‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 121 sur 636 · ERREURS RECUES SUR LES ENGAGEMENTS ENTRE LES DEUX ARMÉES · texte numérisé non relu

ERREURS RECUES SUR LES ENGAGEMENTS ENTRE LES DEUX ARMÉES

Si les historiens modernes ont mal saisi le plan de guerre et les travaux de défense du roi, ils ont exposé plus inexactement encore ce qui eut lieu entre Henri et Mayenne; les termes mêmes aont ils se servent le prouvent. Il n’est question chez eux que de la bataille d'Arques, comme s1 les deux adversaires n’avaient combattu qu’un seul jour, et s’étaient mesurés en plaine et en bataille rangée !. Le succès du roi dans cette supposition serait une impossibilité. Dans les temps modernes et entre Européens, 1l n’est pas donné à une armée près de quatre fois moins nombreuse, comme l'était l’armée royale, de vaincre en ligne une armée ennemie, composée en majorlié de vieilles bandes, commandées par un chef habile tel que l’était Mayenne, de l’aveu des deux partis. De plus, dans l'affaire qu’on qualifie de bataille d’Arques, les vaincus n’eurent que 400 hommes selon les uns, 600 selon les autres, mis hors de combat, ce qui écarte jusqu'à l’idée d’une action générale ?, Les auteurs du xvi° siècle parlent partout de refranchements et de siége, et mettent ainsi sur la voie de la vérité. Une étude sérieuse des divers engagements entre les deux armées achève d'apprendre ce qui se passa réellement. Ce fut

contemporains. On peut le fixer d'après ce passage de Matthieu : « l’armée de la Ligue, au compte mesme de ceux qui la comman- » doient, estoit de trente-cinq mille hommes, » Matthieu et Davila précisent la composition des troupes de la Ligue et leur qualité, D’Angoulesme témoigne de la présence d’une certaine quantité de noblesse, p. 79 A. « M. d’Aumale, avec toute la noblesse de Picardie, » de plus de six cents chevaux, soustenoit ledit duc. »

1 L'erreur devenue populaire se perpétue. On vend encore aujourd'hui à Dieppe une description du château d’Arques, précédée d’une gravure avec l'inscription: Bataille d’Arques. Ce qui est plus extraordinaire, c’est qu’on trouve insérée au t. xvir du Spectateur militaire, une dissertation ayant pour titre : « Fragment de l’histoire militaire » de la France, 4° art., contenant une relation de la bataille d’Arques, » avec une description du terrain et des travaux de défense. »

2 Discours au vrai, p. 23.

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