‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 13 sur 636 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

l’autre pour l'Amérique, montrent comment les souverains de l'Espagne payèrent cette dette. En Portugal, la victoire obtenue, Philippe IT enveloppa dans ses proscriptions, ses confiscations, ses supplices, tous ceux qui avaient essayé de défendre leur patrie contre une usurpation. Le nombre des simples citoyens, des officiers civils et militaires, était infini; 1l les sacrifia sans pitié comme sans remords : le meurtre de deux mille prêtres et religieux lui inspira quelque scrupule; mais il arracha une absolution au pape, et dès lors 1} fut bien tranquille. En Amérique, son père et lui tolérèrent et exploitèrent, dans l’intérêt de leur avidité, l’extermination de douze millions d'individus, d’après le calcul de Las Cazas. L’accroissement de territoire et de population qu'ils s'étaient donné par leurs conquêtes; la puissance impériale que Gharles-Quint y avait jointe; les richesses de l'Amérique et des Indes portugaises qu’ils s'étaient assurées, et que tous les publicistes du temps consi- ” dérèrent comme plus redoutables encore que leurs armes, les conduisirent à ces projets de monarchie universelle, dont ils désolèrent tous leurs voisins, en même temps que leurs propres sujets. Celles des DihGpantés italiennes qu'ils ne réduisirent pas en provinces espagnoles, ne se sauvèrent de l'invasion que par une obéissance passive. Venise restée la plus mdépendante, envoyait quinze vaisseaux de renfort aux flottes de Philippe pour ses entreprises maritimes. Les principautés allemandes abattues à Muhlberg, relevées à Inspruck, après le relâche momentané que leur donna la paix d’Augsbourg, eurent à craindre de nouveau pour leur existence, quand Philippe Il eut engagé la branche allemande de la maison d'Autriche dans les plans d’invasion générale, et persuadé à l’empereur Rodolphe de dépouiller l'électeur de Cologne. Philippe IT trama une conspiration en Béarn pour se saisir de la personne de Jeanne d'Albret, la livrer à l’Inquisition, la faire brûler comme hérétique, et achever ce qu'avait commencé son aïeul, en s’'emparant de la Navarre française et de la principauté de Béarn. L’Angleterre, qui, du vivant de la reine Marie, sa femme, fui avait donné ses subsides et ses armées pour combattre la France à Saint-Quentin, ayant, sous Elisabeth, cessé d’être sa tributaire et embrassé la Réforme, il lança contre elle la for-

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