‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 10 sur 636 · XII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XII AVERTISSEMENT

» mêmes, ou à leurs amis, serviteurs et confidents particuliers ; » n’étant jamais bien séant à un historien d'essayer à passer » sous silence les vertus, belles œuvres et actions manifestes, » ni de découvrir les défauts et manquements d'autrui !. » C’est moins la morale que la justice et la vérité qui commandent cette réserve. Au siége de Dreux, dont la prise contribua dans une forte mesure à ruiner la Ligue et à pacifier la France, Henri combat un jour et une nuit de suite dans la tranchée. Après avoir donné vingt-quatre heures à la chose publique, il donne un quart d'heure à ses affections; il écrit à Gabrielle une lettre de dix-sept lignes ?. Ce qu’il a fait en üne occasion, il l’a fait dans toutes les circonstances de sa vie, pendant un règne de vingt ans. Il est temps que le préjugé populaire soit détruit, que le vert galant et le diable à quatre fasse place à lun des plus grands capitames, des plus grands et des plus : sages politiques, des plus grands administrateurs qui aient honoré la France, et par-dessus tout au meilleur des hommes, au plus affectueux et au plus tendre pour son peuple. Ce n’est qu’en renversant les fausses proportions établies jusqu'ici entre l’homme privé et l’homme public que l’on aura une histoire vraie de Henri IV. Ce n’est qu’en suivant ces règles que l’histoire gardera aussi son caractère sérieux et élevé, son inspiration mâle et salutaire, et qu’elle excitera les lecteurs non aux dangereuses complaisances pour leurs passions, Mais aux généreux efforts en toutes choses et à l’accomplissement rigoureux du devoir. |

| Avis des premiers imprimeurs, page 1, B.

? Voir la lettre du 26 juin 1593, t. IIF, p. 811.

Page 1