‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 188 sur 199 · L. VII. CII. VIII. FONDATION DF. TROIS CHAIRES NOUVELLES · texte numérisé non relu

L. VII. CII. VIII. FONDATION DF. TROIS CHAIRES NOUVELLES

de la bibliothèque royale'. Tontes les anciennes chaires fondées par François I" et par les derniers Valois furent constamment et dignement occupées, et l'enseignement donné avec une exactitude et une abondance remarquables, puisqu'un historien du temps témoigne que les leçons avaient lieu chaque jour pendant neuf heures, de sept heures du matin à cinq heures du soir. Les professeurs royaux formèrent dans toutes les parties dont ils étaient chargés de nombreux et savants élèves, qui donnèrent plus tard à la France des hommes éminents dans tous les genres 2.

Ce n'était pas assez pour Henri d'avoir ramené l'institution des lecteurs ou professeurs royaux au point le plus florissant où elle eût été avant son règne, et d'avoir entièrement réparé les désordres des troubles civils, il lui donna une première et remarquable extension, dans la période écoulée entre 1600 et 1609, en fondant trois chaires nouvelles et deux enseignements nouveaux. Il

' p. Cayet, parfaitement instruit de ce qui concernait les professeurs, puisqu'il l'était lui-même depuis 1596, au livre III de sa Chronologie septénaire, t. Il, p. 93 B, Collection Michaud, rendant compte des commissaires nommés pour la conférence entre Duperron,évêque d'Evreux et du Plessis-Moruay, qui eut lieu en 1600, s'exprime de la manière suivante : « A ceste occasion Sa Majesté choisit.... pour ceux » de la religion prétendue réformée M. Cahgnon, chanceUer de Na- » varre. personnage très docte et très judicieux, et le sieur Casau- » bon, lecteur de Sa Majesté, l'un des ornements des lettres humaines » de ce siècle. » Il est donc évident (jue Casaubon, en 1600, exerce les fonctions de lecteur ou professeur royal ; il les continua jusqu'en 1603. .Mais la chaire qu'il remplissait était une seconde chaire, une chaire nouvelle de grec, créée par le roi, et comme il ne l'occupa que "de 1399 à 1603, les listes n'ont conservé les noms que des titulaires des anciennes chaires.

* Legrain, Décade, 1. VIII, p. 428. « Quant à l'Université, il (le roi) » avoit ses professeurs es langues hébraïque, grecque et latine, et en )> toutes sciences : les leçons avoient lieu depuis sept heures du ma- » tin jusqu'à cinq heures du soir, l'espace de neuf heures : se faisoit » tel exercice au collège de Cambray, dit des Trois-Evesques. »

PROJET d'rNSEIGNEMENT ENCYCLOPEDIQUE. 781

établit en 1598 deux chaires nouvelles pour la théologie positive, dont furent pourvus André Duval et Phil. de Gamaches. Il créa une autre chaire pour l'anatomie, la botanique et la pharmacie, dans laquelle il fit monter d'abord Ponson. Après la mort de Ponson, il confia en 1604 cet enseignement au célèbre Riolan, l'un des premiers et des principaux fondateurs de l'anatomie en France, qui pendant vingt ans disséqua plus de deux cents corps humains, joignant toujours la théorie à la pratique, l'explication de vive voix aux opérations de la main '.

Ces innovations n'étaient (jue le prélude de la libérale et magnifique fondation que Henri I\ [)rojetait depuis longtemps, etqu'il tenta d'exécuter à la fin de 1 609. 11 entendit que le pays eût un enseignement correspondant à tous les développements que la science avait pris, non seulement en France, mais dans le monde entier, un enseignement encyclopédique ; que cet enseignement fût donné par les professeurs royaux, choisis entre les hommes les plus éminents de toute l'Europe ; qu'un édifice leur fût particulièrement et spécialement consacré, et que le corps des professeurs royaux, sans sortir de l'Université, y formât une compagnie ayant son existence propre; enlîn, que ces illustres maîtres fussent placés dans cet état d'honorable aisance qui permet à l'homme de donner à la science toute son attention et tout son temps. La fondation de Henri était celle du Collège royal de France, sur un tout

' Duval, le CoUérre royal de France, p. 70. « Venant à la connais- » sauce et amitié de du Laurent, docte personnage et lors premier » médecin de Henri IV^ Ponson impetra et obtint du roy par l'inter- » cession dudit du Laurent une création primitive et fondation parti- » culière de lecteur royal eu anatomie, botanique et pharmacie, qui lui » tourna à grand honneur.... Fatigué de pratique et de ses leçons )i publiques, où il travaillait excessivement, il décéda à Paris au mois » de juillet 1603. Il eut pour son successeur et son second Jean Rio- » lan, Parisieu. Il fut docteur de la Faculté de médecine de Paris, l'anw née mesme qu'il fut institué lecteur du roy, qui esloit 1604 le 20 juin.»

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