LE ROI FORTIFIE LE FAUBOURG DU POLET
Il se multiplhait à la grande admiration de ses compagnons d'armes, dont l’un a dit : &Ïl vouloit tout voir, » et son humeur vigilante ne donnoit aucune relasche à » son esprit, ni repos à son corps !. » Il partit de son camp à la tête d’un corps de cavalerie, traversa Dieppe, passa au Polet, et du premier coup d'œil se rendit compte de la situation et des besoins de ce poste. La partie du faubourg qui regarde le village de Neuville étant restée ouverte, de Chastes avait entrepris de la fermer aux ennemis en élevant une redoute. Le roi approuva le travail commencé, mais le jugea insuffisant. Par ses ordres, on -environna tout le faubourg d’une tranchée profonde qui partait du bord de la Bethune et se prolongeait jusqu’à l'endroit où le terrain, du côté de la mer, était défendu par un fort nouvellement construit sur l’emplacement de l’ancienne bastille des Anglais. Le retranchement avait la forme d’un éperon : du côté de la campagne, il présentait un angle aigu, au sommet duquel on fortitia un grand moulin en le terrassant et palissadant : on y placa six petites pièces de canon. Les trois avenues conduisant au Polet furent également fermées au moyen de palissades, de pieux et de tonneaux. Les seigneurs, les ofliciers, les soldats, tous les hommes, et même les femmes du Polet, travaillèrent jour et nuit avec une égale ardeur à ces immenses ouvrages, qui furent improvisés en moins de trois jours. Henri préposa une force considérable à la défense du faubourg et du retranchement. Il y appela un corps de sa meilleure infanterie française. Il fit passer, en outre, au Polet deux compagnies soudoyées par les Dieppois: il y Joignit les Poltais en masse, qui pour l'habitude des armes et la valeur le disputaient aux plus intrépides soldats. IL donna le commandement de ces forces à deux chefs renommés pour leur courage et
1 D’Angoulesme, Mém., p. 73 B, 75 A.
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