‹ Histoire du règne de Ferdinand et d'IsabelleChapitre 11 sur 73 · PAIX AVEC LA FRANCE. 6S · texte numérisé non relu

PAIX AVEC LA FRANCE. 6S

avaienl rhabitnde de doaner, comme récompense, aux champions les plus dévoués de l'Église.

Dans cette entrevue, Gonsalve obtint du pape le pardon de Gnerri et de ses compagnons , ainsi qu'une exemption d'imp6ls en faveur des malheureux habitants d'Ostie. Dans la suite de la conversation, Alexandre ayant fort mal à propos reproché aux souverains espagnols leurs mauvaises dispositions à son égard, le général répondit avec chaleur, en énnmérant les nombreux services rendus par ceux-ci an saiot-siége, et, taxant franchement le pape d'ingratitude, il l'engagea assez brusquement à réformer sa vie et ses discours, qui scandalisaient toute la chrétienté. Le saint-père reçut sans se lâcher cette semonce peu respectueuse, quolqne, comme le rapportent assez naïvement les historiens, il fût fort étonné de voir que le Grand Capitaine partait avec tant de facilité et était si bien instruit de choses étrai^ères à sa {ffofession.

Gonsalve fut reçu de la manière la plus flatteuse par le roi Frédéric, à son retour à Naples. Toot le temps qu'il passa dans cette ville, il fut logé et magnifiquement traité dans un des eh&teaux royaux; le monarque reconnaissant le créa duc de Saint-Ange et lui donna dans les Abruzzes une terre avec trois mille vassaux ; il avait déjà conféré ces honneurs an brave Castillan, qui refusa de les accepter avant d'avoir obtenu le consentement de ses souvcraiDS. Peu de temps après, le général, quittant Naples, repassa en Sicile, où il Tégla certains différends qui s'étaient élevés entre le vice-roi «t les habitants, au sujet des revenus de cette île; puis, s'embarquant avec tonte son armée, il arriva en Espagne, an mois d'août 1498. Son retour dans son pays natal fut accueilli par la nation entière avec un enthousiasme, qui toucha plus

es RÉGNE DE FERDINAND BT d'ISABELLE.

soQ cœar patriotique que les faveurs doot il avait été l'objet de la part de princes étrangers. Isabelle se montra sortoat heurease et fière, parce qa'il avait pleinement justifié la préférence qu'elle lui avait donnée sur des rivaux plus expérimentés, pour une mission difficile, et Ferdinand n'hésita pas il déclarer que les campagnes de Calabre projetaient plus d'éclat sur sa couroone que la conquête de Grenade.

L'expulsion totale des Français du royaume de Naples mit fin aux hostilités entre cette nation et l'Espagne; les ans avaient obtenu ce qu'ils voulaient, les antres étaient peu désireux de recommencer ane entreprise funeste. Déjà avant ce temps, Charles VIII avait proposé aux souverains espagnols de traiter séparément avec eux, mais ceux-ci avaient refusé d'entrer dans aucun arrangement sans la participation de leurs alliés. Lorsque les Français eurent renoncé entièrement k leurs projets ambitieux, il ne parut plus y avoir de prétexte pour continuer la guerre. Le gouvernement espagnol n'avait d'ailleurs guère lieu d'être satisfait de ses alliés ; l'empereur d'Allemagne n'avait pas envahi les frontières de la France, comme il s'y était obligé; d'un autre côté, on n'avait jas remboursé à l'Espagne les frais énormes qu'elle s'était imposés pour tenir ses engagements. Les Vénitiens s'étaient contentés de s'établir sur une aussi grande partieda royaume de Naples qu'il leur avait été possible, pour s'indemniser de leurs propres dépenses. Le duc de Milan s'était déjà entendu s^arément avec Charles VIIL En un mot, chacun des membres de la ligue, le premier moment d'alarme passé, s'était montré prêt à sacrifier le bien général à ses intérêts particuliers. Ayant taat de motifs d« mécontentement, les Espagnols consentirent à une trêve avec la France; elle devait commença: pour eux, le 5 mars, et pour leurs alliés.

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