ETABLISSEMENTS DES POIITUGAIS AUX INDES OKIENTAI.ES
core en entier les établissements qu'ils avaient formés aux Indes orientales, et où ils avaient élevé leurs comptoirs. Ils s'étaient assuré des places fortes , de bons ports , une marine, et avaient transporté d'Europe dans leurs colonies une population qui recrutait leurs armées : ils possédaient donc une force redoutable aux naturels du pays et aux concurrents européens que Taudiition et l'amour du gain pouvaient conduire après eux dans l'Orient. Mais on se fait en général une idée exagérée et fausse de leurs possessions. Elles ne s'étendaient que sur la côte occidentale de l'Hindoustan , et sur la moitié de la côte orientale de cette péninsule jusqu'à Orixa, avec les annexes de Columbo dans File de Ceylan, de Malacca, et de deux des Moluques. Elles ne comprenaient donc que le quart du littoral des deux presqu'îles de l'Inde : partout ailleurs, soit dans l'intérieur du pays, soit même sur les côtes, ils ne possédaient rien, et les royaumes placés en debors de la limite que nous venons de tracer continuaient à obéir aux souverains indigènes. Même dans l'Hindoustan, siège principal de leur domination , leurs possessions ne formaient pas un tout continu , puisque entre Diu et Goa conquises ])ar eux, on trouvait Surate , et entre Goa et Cochin, la principauté de Calicut, demeurées libres et ennemies. L'immense majorité des Etats indiens était donc restée dans un état de complète indépendance. Cette circonstance, expressément relevée par Meteren ', confirmée par Cambden , donne seule l'explication de la conduite que tinrent, de la marcbe que suivirent les autres
sa vie à l'exercice du commerce, employa la seconde à représenter et à défendre ses intérêts auprès des nations étrangères : il mourut consul de la nation hollandaise eu Angleterre l'an 16 12. Sou Histoire des Pays-Bas a été traduite en français par Delahaye, et imprimée pour la première fois à Paris en 1618, in-folio.
i Meteren, Hist. des Pays-Bas, 1. XXIV, fol. 509 recto. 11 énumère en cet endroit « les grands pays et royaumes où les Portugais fn-
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nations de l'Europe , quand elles essayèrent ù leur tour do fonder des colonies ou des comptoirs dans l'Inde.
Bien que les Portugais n'eussent occupé que la moindre partie de cette montrée , ils en avaient concentré tout le commerce entre leurs mains , par la force employée dans l'Hindoustan, par des alliances et des relations habilement formées avec les Etats qui avaient gardé leur indépendance. La principale bra;nche de ce commerce était les épiceries. Il faut remarquer qu'il portait sur une denrée de luxe, dont les habitudes contraires et la mode seule pouvaient restreindre ou détruire l'usage, et que par conséquent il était précaire. Maison faisait alors une prodigieuse consommation des épiceries : les Portugais en fournissaient toute l'Europe, et ils en retiraient d'immenses bénéfices. Ils n'avaient jauiais fait ce commerce qu'en grand et en bloc, se bornant à transporter les denrées de rinde eu Portugal, sans s'occuper de les distribuer et de les placer sur les divers marchés de l'Europe : ils avaient laissé ce commerce intermédiaire aux Hollandais, qui après eux y trouvaient encore un gain considérable \ En abandonnant ces avantages aux Hollandais, en les liant à eux par un intérêt commun, ils avaient ménagé à leurs transactions et à leurs établissements dans rindel'appui d'une nation qui comptait (lès lors parmi les premières puissances maritimes de l'Europe.
Les relations des Portugais, amicales avec les Hollandais , étaient pacifiques avec les autres nations de l'Europe. Les événements de 1580 changèrent cette situation
» queutent, mais où ni eux, ni les Castillans n'ont rien à commander : » au golfe de Bengale où il y a Orixa, Bengale, Aracan; aux roj'au- » mes de Pegu, Juichalaou, Syarn (Siam), Cainboya (Camboge), Gau- » cbincliinuar (Cochiucbine), Chine; aux îles de Sumatra, Java major, » Java minor. Bail et les autres. » — Gambdeu, Hist. d'ÉUsabetb, 4» partie, p. 300.
1 Meteren, 1. XXIX, fol. 628, et 1. XLX, foi. 417.