‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 12 sur 636 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

breux, accomplis sous ce règne, sans se rendre compte, au moins d’une manière générale, de l’état de l'Europe et de l’état de la France, pendant la plus grande partie du xvre siècle, et avant l'avénement de Henri IV. .-

Le xvre siècle, qui offre la plus éclatante des contradictions, le plus étonnant des antagonismes; qui, si on l’envisage sous un certain point de vue, a été une renaissance en tout; qui a plus servi l'esprit humain, plus favorisé le développement dés institutions politiques et religieuses chez quelques nations de Occident que les douze siècles précédents; le xvr siècle, à le considérer par d’autres côtés, et même dans les événements les plus apparents, fit reculer la liberté, les rapports internationaux, le droit public, la morale, la vraie religion, les destinées de l'humanité.

Ferdinand le Catholique, Charles-Quint, Philippe IT, furent unis dans une même pensée, et suivirent au dedans et au dehors une même politique. En laissant aux Espagnols le vain simulacre d’assemblées nationales, ils leur arrachèrent toutes leurs libertés effectives, et les soumirent à l’Inquisition; terrible institution, des linée à établir le despotisme politique autant que Île despotisme religieux. Philippe ÎT essaya de se rendre souverain absolu dans les Pays-Bas comme 1l l'était en Espagne : il voulut abroger toutes les lois, imposer des taxes arbitraires, insütuer l pet el versa ‘des torrents de sang pour vaincre la résistance des Flamands, punissant la révolte qu'il provoquait, et se transformant en bourreau parce qu’on lui contestait d’être tyran.

Terribles à leurs sujets, les rois d'Espagne ne furent pas moins redoutables aux étrangers. Ils ravirent par la force leur héritage aux souverains, leur indépendance aux peuples de Naples, de la Sicile, de la Navarre espagnole, du Milanez, du Portugal ; ils assujettirent l'Amérique et les Indes. Montesquieu a défini le droit de conquête Ç un droit malheureux qui laisse » toujours à payer une dette immense pour s ‘acquitter envers » la nature humaine . » Deux exemples, l’un pour l’Europe,

1 Esprit des lois, liv. x, ch. #.

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