‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 113 sur 636 · OBSTACLES NATURELS DONT HENRI PROFITE · texte numérisé non relu

OBSTACLES NATURELS DONT HENRI PROFITE

du retranchement et les rivières, fut gardée par un corps de cavalerie. ! Dans la fortification de cette localité, qui devint le théâtre du principal combat entre les royaux et les ligueurs, l’habileté de Henri profita des obstacles naturels qui devaient arrêter la marche de l’armée ennemie,

à l’entrée et à la sortie du village de Martin-Église, et en tira un parti aussi avantageux que des travaux d’° art euxmêmes. D’Angoulesme qui a combattu dans ces lieux,

dit : « De de Martin-Église est de mauvais abord,

serrée entre deux montagnes, et la vallée n’a pas plus ï trois ou quatre cents pas de large. Les costeaux d’un costé sont garnis de bois, qu’on appelle la forest d’Arques ; de l’autre ce sont des ravines et des terres pierreuses, où les chevaux ne scauroient allér qu'avec grande difficulté.

Cette assiette estant elle-mesme de difficile accez, fut ai. dée de lartifice que la pratique et les règles de la fortification : purent ajouter. Du village de Man balle pour venir à Arques, à la main ae il y a un marais large de plus de cent pas, et un petit ruisseau qui n’est pas. guayable (l'Eaulne) mais de trois toises de profondeur. Depuis le ruisseau jusqu’à la colline, il y à un grand chemin et un espace où peuvent marcher cinquante chevaux de front. Le sommet de la montagne est garny de

1 D'Angoulesme, Mém., t. x1, p. 73. — La Force, Mém., L 1, €. 3, p. 78 et 89. — Discours au vrai, p. 15, 19. — Lettre de Rosny à Corbinelli, dans le journal militaire de Henri IV, p. 43, 44, 46, 49. — Narration sur la journée d’Arques, lettre d'un gentilhomme, en date du 22 septembre, dans la Vie militaire et privée de Henri IV, par Musset-Patay, p. 146-150. La distance entre le principal retranchement était de mille ou douze cents pas, comme le témoigne formellement de Thou, 1. 97, $ 11, t. 1V, p. 801; La Force, témoin et acteur, L, I c. 3, p. 78, et le Discours au vrai dans un premier passage, p. 15. « Il lo- » gea dans le retranchement un de ses régiments suisses et à mille » pas de là assist ung corps de garde de soldats françois dans une » maladrerie qui y est. » Le Discours au vrai, p. 19, assigne pour intervalle entre les retranchements, deux mille pas au lieu de mille, mais cette contradiction apparente ne provient que d’une faute d’impression.

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