‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 112 sur 636 · SG LIV. I. CH. LIL. LE PRINC. RETRANCHEMENT ET LA TRANCHÉE PERDUE · texte numérisé non relu

SG LIV. I. CH. LIL. LE PRINC. RETRANCHEMENT ET LA TRANCHÉE PERDUE

met du côteau de Saint-Etienne et de la lisière de la forêt d'Arques, et s’étendait jusqu’à la prairie baignée par la Béthune : il consistait dans une courtine, flanquée de deux demi bastions, et était garni de huit canons : le tout fut gardé par le régiment suisse de Soleure et par les compagnies de Baltazar de Grissach. La prairie qui remplissait l'intervalle entre l'extrémité du retranchement et la rivière, fut occupée par le régiment de Galaty, lequel fermait entièrement le passage pour aller à la chaussée. À mille ou douze cents pas au-dessous de ce premier retranchement, le roi en établit un autre parallèle, que les contemporains appellent la {ranchée perdue . La ligne de cette fortification commencait, comme l’autre, au haut du côteau de Saint-Étienne, à la forêt d’Arques, rencontrait et comprenait la Chapelle et la Maladrerie, coupait le che min qui va de Martin-Église au bourg d’ Arques, et s’étendait jusqu’à une étroite et marécageuse prairie, d'environ deux cents pas, arrosée par l’Eaulne et la Béthune, qui se réunissent presque en cet endroit : dans l’espace occupé par la prairie, à peine cinquante chevaux pouvaient se développer de front. Le retranchement avait un fossé, un parapet, une plate-forme, où on logea deux coulevrines : le roi y posta le régiment français de Brigneux et ce qu'il avait de lansquenets : la prairie qui se trouvait entre la fin

» ville, qui pourroit beaucoup incommoder le port et la ville, et peut- » estre attaquer ensemble l’un et laultre, il advisa de pourveoir à » l'instant à tous les deux. En mesme temps il fict retrancher le bas » dudict bourg d’Arques approchant de la rivière, qui estoit l’unique

» lieu par où l’ennemi y pouvoil venir. » Ainsi l’auteur, qui reproduit

le sentiment des gens de guerre, considère la route partant de Neuf-. châtel et aboutissant au bas du bourg d’Arques, c’est-à-dire à Ar-

chelles, comme la seule que Mayenne pût prendre. Neufchâtel où le

duc était parvenu quand cela s’écrivait, n’est qu’à trente-quatre lieues

de Paris en ligne directe; mais il avait conduit son armée à la con-

quête de diverses places par des circuits qui avaient porté sa marche

à quarante-cinq ou cinquante lieues.

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