G LIV. VII. CII. VII. ÉTAT DU COMMERCE AUX INDES ORIENTALES
nation dans une proportion relative au développement qu'elles ont pris elles-mêmes , et souvent dans une proportion énorme : par ce côté elles sont des établissements purement commerciaux. D'une autre part, elles modifient de telle sorte l'étendue territoriale, les ressources financières, tous les principes de la puissance des Etats ; elles ont ordinairement une action si directe et si décisive sur leur économie politique intérieure, qu'elles tiennent plus encore à la politique qu'au commerce. Enfin dans une sphère plus vaste encore, elles contribuent puissamment à multiplier les rapports des peuples des deux mondes entre eux , et à répandre jusqu'à leurs dernières limites la civilisation de l'Europe.
Il serait impossible d''arriver à l'intelligence de la plupart des faits cpii se rapportent à la fondation des compagnies de commerce des colonies sous le règne de Henri IV, si l'on ne faisait précéder l'histoire de ces établissements d'un exposé comprenant l'état du commerce aux Indes orientales à cette époque ; les circonstances qui amenèrent la création des compagnies de commerce en Hollande, en Angleterre et en France ; les intérêts et les passions enfin dune nature très-diverse qui présidèrent à la fondation des premières colonies françaises dans l'Amérique septentrionale. Nous nous occuperons d'abord des deux premiers sujets qui se trouvent étroitement liés ensemble et sur lesquels Meteren *, l'auteur capital en ces matières, et les ordonnances de Henri lY, fournissent des renseignements trop négligés jusqu'ici.
§ ^^ Elat des Indes orientales à la fin du XVP siècle : établissements des Portugais, des Hollandais et des Anglais : fondation des compagnies de commerce.
A la fin du xvi^ siècle , les Portugais conservaient en-
' Knimaiiuel de Metereu, après avoir consacré la première partie de