CHAPITRE PREMIER
Les réjouissances par lesquelles Londres, le 2 décembre 1G97, célébra le retour de la paix et de la prospérité, continuèrent longtemps après minuit. Le matin suivant le Parlement se réunit, et une des plus laborieuses sessions de ce siècle commença.
Parmi les questions qu'il était nécessaire que les Chambres décidassent promptcment, une surtout avait un grand intérêt et une grande importance. Même au milieu des premiers transports de joie qui avaient accueilli en Angleterre le porteur du traité de Ryswick, on s'était demandé avec une vive anxiété ce qu'on ferait (le cette armée qui, se couvrant de gloire en Irlande et en Belgique, avait appris, dans ses rudes campagnes, à
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oltt'ir commo à vaincre, et qui consistait maintonanl on quatrc-vingt-sopt mille excellents soldats. Une partie (le cette force considérable devait-elle être conservée an service du gouvernement? et quelle partie? Les deux deriiiers rois avaient, sans le consentement de la législature, maintenu des corps d'armée en temps de paix. Mais ils ne l'avaient fait qu'en violation des lois fondamentales d'Angleterre. C'était reconnu par tous les jurisconsultes, c'était expressément afiirmé par le bill des Droits. Impossible donc était -il à Guillaume, alors que le pays n'était menacé par aucun ennemi étranger ou domestique, de conserver même un seul bataillon sans la sanction des états du royaume, et il |iouvait bien être douteux que cette sanction fût donnée.
11 n'est jias facile pour nous d'envisager cette question du même jioint de vue que l'envisageaient nos ancêtres.
Nid bomnie de sens, ni aujourdbni ni du temps de nos pères, n'a prétendu sérieusement que notre île serait en sûreté sans une armée. Bien plus, si notre île était parfaitement en sûreté contre une invasion , une armée nous serait encore indispensablement nécessaire. L'acordissement de notre emj)ire ne nous a pas laissé la liberté du clioix. Les régions que nous avons colonisées ou conquises depuis l'avènement de la maison de Hanovre contieiment une population vingt fois plus nond)rense que celle (|ui était gouvernée par les Stuarls. Il y a anji)\n<rbni, (^n temps de paix, plus de soldats anglais de l'autre coiv du tro|)i(|ue du cancer que rroniwell n'en avait sous ses ordres. Tontes les