DE LA LIGUE ET LES ROYAUX : NOUVEAUX REVERS DES LIGUEURS
ces de la Ligue, les localités intermédiaires. Pour y réussir, 1l tenta le passage de la Béthune au gué d’Etran, en face de Bouteille, précisément à mi-chemin entre le Polet et le camp d’Arques. Cette entreprise ne lui réussit pas mieux que les précédentes : la prévoyance du roi, nous l'avons vu, avait retranché Bouteille, et l'avait garni d’un détachement : les ligueurs furent repoussés !.
L'épreuve était complète. Toutes les armes de la Ligue, l'infanterie, la cavalerie, l'artillerie, s'étaient essayées contre les royaux et avaient échoué. Deux attaques contre les abords de Dieppe et contre le camp du roi avaient été repoussées. Mayenne comprit alors à quel ennemi 1l avait à faire. Détrompé de ses présomptueuses ‘ espérances, revenu de l'espoir de tout emporter de haute lutte et par les soudaines agressions, 1l commenca la suerre de stratégie, avec calcul et circonspection. Il renonça aux opérations qui compromettaient le succès en divisant les forces, anx tentatives simultanées contre le Polet et contre Le camp du roi. Il résolut d’attaquer le camp seul, de l'enlever à tout prix, par un grand et général effort, par l'emploi de ses divisions réunies. Il était convaincu que la destruction du gros de l’armée royale, qui était concentré dans le camp, entrainerait la perte des forces disséminées dans le reste de la position du roi, la réduction du Polet et de Dieppe, la ruine de son adversaire. Il employa trois jours à concentrer ses forces en arrière de Martin-lglise, et à préparer son armée à une affaire générale ?.
1 Discours au vrai, p. 18. — D'Angoulesme, Mém., p. 78 A.
2 Discours au vrai, p. 18, 19. « Leur fureur et animosité se con- » vertit sur la Maladrerie, laquelle ils résoleurent de forcer à quelque » prix que ce feust. » — La Force, c. 3, p. 80. « L'armée du duc de » Mayenne marcha vers nos retranchements... en résolution de faire » un puissant effort pour les emporter, défaire l’armée du roy, se » saisir de sa personne ou le contraindre à une fuite honteuse. »