IL PREND EU : SA CONDUITE À L'ÉGARD DES HABITANTS
normandes de son obéissance. Il prit Eu, qui appartenait en propre à la maison de Guise. Par sa capitulation, qui était une lâcheté, le gouverneur avait mis en parfaite sureté sa personne, ses biens et ceux de ses soldats, abandonnant les habitants à la discrétion du vainqueur. - Ces.pauvres gens vinrent implorer la miséricorde du roi. Il leur accorda leur grâce moyennant vingt mille livres, et des bleds pour le pain de munition. Il n’entra pas dans leur ville, tint son armée à une demi-lieue de là, au Tréport, et les garantit ainsi de toute violence ‘. Les lois de la guerre, qui permettaient alors aux soldats le vol, le meurtre, le viol, dans les villes prises d’assaut ou rendues sans condition, et qui, en outrageant l'humanité, ruinaient la nation , ces abominables lois étaient changées par le fait, en attendant qu’elles le fussent régulièrement par un acte législatif de 1590. Henri mérite d’autant plus d’être béni pour ces adoucissements apportés aux horreurs de la guerre, que dans le même temps, les chefs ligueurs, et particulièrement le chevalier d'Aumale, donnaient eux-mêmes à la soldatesque l'exemple et le signal des plus monstrueux excès.
1 Lettres du roi des 7 et 9 septembre pour son séjour au Tréport et la prise d’Eu, t. 111, p. 40, 41. — La Force, Mém., L. 1, c. 3, t. 1, p. 68. — D'Angoulesme, Mém., t. x1, p. 72 B. 73 A. collect. Michaud. — Discours au vrai, p. 10, 11. « La ville feut préservée d’estre pillée » et saccagée, Le roy n’ayant vouleu permettre que aucung y entrast » que le sieur de Chastillon, qui y tint l’ordre et la police qu’il a ac- » coustumé de faire en toute chose, de sorte qu’il n’y advint aulcune » insolence ny force à aucung des habitants de la dicte ville. »