‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 99 sur 636 · LIV. I. CH. II. LE ROI CONDUIT L'ARMÉE DE DARNETAL VERS LA CÔTE · texte numérisé non relu

LIV. I. CH. II. LE ROI CONDUIT L'ARMÉE DE DARNETAL VERS LA CÔTE

taient, il trancha la discussion en leur alléguant le dire commun : Qui quitte la partie, la perd, maxime dont les princes et les partis politiques ne s’écarteront Jamais sans périr !.

La résolution une fois prise par le roi denequitter ni son armée, ni son royaume, ni la Normandie, son conseil agita quelle localité il devait occuper pour se mettre à la fois en sûreté, et avoir moyen de nourrir ses troupes. Henri indiqua celle de Dieppe et d’Arques. Le maréchal de Biron alla la reconnaître en toute diligence, et déclara à son retour qu’on ne pouvait en choisir une meilleure, pourvu qu’on y construisit les retranchements nécessaires. En conséquence le roi léva le camp de devant Darnetal le 2 septembre, et dirigea son armée vers Dieppe. Ses séjours furent à Cailly, Gerey-le-Grand, Anverménil. Il se détourna un peu de sa route pour occuper une ville ennemie, subvenir à sa disette d’argent, fournir pour quelques jours des vivres à son armée, et diminuer d'autant les sacrifices qu’il allait demander aux villes

1 Mém. du duc de La Force, 1.1, c. 3, t. 1, p. 68-68 et 78. — Matthieu, Hist. de Henri IV, 1. 1, p. 13. — Tout ce que rapporte Mezeray, dans son histoire de France, 1. 11, t. 111, p. 707, 708, des avis émis, des délibérations prises dans le conseil du roi, au sujet du parti que Henri avait à prendre, est de pure‘invention et complétement faux. Le roi ne fut pas un seul instant ébranlé dans sa résolution de rester en France. Le maréchal de Biron n'eut donc pas à faire, et ne fit pas le discours que lui prête l'historien pour persuader à Henri de demeurer dans son royaume. Le maréchal lui conseillait, sinon de sortir de France, du moins de sortir de Normandie, de se retirer devant ses ennemis, de se réfugier en Poitou, de mettre ainsi sa personne en sûreté, avis que le roi repoussa énergiquement et constamment. C'est La Force, témoin oculaire et gendre de Biron, qui nous l’affirme, et son témoignage, déjà décisif en soi, est encore confirmé par celui de Matthieu et de quelques autres historiens : « M. le duc de Mont- » pensier et le mareschal de Biron, furent d’advis que le roy repas- » sast la rivière au Pont-de-l'Arche, et prist le chemin de Poictou, » pour y recueillir et refaire ses forces... Geste opinion n’estoit pas » au goust du roy.» |

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