cliû<i loi garantirait, sans doute, la DOD-iDlerreolioD, /a-in Tappai de Ferdinand dans ses projets sur Nazies. La ■ieye rebtÎTe aux driùts de l'élise était trop ordinaire 'J2S les traités publics pour être l'objet d'une attention par- :ndwre, il fat surpris de voir qael vaste champ elle ouvrait '. 9-Ts allié; il u'avait pas atteint au' bot qu'il s'était proposé ■3 i-édant )e Roossillon. Il oe put cacher le chagrin et l'inrTition que lui faisait éprouver ce qu'il considérait comme re perfidie de la cour d'Espagne ; il refusa d'avoir encore 's npports avec SiWa et fit même placer une sentinelle à a porte, pour Tempècher de communiquer avec le dehors, le traitaiit comme - l'envoyé non d'un allié , mais d'un Tnçint.
Tc^ndant l'attitude imprévue, menaçante, prise par Fer- ^nmd, ne pnl arrêter le roi de France, qui, ayant terminé >n [•réparaiifs, quitta Vienne, an mois d'août 1494, et passa !% Alpes, à la tête de la plus formidable armée qui, depuis ""irniptioD des barbares du nord, eût franchi ces hautes îoniagoes *.
Nous ne saivroos pas Charles dans sa marche ; il suffît de iin: <\w partout il se montra également inintelligent et impoiii<|oe; i( s'aliéua ses alliés par les traits de perfidie les plus âpalés, s'emparant de leurs forteresses et entrant dans leurs qifiles, avec tonte la moi^oe insolente d'un vainqueur.
I 'L'mtÉe &«iiçaise compteu&it 3,600 gêna d'umes, SO.OOO fantuMip^ -V^ <t 8,000 Suisses, y compris la Biiit« ordinnire des annéea. L'éclat ibtx ipteiaàe noaroKo. excita u» admirstios qni oalma jusqu'à un ceiab poil ift terreor des Itidieas. Pierre Martji, qui, éloigna du théâtre k bgnene, pouraît suivre d'un œil plus calme U marche dea événements, TTiiit ta propbHe les calamiUs gtuu nombn qui allaient fimd» soi sa :*lrie. '
ae RÉGNE DB FERDINAND ET D'ISABELLE.
Comme il approchait de Rome, le pape et les cardiDaux se réfugièrent dans le chàican Saint-Ange, et, le 31 décembre 1494, le roi fit sod entrée dans celle ville, à la tête de sa chevalerie victorieuse, si l'on peut appeler victorieux des gens qui, ainsi que le remarque an historien italien, avaient à peine rompu une lance ou dormi une seule fois sous la tente, pendant toute leur' marche.
Les Italiens avaient été saisis d'une panique h la vue de troupes si différentes des leurs et si supérieures h celles-ci, sous le rapport de la science, de l'organisation et de l'équipement ; ce qui les avait frappés encore davantage, c'était l'impitoyable férocité de ces guerriers, férocité dont ils avaient été rarement témoins dans leurs luttes intérieures. Les guerres se faisaient en Italie d'une manière toute particulière, appropriée au caractère et à ta condition du peuple. La profession des armes, dans ces riches cités, au lieu d'éUe suivie par la noblesse, comme dans d'autres pays, ^ cette époque, était abandonnée à un petit nombre de soldats de fortune, appelés condottieri, qui se vendaient, avec les forces sous leurs ordres, consistant exclu^vement en grosse cavalerie, à l'Ëtat qui tes payait le plus cher. Ces forces constituaient, pour ainsi dire, le capital du chef, évidemment intéressé à ne pas prodiguer inutilement celui-ci. Aussi la science de la défense était-elle presque seule étudiée ; il semblait qu'on se proposât moins dd maltraiter l'enneini que de se préserver soi-même. Les condottieri, dont l'inlérél commun dominait toute obligation contractée envers les États, s'entendaient facilement pour épargner leurs troupes le plus possible; de sorte qu'à la fin on courut moins de dangers dans ces batailles que dans des tournois. L'homme d'armes était couvert d'une armure assez épaisse pour arrêter une
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Hh de mousquet ; on coosnluit si bien les aises da soldat fr.teisna si^e, rartilJerie, de part et d'antre, convint feKpas tirer la naît, pour laisser reposer et assiégeants et n^és. Od faisait des prisonniers pour les rançonner et 'arasait peu de sang. Machiavel parle de deux combats, iirôïÀDghiari et âi Castracaro, et célèbres dans ce temps icnsede lears suites importantes; l'undara quatre heures, rntR, on demi-jour. Le. lecteur assiste à une lutte animée, pAiol laqneUe le cbamp de bataille est perdu et repris ibsein fois ; lorsqu'il arrive au dénouement et cherche la lifedes morts et des blessés , il trouve, à sa grande surprise, fi B'y a pas ea an seul homme tué dans la première de ces iduBs, et que la seconde a coûté la vie à un cavalier, qui, cimt tombé de cheval et ne pouvant se relever, à cause du fndidesoii armore, fut suffoqué dans la vase! Ainsi l'image ieb ginerre fat désarmée de toutes ses terreurs; le courage uAuplus la vertu essentielle du soldat, et l'Italien, efféibé, sinoa liche, fut incapable de résister à l'audace aveuunase et à la sévère discipline des guerriers dn oorà.
Les Français durent encore plus leurs étonnants succès à Tidnirable or^aisation de leur infanterie dont ils faisaient a grand usage et dont la force résidait dans les mercenaires ioines. Machiavel attribue les malheurs de sa nation à une cnfiance exclusive dans la cavalerie, arme qui, pendant taie la durée du moyen âge, fut considérée en Europe canme la plus importante ; le cheval était nommé par excelkan « la bataille. > Cependant la mémorable lutte de Charles leTéaiéraîre avec les monlagnards suisses, qui taillèrent eu (itces les fameuses bandes d'ordonnance bourguignonne, la pi» belle chevalerie du temps, démontra la puissance de rinbnierie, dont Tancienae supériorité fut enfin pleinement
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rétablie dans les guerres italieDnes, dont nous alloDs nous occuper.
Les Suisses rormaieat des bataillons de trois à huit mille hommes chacun; ils portaient peu d'armes défensives et combattaienisurtoatavecuaepiqueloDguededix-huit pieds. Ces masses solides, partout hérissées de lances, ce qui leur fît donner le nom de hérisson, présentaient de tous côtés un front invulnérable k l'ennemi ; dans les plaines où elles pouvaient librement se déplojer, elles brisaient toute résistance et recevaient sans plier les chaînes furieuses de la grosse cavalerie, qui se jetait sur ces terribles rangées de piques. Hais ces lourds bataillons étaient impropres à des manœuvres rapides ou compliquées; un obstacle imprévu, l'irrégularité du terrain ymettaieotfacilementle désordre, et, comme l'événement le prouva, le fantassin espagnol, armé d'une courte épée et d'un bouclier, pouvait, en se glissant sous les lances, engager avec les Suisses un combat corpsàcorps, dans lequel les armes de ceux<i ne leur servaient plus à rien. C'était répéter l'ancienne leçon de la légion romaine et de la phalange macédonienne.
Dans l'artillerie, les Français surpassaient, à cette époque, les Italiens et peut-être tontes lesautres nations européennes. Les Italiens même étaient restés lort en arriére, sous ce rapport; leurs meilleures pièces de campagne consistaient en de petits tubes de cuivre, recouverts de bois et de coir ; elles étaient montées sur des affûts grossiers traînés par des bœnts, et suivies de chariots chargés de boulets de pierre. Ces canons étaient si mal servis que les assiégés, au rapport de Guichar^ÏD, avaient entre deux décharges le temps de réparer les brèches faites à leurs murs. Aussi faisaiiroa si peu de cas de l'artillene que quelques-uns des écrivains ita-
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iïBâ les plus compét^its conseillaient de s'en passer tout à iiSL èans les batailles.
Les Fiançais, au cootraire, avaient ODe magnifique artilloie, ita canoDS de bronze longs d'environ huit pieds et ua pand muobre d'autres plas petits ^ Ces pièces, montées sur in affôls légers et traînées par des cbevanx, snivaient Tmiée dans tontes ses évolutions, lançaient des boulets de fer. et, serries avec uaê habileté merveilleuse, épouvantaient FcHMHÎ par la rapidité, par la précision de leur tir, tandis ^'eUes détraisaieut facilement des rortifications qui, avant eene innstoo, étaient peu solides et construites avec peu de
Les rapides succès des envahisseurs répandirent la consler- ■abm dans les États italiens, qui parurent alors, poorla pre- ■ttn A>ïs, comprendre leur intérêt commun et la nécessité fa s'oklendre. Ferdinand s'empressa d'aider !t ce mouvement ies esprits par l'intermédiaire de ses ambassadeurs, Garci* Wase de la V^a et Alonso de Silva. Ce dernier avait qnitté Itcov de France, à son entrée dans la péninsule, et s'était miré i Gènes, d'oii il entra en correspondance avec Ludovic Sfcna, qoi commeoçait à s'apercevoir qu'il avait fait jonec Ht lenible macbioe, dont il était impuissant à diriger les SBwemenis, fooestea k lui-même. Silva s'efforça d'exciter sa phnû contre les Français, qui lui avaient déjà donné bien iaames sérieuses de mécontentement, et, pour mieux ie 'AMberda parti de Charles VIII, il lui fit espérer le mariage ksnSJa avec une des infantes d'Espagne. L'ambassadeur Inniflart, en même temps, à former une alliance entre le
'GiUuâm paxle dn mot • cEmou, • donné à ces pièces pu les TnuiikC^BC d.'nn ti**'"'^ b^ nonvean en Italie.
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duc et la république de Venise, et préparait aiosi la fameuse ligDe qui fut conclue l'aonée suivante *.
Le pape, anssiidi après l'entrée des Français en Italie, avait pressé les souverains espagnols de tenir leurs engagements; il avait cherché à se concilier leur amitié au moyen de plusieurs concessions importantes. Il leur accorda, à eux et à leurs successeurs, les tercitu ou deux neuvièmes des dîmes dans toute la Caslille, impôt qui fait aujourd'hui encore partie des revenus de la couronne *. Il fit publier dans toute l'Espagne des bulles de croisade, autorisant à prélever un dixième des revenus ecclésiastiques ; cette somme devait être consacrée, était-il sous-entendu, k proléger te saint-siége. Vers la lin de cette année, ii9i, ou au commencement de la suivante, le pontife conféra aux royaux époux le titre de catholiques, en considération, ainsi qu'il le déclarait, de leurs vertus éminentes, de leur zèle pour la défense de la vraie foi et du siège apostolique, de la réforme apportée dans la discipline des couvents, de la soumission des Mores et de l'extirpation de l'hérésie juive dans leurs États. Ce litre orthodoxe, qui est resté le plus précieux fleuron de la couronne d'Espagne, a été donné d'une manière particulière à Ferdinand et ii Isabelle, qui sont généralement connus dans l'histoire sous le nom de Los Reyes Catoiicos '.
Ferdinand voyait trop clairement ses intérêts menacés, si
* AloDso de Silra s'acquitta de sa difficile miasion, à l'entière satb&ction des sonreiaiiis ; il fut plus tard chargé de plosienn antrea dans les diffËrentea coma italiennes et soutint tonjonis aa imputation d'habileté et de pmdeoce i il ne vécut paa vieux.
* Cette branche de revenn rapporte aujourd'hui, d'aprèa Laborde, environ six millions de réaux ou 1,500,000 francs.
^ Le pape, d'après Comiaea, avait voula, en reconnaissance da la oonqoete de Grenade, transférei à Ferdinand et a Isabelle le titre de irèi
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isFiançiis occapaicDt Naples, pour avoir besoin d'être stisslé par le pape. Des préparatirs maritimes avaient été faits, ^enduit Tété, dans les porLi de la (ïalice et da Gnipascoa; se flotte considérable, placée sous le commandement de fako»! de ReqoeseDS, comte de Trevenlo, avait été réunie i Xticante et se trouvait prête ï prendre la mer, vers la Go 4e décembre ; l'armée de terre avait été confiée à Goosalve ■'.i Cordoae, fameux sons le nom de Grand Capitaine. Le nee-roi de Sicile recevait, en même temps, l'ordre de veiller a la sÔTMé de cette île et de prendre des mesures pour agir it coDcert avec la flotte.
Le roi voulut toutefois envoyer une nouvelle ambassade à (ïules VIII, avant d'en venir k une rnpture ouverte avec K ; îl choisit, pour remplir cette mission, Jnan de Albion et lohinio de Fonseca, frère de l'évéque de ce nom , déjà cité aHBBe snrintendaDt du conseil des Iodes. Les deux envoyés lUeîgureDi Rome, le â8 janvier 1495, le même jour où Charles se mettait en marche pour Naples; ils suivireat rarmée et , arrivés à Velletri, à vingt milles environ de ta ipitale, ils obtinrent une audience du monarque, qui les n^ en préseoce de sa cour. Les ambassadeurs énnmérènat fraoehement les différents sujets de plainte que le roi k Fiance avait donnés & leur maître : t'insulte faite à celuici dus la personne de sou représentant, Alooso de Sitva ;
:HfiBi, porté jasqae-là par les rois de France ; U avut même éii jnsqn'i Kdumér oehiï-c^ dans pha d'an bref. Quelques cardinaux lui firent à oe '.'ia iei raprésentations qni l'eugagirent à substituer à ce titre celui de "là t^icU^ig. I<e nom de «stholiqne n'était pas nouTean dans U fiunille nik de CastUIe, ni dana celle d'Aragon , vjvsA éti donné an prince des ^tari», A^tionsc X". *en le milieu du viu* ûède, et à Fiene H fingno, >a commencement du xnp.
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le trailement ignominieux subi par le pape; l'occupation i maio armée des forteresses et des domaines de l'Église ; enfin, rentreprise contre Naples, fief du saint-stége, lequel étaîl seul jnge des prétentions élevées sur ce royaume. Si Charles consentait à se soumettre à l'arbitrage du pontife, ils lui offraient les bons services de lear maître comme médiateur entre les parties; s'il s'y refusait, le roi d'Espagne était délié de tontes ses obligations envers lui, aux termes du traité de Barcelone, qui reconnaissait expressément à Ferdinand le droit d'intervenir pour la défense de l'Église.
Charles, qui ne pat dissimuler son indignation en écoutant ce discours, s'éleva avec une grande amertume, lorsqu'il fut fini, contre la conduite de Ferdinand, qu'il accusa de perfidie et auquel il iFeprocba, en même temps, de l'avoir trompé, de propos délibéré, en iniroduisant dans le Irùté la clause relative au pape. Quant à l'expédition contre Naples, il s'était trop avancé pour poavoir recaler, et il serait encore temps de débattre la question de droit, lorsqu'il aurait pris le royaume. Les courtisans, avec l'impétuosité de leur nation, jointe à l'insolence des vainqueurs, dirent aussi aux ambassadeurs qu'ils sauraient défendre leurs droits avec les armes et que le roi Ferdinand trouverait dans les chevaliers firançais des ennemis tout différents des guerriers de parade qu'il avait vaincus à Grenade.
Ces paroles amenèrent de part et d'autre des récriminations, et à la fin Fonseca, homme naturellement calme, fut si transporté de colère qu'il s'écria : f Que Dieu donc et les armes en décident ! > et, produisant te traité original, revéta des signatures des deux monarques, il le déchira sous les yeux de Charles et de la coar; en même temps, il ordonna à deux chevaliers espagnols, qui servaient dans l'armée