‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 143 sur 199 · LIV. VII. CH. VII. SUITE DE L'EXPOSÉ DE CHAMPLAIN · texte numérisé non relu

LIV. VII. CH. VII. SUITE DE L'EXPOSÉ DE CHAMPLAIN

« Monseigneur , vous verrez dans ces relations les grands el périlleux voyages qui ont esté entreprins dans la Nouvelle-France, l'étendue de ces terres non moins grandes quatre fois que la France, leur disposition, la facilité de l'asseuré et important commerce qui s'y peut faire, la grande utilité qui s'en peut retirer, la possession que nos Roys ont prinse d'une bonne partie de ces pays, la mission qu'ils y ont faite de divers ordres religieux et leur progrez en la conversion de plusieurs sauvages, le défrichement de quelques-unes de ces terres par lequel vous cognoistrez qu'elles ne cèdent en aucune façon en bonté à celles de France, enfin les habitations et forts qui y ont esté construicts sous le nom françois.

« 11 se peut dire que le pays de la Nouvelle-France est un nouveau monde et non un royaume, beau en toute perfection, et qui a des situations très-commodes, tant sur les rivages du grand fleuve Saint- Laurent, l'ornement du pays, que des autres rivières, lacs, ruisseaux, ayant une infinité de belles isles accompagnées de prairies et boccages fort plaisants et agréables; les terres très-fertiles pour toutes sortes de grains, les pasturages en abondance ; la communication des grandes rivières et lacs qui sont comme des mers traversant les contrées, et qui rendent une grande facilité à toutes les découvertes dans le profond des terres, d'où l'on pourrait aller aux mers de l'Occident, de l'Orient, du Septentrion, et s'étendre jusques au Midy. Le pays est rempli de grandes et hautes forests, peuplé de toutes les mesmes sortes de bois que nous avons en France , l'air salubre, et les eaux excellentes, sur les parallèles d'icelle (France) '. »

Telles furent les possessions de seize cents lieues de long sur cinq cents lieues de large, d'après l'estimation de Champlain", tel fut l'empire dans l'Amérique septentrionale que Henri travailla à donner à la France comme annexe de son territoire, développement de son commerce, accroissement de sa puissance. C'était en grande partie

» vertes de plusieurs terres, lacs, rivières et isles de la nouvelle » France, depuis vimjt-sept ans, ne luy ont poiut fait perdre cou- » rage. » (L. I, ch. 1, p. 1.)

1 Les voyages de la nouvelle France occidentale, dicte Canada, faits par le sieur de Ghamplaiu. Dédicace au cardinal de Richelieu, p. 4 ; 1. L ch. 1, p. 3; Paris, 1632, ia-4o.

* Voyage de Champlain, 1. I, ch. 1, p. 2.

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