‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 130 sur 636 · LIV.I. CH. HI. MAYENNE RÉSOUT D’ATTAQUER LE CAMP D'ARQUES · texte numérisé non relu

LIV.I. CH. HI. MAYENNE RÉSOUT D’ATTAQUER LE CAMP D'ARQUES

Henri avait deviné son dessein; 1l avait quitté le Polet pour retourner au Camp d’Arques, et se placer à à la tête de son armée menacée. Quelques prisonniers. qu’on lui amena, et qu’il interrogea soigneusement, changèrent ses conjectures en CertiUde : ils lui apprirent que le jeudi 21 il serait attaqué par toute l’armée de la Ligue. Il fit ses dispositions en conséquence, redoublant de vigilance et d'activité. [Il passa toute la nuit du mercredi au jeudi à la tête de la première garde. À quatre heures du matin, ilenvoya ses chevau-légers reconnaître les mouvements et la marche des Ligueurs. Un peu avant le jour, avec le concours du maréchal de Biron, 1l disposa ses forces pour recevoir ennemi et leur assigna l’emplacement définitif qu’elles devaient occuper dans les diverses parties de son camp !. L'ordre dans lequel 1l les ran— gea n’est décrit nulle part d’une manière exacte; le voici d’après les originaux comparés entre eux.

Il forma de ses troupes trois divisions et les échelonna sur trois lignes. Une division, composée d'infanterie et de cavalerie, défendit la tête du camp du côté de Martin- Église, et fut rangée dans l’ordre suivant en

regardant ce village. Ra le formée du régiment de Brigneux, des lansquenets royaux, de quatre compagnies d’aventuriers suisses et français, fut postée à droite de la ligne, et distribuée dans le premier retranchement,

1 D'Angoulesme, Mém., t. x1, p. 78. « Sur les dix heures du soir, » le roy alla visiter les gardes... Le roy passa toute la nuit à la teste » de sa première garde... Sur les quatre heures du matin, Sa Majesté » mordonna de m'advancer jusques à mes vedettes, pour luy rap- » porter s’il n’y avoit pas de rumeur dans le camp des ennemis... » L’uue des vedettes vint confirmer que c’estoient des gens de guerre, » et qu'à voir les méches il y avoit plus d’un régiment. » Les précautions infinies du roi étaient d'autant plus nécessaires, qu'au rapport des divers auteurs du temps, Mayenne fit tout au monde pour cacher sa marche, et pour surprendre le camp du roi. — Lettre de Rosny à Corbinelli, p. 43, 44,

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