‹ Histoire du règne de Ferdinand et d'IsabelleChapitre 10 sur 73 · PAK À\'EC LA FRANCE. 9S · texte numérisé non relu

PAK À\'EC LA FRANCE. 9S

borner à rester sur la dérensive, fit de rréqaentes iocursions ai France, eoleTant quinze et vingt mille têlcs de bétail en uoe fois et ravageant le pays jusqu'à Carcassonne et Nar- IWDDe. LesFrançais, qui avaient concentré de grandes forces dans le midi, osèrent de représailles et, dans une de lenrs incursioas, réussirent à surprendre la ville forte de Salses; tODtefois, les ouvrages de défense de cette place étaient dans un si mauvais état que, ne la jugeant pas tenabte, ils l'abandonnèrent à l'approche de l'ennemi. Bientôjt après, une trêve mit fin aox opérations de ce côté.

La soumission de la Calabre semblait ne plus rien laisser 1 faire au Grand Capitaine en Italie. Cependant, avant de quitter la péninsule, il s'engagea dans une eutreprise qui, d'après le récit de ses biographes, forme un brillant épisode dans l'histoire de ses campagnes régulières. Charles Vni avait pris sur le territoire romain Ostie, le port de mer de Rome, et, à son départ, y avait laissé une garnison aux ordres d'un aventurier biscaïen, nommé Menaido Guerri. Cette ville, par sa situation, commandait l'embouchure du Tibre, de manière que la horde de pirates qui l'occupait pouvait détraire presque entièrement le commerce de Rome et même plonger la population de cette capitale dans une grande détresse, en lai coupant tes vivres. Le pape, incapable de se défendre lui-même, pria Gonsalve de l'aider à détruire ce nid de pillards; le général, inoccupé en ce moment, accéda & ses prières et parut bientôt après devant Ostie, avec sa petite armée s'élevaat en tout it trois cents hommes de cavalerie et quinze cents d'infanterie.

Guerri, confiant dans la solidité des fortifications de la place, refusa de se rendre. Gonsalve, après avoir établi ses batteries, fit ouvrir un feu violent contre les murs qui, au

ftt RÈGNE DE FERDINAND ET d'iSABELLE.

bout de einq jonrs, préseatèrent une large brèche. Sur ces ^trerailes, l'ambassadeur d'Espagne près du saint-siége, Garcilasso de la Vega, ne pouvant rester iaaclif près d'un champ où il y avait des lauriers à cueillir, arriva au secours des assiégeants, avec une poignée de ses compatriotes résidant à Rome; cette petite troupe de braves montant à l'escalade du côté opposé à celui oà se trouvait Gonsalve, entra dans la ville pendant que la garnison était aux [vises sur la brèche avec le gros de l'armée espagnole. Surpris, assaillis dans tous les sens, Guerri et ses soldats cessèrent de résister et se rendirent prisonniers de guerre. Le vainqueur, avec une clémence rare dans de pareilles occasions, arrêta le carnage et conserva ses prisonniers pour les offrir en spectacle à son entrée dans la capitale du monde chrétien.

Celle-ci eut lien quelques jours après, avec toute la pompe de l'ancien triomphe romain. Le général entra par la porte d'OstJe, il la têle de sa vaillante armée rangée en ordre de bataille, drapeaux flottants, au son de la musique; derrière marchaient les vaincus, si longtemps la terreur de la population qui maintenant les raillait. Les fenêtres et les balcons regorgeaient de spectateurs; les mes étaient encombrées d'one foule enthousiaste qui acclamait Gonsalve de Gordoue, < le libérateur de Rome. > Le cortège s'avança k travers les principales rues de la ville vers le Vatican, où Alexandre VI Fattendait, assis sous un dais somptueux dans le grand salon du palais et entouré des prélats et des nobles du plus haut rang. A l'approche de Gonsalve, les cardinaux se levèrent pour aller à.sa rencontre. Le général s'^enouilla ponr recevoir la bénédiction du pape, mais celui-ci, te relevant, l'embrassa sur le front et lui offrit la rose d'or, qne les pontifes

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